Israël rend hommage à "Arik" Sharon
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Le cercueil d'Ariel Sharon porté par la garde d'honneur à
son arrivée le 12 janvier 2014 à la Knesset à Jérusalem
[Gali Tibbon / AFP]
Israël a rendu hommage dimanche au général Ariel
Sharon, "héros" selon les médias mais "criminel de guerre" pour les
Palestiniens, dont le cercueil est exposé jusqu'en fin d'après-midi
devant le Parlement à Jérusalem.
Le décès d'"Arik" (diminutif d'Ariel),
mort samedi à 85 ans après huit ans de coma, a plongé Israël dans une atmosphère de deuil national, avant son enterrement lundi dans sa ferme familiale du sud du pays.
Des milliers d'Israéliens de toute condition ont défilé toute la journée devant
son cercueil recouvert du drapeau bleu et blanc frappé de l'Etoile de David et déposé sur un socle de marbre noir au bout de l'esplanade de la Knesset, le Parlement.
Là, des gardes d'honneur veillaient la bière. Un chantre militaire et des rabbins ont psalmodié des prières de deuil.
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Des Israéliens défilent le 12 janvier 2014 devant le cercueil d'Ariel Sharon à Jérusalem
[Menahem Kahana / AFP]
Dans la file, des soldats cotoyaient des juifs ultra-orhodoxes en
habit noir, un groupe de prêtres éthiopiens se mêlait à des familles.
Le visage grave, certains priaient silencieusement tandis que d'autres allumaient des bougies.
Beaucoup regrettaient
le charisme et la bravoure du 11e chef de gouvernement d'Israël.
"Je n'ai jamais fréquenté +Arik+ personnellement mais je le
connaissais en tant que dirigeant, un des derniers à rester en Israël",
confiait Meir Gavron, 56 ans, venu de Ramat Gan, près de Tel Aviv. "Je
m'identifiais beaucoup avec l'homme".
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Préparation le 12 janvier 2014 de la tombe de Sharon à coté de celle de sa femme Lily dans le ranch familial des Sycomores
[Jack Guez / AFP]
Des navettes d'autobus avaient été spécialement mises en place pour éviter des embouteillages.
Le conseil des ministres hebdomadaire, présidé par Benjamin Netanyahu, a observé une minute de silence.
Le Premier ministre a de nouveau salué en son rival politique - avec
lequel il ne s'entendait guère - un de "nos plus éminents dirigeants et
de nos plus audacieux commandants".
Lundi, une cérémonie officielle sera organisée à partir de 09H30 (07H30 GMT) à la Knesset,
avant des funérailles militaires en début d'après-midi à la ferme des Sycomores, le ranch de la famille Sharon, non loin de la frontière avec Gaza.
Ariel Sharon a souhaité y être inhumé aux côtés de sa seconde épouse Lily. Ses deux fils, Gilad et Omri, ainsi que le chef d'état-major Benny Gantz prononceront les éloges funèbres.
Compte tenu de la proximité de la bande de Gaza contrôlée par le
mouvement islamiste palestinien Hamas, la police israélienne devait
dépêcher des renforts dans le sud du pays, où est déjà déployé le
système antimissile mobile "Iron Dome" (Dôme de Fer).
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Ariel Sharon devant le mur des Lamentations le 7 février 2001 à Jérusalem
[Thomas Coex / AFP]
Le vice-président américain
Joe Biden, l'ex-Premier ministre britannique
Tony Blair,
émissaire du Quartette pour le Proche-Orient, et le ministre allemand
des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, en visite officielle au
même moment, participeront à l'hommage officiel au Parlement.
Toutefois,
la plupart des pays ne dépêcheront que des représentants subalternes.
Panégyriques
Tous les médias israéliens consacraient leur une à la mort de
l'ancien chef de guerre et homme fort de la droite nationaliste, avec
force panégyriques, photos et témoignages de compagnons d'armes.
"
Il fut un génie, à la fois généreux et cruel", résumait l'éditorialiste Shalom Yerushalmi dans le Maariv.
