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قسنطينة تحت غطاء ضيوف عرب كما ان
الاقدام السوداء ويهود العالم سوف
يزرون قسنطينة تحت غطاء تظاهرة قسنطينة عاصمة الثقافة العربية يدكر ان الدولة الجزائرية قدمت اعتدار رسمي ليهود اسرائيل والاقدام السوداء على طردهم من الجزائر سنة 1962وهكدا تختفي الدولة الجزائرية تحت غطاء الثقافة العربية لاستقبال يهود اسرائيل والبلدان العربية وشر البلية مايبكي
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L’Algérie et la disparition des Juifs par Jean-Pierre Lledo
L’Algérie et la disparition des Juifs
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Juifs d’Alger avant 1962 |
http://www.europe-israel.org/2014/04/lalgerie-et-la-disparition-des-juifs-par-jean-pierre-lledo/
Comment l'Algérie a perdu ses juifs
Comment l’Algérie a perdu ses juifs par Lyn Julius
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/lyn-julius-1.jpg
Lyn Julius est journaliste et co-fondatrice de "Harif" ("aliments piquants" en hebreu, aliments populaires chez les juifs d'afrique du Nord) , une association du Royaume Uni de Juifs du Moyen Orient et d'Afrique du Nord.
Elle traduit aussi en anglais des éditoriaux de Los Muestros, le magazine séfarade de Moïse Rahmani. Journal attachant de l'Institut Sépharade Européen, basé à Bruxelles - allez sur son site ! (Merci Janine)
Le site de Lyn
Voici son résumé, instructif et émouvant, de l'histoire des juifs d'Algérie au 50ème anniversaire de leur exode, publié dans Times of Israel que je vous traduis ici :
Une forêt de sacs en velours pend du plafond de l'entrée de l'exposition spéciale sur les Juifs d'Algérie actuellement exposée au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme à Paris. Les sacs sont en forme de badges de Police (voir une vidéo de l'expo en bas de page).
Richement brodés au fil d'or ou d'argent, ou en relief, ils portent le nom d'un garçon .
Il était de coutume pour la famille du garçon de lui remettre un sac quand il a atteint l'âge du bar mitzvah : il contenait soit un talith (châle de prière), soit les tefillin (phylactères).
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/sac-de-bar-mitzva.jpg
Cette année marque le 50e anniversaire de l'exode des Juifs d'Algérie.L'exposition du Musée juif de Paris a attiré un grand intérêt à cet aspect négligé de la langue française, de l'histoire juive et de l'Algérie.
La question a été négligée par la France parce que les Juifs n'étaient que 130.000 englobés dans la grande masse des pieds-noirs - les 800, 000 colons français qui ont fui l'Algérie. Elle a été négligée parce que la perte de l'Algérie, le joyau de la couronne de l'empire colonial de la France, était une humiliation que la société française était heureuse d'oublier. Elle a été négligée par les Juifs parce qu'ils se considéraient eux aussi comme des Français.Elle a été négligée par Israël parce que, de manière inhabituelle pour les 850 000 réfugiés juifs des pays arabes, 90 pour cent des juifs algériens se sont rendus en France et non en Israël. Elle a été négligée par l'Algérie indépendante, car elle a choisi d'effacer toute trace de la présence, de la culture et de l'histoire juive.
Pendant ce temps des parallèles douteux sont établis dans les milieux universitaires et les médias entre la guerre coloniale de la France en Algérie et la guerre d'Israël avec les Arabes. Des propagandistes prétendent que les juifs d'Algérie ont lié leur sort avec la France dans une trahison supposée des Arabes de l'Algérie. Ils prédisent, avec confiance, que les Arabes «colonisés» de Palestine triompheront tout aussi sûrement comme ils l'ont fait en Algérie.
Mais loin d'être coloniales, les racines juives remontent à il y a 2700 années lorsque les négociants juifs sont arrivés en Afrique du Nord avec les Phéniciens, 1000 ans avant l'Islam, et lorsque les premiers esclaves et exilés juifs de Judée se sont installés parmi les Berbères peu de temps après la destruction du second Temple. On dit que certaines tribus berbères se sont converties au judaïsme. Le berbère juif le plus célèbre de tous, est la Reine guerrière Kahina (Kahena) qui a combattu-en vain- les envahisseurs arabes musulmans au 7ème siècle.