L'influent commentateur Nahum Barnea rappelait dans le Yediot
Aharonot qu'Ariel Sharon "incarnait tout ce que les +Pères de la Nation+
rêvaient de voir avec la génération de leurs fils nés en Israël: beau,
fort, travailleur de la terre et soldat toute sa vie".
Même à gauche, le quotidien Haaretz, pourtant farouche adversaire de Sharon, lui tressait des couronnes.
"Depuis le départ de Sharon, Israël manque d'un leadership politique
qui reconnaisse les limites de la force, maintienne l'alliance avec les
Etats-Unis et fasse preuve de courage dans les Territoires
(palestiniens) sans se laisser impressionner par les colons".
Champion de la colonisation, Sharon fut pourtant le chef de
gouvernement qui aura évacué les troupes et les 8.000 colons de la bande
de Gaza en 2005. Une décision que ne lui ont pas pardonné les colons de
Gaza jusqu'à aujourd'hui.
Mais il restera aussi dans l'Histoire comme l'artisan en 1982 de la
désastreuse invasion du Liban, alors qu'il était ministre de la Défense.
Une commission d'enquête israélienne a conclu à la "responsabilité indirecte"
mais personnelle de Sharon dans le massacre de centaines de civils
palestiniens par ses alliés phalangistes chrétiens libanais dans les
camps de réfugiés de Sabra et Chatila à Beyrouth en septembre 1982.
http://www.kvue.com/news/slideshows/239754081.html?gallery=y&c=y&ref=%2F&img=1#/news/slideshows/239754081.html?gallery=y&c=y&ref=%2F&img=19&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y&c=y
La deuxième mort d'Ariel Sharon
11.01.2014Par Frantz VaillantFuir les pogroms
Ariel Sharon aura été l’un des acteurs majeurs de la vie politique
israélienne pendant près d’un demi-siècle. Deuxième enfant d’un père
technicien polonais et d’une mère médecin biélorusse, Ariel Sharon, de
son vrai nom, Ariel Scheinermann, voit le jour le 26 février 1928 à Kfar
Malal, dans un village agricole en Palestine, alors sous mandat
britannique. Ses parents ont fui les pogroms entre 1902 et 1906 et tous
les sanglants déferlements antisémites qui feront 60 000 morts. Dans la
Russie tsariste, au XIXe siècle, la communauté juive est alors la plus
importante du monde avec ses cinq millions de personnes. Ce sont ces
pogroms qui éveillent le nationalisme des juifs et les poussent à partir
massivement pour les États-Unis ou, comme les parents d’Ariel Sharon, à
émigrer en Palestine.
L'unité 101
La rigueur militaire le séduit.
Il entre au Gadna, un mouvement paramilitaire créé avant la déclaration
d’indépendance de l’Etat d’Israël, le 14 mai 1948. Lors de la guerre
israélo-arabe, la même année, le voici promu commandant de détachement
dans la brigade 609 d'infanterie de l'armée, dite "brigade
Alexandroni", une brigade d’infanterie de l’armée israélienne. Il y sera
gravement blessé.
En 1951, on le retrouve officier dans les
services secrets. Le voici à la tête de l’Unité 101 de forces spéciales
placée sous les ordres directs du Premier ministre israélien David Ben
Gourion. Une section efficace… Et surtout sans scrupule. Elle a pour
mission de mener des opérations-commando anti-Palestiniens. Dissoute en
janvier 1954, cette unité 101 s’illustrera dans des coups
particulièrement tordus. Ainsi, le plus sanglant, aura lieu dans le
village cisjordanien de Qibya dans la nuit du 14 au 15 octobre 1953.
L’opération Shoshana fait 70 victimes, principalement des femmes et des
enfants, tous morts après le dynamitage de leur maison. Elle est
unanimement réprouvée dans le monde et fait l’objet d’une condamnation
du Conseil de sécurité des Nations unies. Ariel Sharon répondra n’avoir
fait qu’obéir aux ordres.
L’arène politique
En 1956, il commande la 202ème brigade parachutiste et se distingue
dans le Sinaï en s'emparant du col stratégique de Mitla. Si son sens
tactique et ses aptitudes militaires de fin stratège suscitent
l’admiration, des voix s'élèvent pour dénoncer aussi son style
autoritaire de commandement, son côté impulsif, quasi-incontrolable.
Ce qui ne l’empêche pas d’être nommé général de division en 1967, quelques mois avant le début de la guerre des Six jours .
Son ambition, c’est de devenir le chef suprême de Tsahal mais il
déchante bientôt : le 1er janvier 1972, on lui préfère le général David
Elazar.
Après les victoires sur les champs de bataille, il veut triompher dans l’arène politique. Aux cartes d’Etat-major, il préfère désormais les bulletins de vote ! En 1973, il devient député à la Knesset, le parlement israélien.
Sabra et Chatila
Ministre de l’Agriculture en 1977, il prend le portefeuille de la
Défense en 1982 et jure de "nettoyer" le Liban de la présence des
"terroristes palestiniens". Prenant pour prétexte l’assassinat, le
14 septembre, de Bachir Gemayel, élu président du Liban, les troupes de
Sharon entrent dans Beyrouth-Ouest le 15 et encerclent les camps de
Sabra et Chatila, où survivent des réfugiés palestiniens. Les voici
coupés du monde. La nuit même, la tuerie commence. Elle va durer trois
jours. Le massacre est mené par des phalangistes chrétiens et des
miliciens des Forces libanaises et feront entre 800 et 5000 victimes
selon les estimations. En Israël, une commission d'enquête attribue en
1983 la "responsabilité personnelle", mais "indirecte", des massacres à
Ariel Sharon, alors ministre de la Défense, et la responsabilité directe
à Elie Hobeika, chef des renseignements des Forces libanaises (milice
chrétienne). La commission déclara notamment : "Il est impossible de
justifier de la part du ministre de la Défense l’ignorance du danger".
Il portait, selon elle, "la responsabilité de n’avoir pas donné les
ordres appropriés pour que soient réduits les risques que comportait
l’intervention des phalangistes".
Ariel Sharon est relevé de ses fonctions de ministre de la Défense.
4700 morts
Il n’abandonne pas la vie politique pour autant. Entre 1990 et 1992, il
est ministre de la Construction et de l’Aménagement, ministre de
l’Infrastructure nationale en 1996, puis ministre des Affaires
étrangères deux ans plus tard, avant de prendre la tête du Likoud en
1999.
Le 28 septembre 2000, sa visite sur l’Esplanade des Mosquées,
troisième lieu saint de l’islam, provoque de violents affrontements à
Jérusalem, faisant plusieurs dizaines de blessés. Cette visite du chef
du Likoud est perçue comme une provocation. La deuxième intifada est
déclenchée. Les attentats-suicide de kamikazes palestiniens
ensanglantent dès lors Israël. En août 2002, après un attentat
revendiqué par les islamistes du Hamas, il déclare : "Je voudrais
demander au ministre de la Défense de faire cette annonce : la terreur
continue et nous nous allons continuer à agir contre cette terreur de
toutes les manières possibles". Nabil Abou Roudeina, conseiller de Yasser Arafat répond : "Sharon
est responsable de ce qui se passe, les occupations doivent prendre
fin, les Palestiniens et le monde arabe cherchent la paix et nous
demandons aux Occidentaux d'intervenir immédiatement et d'envoyer des
observateurs internationaux".
C’est la spirale sanglante des représailles. Elle durera jusqu’en 2005 et fera plus de 4700 morts.
La barrière anti-terroriste
En 2001, c'est la consécration. Sharon devient Premier ministre.
Son programme est simple : préserver la sécurité et lutter contre le
terrorisme palestinien. L'année suivante, la vague d’attentats qui a
fait près d’un millier de victimes décide le gouvernement d’Ariel Sharon
à faire construire un mur entre Israël et la Cisjordanie. Si les
Israéliens parlent de "clôture de sécurité" et de "barrière antiterroriste", les Palestiniens préfèrent évoquer, eux, un "mur de l’apartheid", ou encore un "mur de la honte".