Les toshavim , les Juifs autochtones qui ont réussi à survivre l'islamisation, ont été rejoints au 15ème siècle par les megorashim , les Juifs fuyant l'Inquisition espagnole. Sous la domination ottomane, la plupart des Juifs vivaient dans la misère abjecte des dhimmis - sujets inférieurs dans l'Islam. Un voyageur du 19ème siècle, le seigneur Pananti, a écrit: "il n'y a aucune espèce d'indignation ni de vexation à laquelle ils ne sont pas soumis ... le Maure indolent, une pipe à la bouche et les jambes croisées, appelle tout Juif qui passe, et lui fait faire le travail d'un servant .... Il ya un impôt mis sur les fontaines ce qui a donné lieu à un poète hébreu de leur adresser ces mots:" Vous êtes comme nous chargées d impôts mais plus heureuses, il vous est permis de murmurer" (Filipo Panantani: "Relation d'un séjour à Alger ", 1820, le livre est numérisé et accessible intégralement sur googlebooks
Pas étonnant alors, qu'en 1830, lorsque l'Algérie est devenue une partie de la France métropolitaine, les Juifs opprimés avaient accueilli les Français comme des sauveurs et les libérateurs. Quarante ans plus tard, le Décret Crémieux, nommé d'après un célèbre homme politique et philanthrope juif, a imposé la nationalité française à toute la communauté juive.
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/juif-algerien-1903.jpg
Juif algérien, c. 1903 (photo: PD-1923)
Le mythe s'est développé depuis, que la nationalité française n'a été offerte qu'aux seuls Juifs. Elle fut offerte aussi aux musulmans, mais elle a été massivement rejetée, car cela signifierait d'abandonner leur statut personnel (ils auraient été obligés de suivre la loi française et non la charia), qui était régi par le droit musulman.
Aux yeux des Musulmans, le fait que les dhimmis Juifs puissent avoir plus de droits qu'eux, a causé beaucoup de rejet. Mais les Juifs ont également été rejetés par les pieds-noirs . Comment peuvent ces indigènes oser avoir le privilège de nationalité française et se croire égaux des vrais Français?
Les Juifs se sont retrouvés pris entre le marteau et l'enclume.L'antisémitisme musulman a atteint son apogée avec l'éruption du pogrom de Constantine de 1934, dans lequel 25 Juifs ont été tués.L'antisémitisme français a atteint son apogée avec l'abrogation de Décret Crémieux pendant la deuxième guerre mondiale. Sous Vichy, non seulement les juifs ont été dépouillés de leur nationalité française, mais ils ont été licenciés des emplois de service public et soumis à des quotas et des restrictions.
Le Décret Crémieux a été rétabli en 1943. Pour certains Juifs, le traumatisme d'avoir vus leurs droits de citoyens français enlevés a créé une peur absolue d'être identifié avec les Arabes: ils étaient donc des Français de confession juive - des israélites français.
Mais, comme les Arabes lançaient des campagnes de plus en plus brutales de décolonisation dans les années 1950, tandis que les pieds-noirs se sont engagés dans une lutte toute aussi brutale contre le terrorisme, la communauté juive a pris soin de maintenir une position officielle de neutralité - même si avec le recul, le meurtre de rabbins et les destructions de synagogues semblaient assez délibérés. Certains Juifs ont soutenu les combattants indépendantistes du FLN. Une minorité de communistes juifs d'anti-français ont hérité du titre de « pieds rouges ».
Les Juifs ne pouvaient plus rester entre deux chaises suite à deux évènements qui les ont contraint de choisir le camp français: le premier a été l'incendie de la Grande synagogue d'Alger en Décembre 1960. Les Arabes se sont livrés à la furie, brûlant les livres et des rouleaux de la Torah et arrachant les plaques commémoratives des murs. Le second était l'assassinant, en Juin 1961, alors qu'il était sorti faire du shopping sur le marché, du célèbre musicien juif, Cheikh Raymond Leyris, un symbole d'une culture commune judéo-arabe et beau-père du chanteur Enrico Macias.