Pour les Palestiniens, le mur confisque leurs terres, divise les
familles et contrarie l'accès aux lieux saints. Le 9 juillet 2004, la
Cour internationale de Justice jugera illégale, au regard du droit
international, la construction de cette "barrière" à l'intérieur d'un
territoire occupé, mais Ariel Sharon n'en a cure. Il sait que cette
construction le met au diapason de la société israélienne traumatisée
par les nombreux attentats.
Pour elle, ce mur long de 730 km répond
à un besoin fondamental de sécurité. Il constitue avant tout une mesure
de légitime défense.
Quitter Gaza
Fin octobre 2004, le parlement israélien vote un plan historique.
Présenté par Sharon, il prévoit de mettre fin à 37 années d'occupation coloniale juive à Gaza "Je
sais quelles sont les conséquences pour des milliers d'Israéliens qui
vivaient depuis de nombreuses années dans la bande de Gaza, envoyés ici
par le gouvernement israélien..." déclare Ariel Sharon qui devient, dès ce jour, la bête noire de près de 8000 colons israéliens.
L'opposition israélienne appuie le plan, contrairement au Likoud, parti
de droite, qui ne donne pas son soutien au premier ministre. La
veille le débat avait été houleux. " Le Premier ministre et le
gouvernement commencent à comprendre que nous devons régler de sérieux
problèmes démographiques, de sécurité et de choix moraux. Nous ne
pouvons pas et nous ne devons pas gouverner la vie des Palestiniens pour
toujours" déclare Shimon Peres devant les députes. Les colons manifestent. Et ils ne lui pardonneront jamais.
La longue nuit
En novembre 2005, après avoir démissionné du Likoud, il créé son propre
parti, Kadima (en français : "En avant"), de centre-droite. Mais au
moment où il est pressenti pour être réélu à la tête de son pays, il est
terrassé, en décembre 2005 et janvier 2006, par deux attaques
cérébrales. Il ne s'en remettra pas. Il rentre dans un coma, une longue
nuit, qui durera huit ans.
Aujourd'hui, samedi
11 janvier, le directeur du centre médical de Tel Aviv, où Ariel Sharon
était hospitalisé, a annoncé la mort de l'ancien Premier ministre. Il
s'est éteint auprès de ses deux fils. Des funérailles nationales sont prévues.
Reste la question de l'endroit où il devrait être enterré. Le
gouvernement envisagerait d'inhumer Ariel Sharon au cimetière du mont
Hertzl, à Jérusalem, où reposent les héros de l'État hébreu. Mais ses
dernières volontés seraient toutes autres. Ariel Sharon souhaitait être
enterré près de son épouse Lily dans son ranch, Les Sycomores, situé
près de Sderot, dans le sud d'Israël.
L'homme de guerre, là bas, y élevait des moutons.
- didierkep CAMBODGE 11.01.2014 | 17:55
- Un des plus sanguinaires dictateurs du siecle. Bon debarras.
- freddy AUSTRALIE 11.01.2014 | 15:49
- les 8 ans de comma explique tout ,il faut juste penser pour comprendre.
comme
disait booba jour de paye ;;comma de 8 ans .pourtant ,il était gentille
et pacifique comme une colombe,il n'a jamais tué une mouche,,sa vie
était plein d'amour et de paix ;il a travaillé pour la paix,il ne
détestait pas les palestiniennes,il les aimait ,c’était une mal
entente,il les aimait au point de les exterminer et ce pour leur intérêt
,,le pauvre il était très gentille ,,sobre il n'aimait pas le pouvoir
car il savait qu'il finira un jour mais lui sa fin était en 2920 jours
,,le ciel n'est pas juste ,cette manière de mourir est méritée par les
plus méchants de tout les temps,,le pauvre il ne méritait pas ce
sort,,car il travaillait pour tout les humains ,c'est un héros pour
l’humanité et sa place sera bien réservé au paradis VIP ,8 ans de
comma,,,a vous de faire des analyses...... -
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