Le mot d'ordre était désormais «Algérie musulmane» et non «Algérie algérienne». Aucun «étranger», même parmi ceux qui avaient combattu pour le FLN, n'a reçu la nationalité algérienne, à moins d'avoir un père musulman. Il n'y avait pas de place pour les Juifs dans l'Algérie nouvelle, car il n'y a pas de place pour les Juifs nulle part dans le monde arabe.-
«Juifs d'Algérie» est au Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme à Paris jusqu'au 27 Janvier 2013 .
Source : http://observatoiredumoyenorient.blogspot.fr/2012/12/comment-lalgerie-perdu-ses-juifs.html?spref=fb
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/comment-l-algerie-a-perdu-ses-juifs.html#xb6XLMCCw2keQrMU.99
http://www.mahj.org/fr/3_expositions/expo-Juifs-d-Algerie.php
http://www.hamodia.fr/
L'éxode de masse des juifs d'Algérie en 1962
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/l-exode-de-masse.jpg
Entre la fin 1961 et surtout pendant la période si dramatique et violente de l’Indépendance algérienne allant de mai à août 1962, quelque 110 000 Juifs - sur les 135 000 que comptait cette communauté très anciennement enracinée dans ce pays - ont quitté l’Algérie dans la précipitation, le désespoir et le désarroi. La quasi-totalité pour rejoindre la France, et bien plus rarement afin de tenter leur chance en Israël, aux États-Unis ou bien au Canada.
Retour sur les derniers moments, aussi intenses que poignants, de cette présence juive presque deux fois millénaire en terre algérienne.
C’est au rythme des soubresauts de plus en plus sanglants et des affrontements politiques frontaux au cœur des grandes villes lors des derniers mois de l’Algérie française et après les fameux « Accords d’Évian » du 18 mars 1962 sur l’autodétermination de l’Algérie que s’est effectuée, la plupart du temps dans le chaos et l’anarchie, l’arrivée des « pieds-noirs » - en fait dénommés « rapatriés » par le gouvernement de De Gaulle - et donc des nombreux Juifs parmi eux…
Les Juifs mêlés à l’exode pathétique des autres « pieds-noirs »….
Alors que les pouvoirs publics avaient prévu l’exode de quelque 400 000 personnes sur plus d’un million de Français d’Algérie, 680 000 ont en fait quitté l’Algérie pour la « Métropole » du début mai à la fin août 1962, soit 70 % de plus que dans ces doctes prévisions : ils avaient le sentiment de ne plus être protégés - par une armée française aux ordres d’un De Gaulle obstiné à en finir avec la présence tricolore « coloniale » datant de 1830 - des affres de la vengeance nationaliste du FNL algérien et de l’extrémisme de l’OAS : ainsi, 101 250 personnes ont-elles quitté le pays en mai, 354 914 en juin, 121 020 en juillet et 95 578 en août 1962. On recensait aussi de la mi-mars à la fin décembre plus de 3 000 enlèvements dont près de 1 800 assassinats de personnes kidnappées…
Tout est allé très vite ! Après les violents affrontements de la mi-mars 1962 dans le quartier de Babel-Oued à Alger - où l’OAS s’était retranchée dans son dernier bastion pour un « baroud d’honneur » contre l’armée française -, et surtout après l’atroce fusillade du 26 mars à la rue d’Isly, suivie par les 110 morts de l’attentat de l’OAS au port d’Alger et les assassinats en série de simples civils partout menés par un FNL algérien de plus en plus déchaîné, l’exode massif des pieds-noirs se sentant trahis par l’armée et par De Gaulle s’accélère.
Il culminera en juillet et août après le « oui massif » des Français de la Métropole au référendum sur l’autodétermination algérienne (suivi par l’échec des accords secrets entre l’OAS et le FNL (en vue de négocier le maintien en Algérie de la population d’origine européenne) qui pousse l’OAS à se jeter tête baissée dans sa politique de « terre brûlée ». D’autant que le 3 juillet, De Gaulle annonce officiellement la reconnaissance par la France de l’Indépendance algérienne autoproclamée le 1er juillet !
La communauté juive traumatisée par une violence de plus en plus débridée exercée aussi contre elle…
Tentés au début de la guerre d’Algérie (qui éclate le 1er novembre 1954) par une certaine neutralité - vu le dilemme ressenti entre leur enracinement millénaire sur cette terre et leur profond attachement à la nationalité française obtenue en 1870 grâce au fameux décret Crémieux -, les Juifs vont vite changer d’attitude : bien qu’à l’extrême gauche, certains se soient engagés aux côtés du FNL (parmi les « porteurs de valises » comme Henri Alleg) et qu’à l’extrême droite d’autres se soient engagés dans les commandos désespérés de l’OAS (comme Élie Azoulaï), l’écrasante majorité des Juifs d’Algérie optent par principe pour l’Algérie française, puis, quand la violence du printemps 1962 s‘amplifie, pour rester Français au lieu de demeurer sur place.
Mais plusieurs événements dramatiques frappant les communautés juives au cœur des grandes villes vont encore accélérer ce mouvement général de départ : l’assassinat en juin 1961 par le FNL à Constantine de la haute personnalité populaire qu’était le « cheikh » Raymond Leirys - virtuose de la musique judéo-andalouse - est le premier déclic à cet exode pour les Juifs du Constantinois et du sud algérien qui s’en vont ensemble par vagues successives. On vit aussi, entre autres, le grand rabbin de Bône, le rav Ra’hamim Naouri, prendre avec lui dans ses bagages personnels le Séfer Torah « miraculeux » de sa synagogue pour l’emmener dans la synagogue qu’il fondera à Paris.
De leur côté, dès qu’ils obtiennent la nationalité française (par un décret spécial promulgué en juin 1962) afin d’être « rapatriés » comme tous les autres, plusieurs milliers de Juifs de la région du M’Zab (autour de la ville de Ghardaïa) quittent aussitôt l’Algérie.
Puis les assassinats en série de rabbins ou de personnalités juives perpétrés dans tout le pays - encore à Constantine et aussi à Mostaganem - entre la fin 1961 et juin 1962 par le FNL et parfois par l’OAS, qui assassine en novembre 1961 à Alger William Lévy puis en décembre Moïse Choukroun -, tout comme les attentats contre les synagogues et les lieux culturels juifs d’Algérie, ajoutés aux centaines de morts du terrible massacre d’Oran perpétré le 5 juillet par le FNL contre de nombreux Européens de la ville, convainquent définitivement l’écrasante majorité de la communauté juive de partir vers la France.
Et comme pour les autres pieds-noirs, ce départ pathétique se fera souvent dans la précipitation, voire dans la pire détresse - certains allant même jusqu’à se suicider en se jetant au dernier moment du balcon de leur appartement ou bien même des ponts de leur bateau appareillant vers Marseille.
Une arrivée en France elle aussi traumatisante !
Comme les autres « rapatriés », une bonne partie des Juifs d’Algérie vont surtout s’installer soit à Paris - notamment s’ils y ont déjà de la famille pour les accueillir -, soit dans les régions du sud de la France (Marseille, Nice et région de la Provence-Côte d’Azur).
Partout, ce sera la pire improvisation administrative et sociale des autorités françaises peinant lamentablement pour intégrer cet immense flux de « personnes déplacées ». De surcroît, une campagne de presse insidieuse menée auprès de l’opinion française dans tous les médias de l’Hexagone - souvent aux ordres du nouveau régime gaulliste - a calomnié ces pieds-noirs en les qualifiant de « population de colons » et de « racistes »…
Seul réconfort de taille dans tout ce malheur pour tous ces « frères juifs » arrivés si précipitamment dans les brumes de l’Hexagone tels de véritables exilés en ayant souvent abandonnés en Algérie leurs biens, leurs maisons, leurs commerces, leurs ateliers, leurs usines et leurs champs : les actions tous azimuts - elles aussi assez improvisées mais ô combien bienveillantes - des communautés juives de France implantées dans les principales villes qu’ont tenté d’organiser, entre autres, le Consistoire central ainsi que le FSJU et l’Appel Juif unifié. Un louable effort de solidarité juive déployé qui ne parvint que dans une faible mesure à atténuer pour eux la tristesse, le désespoir tout comme l’immédiate et irrémédiable nostalgie que tous éprouvèrent en quittant ainsi leur « pays de toujours »…
Commentaires (2)
- 1. | Lun 31 Mars 2014
Merci d'avance
- 2. | Dim 30 Sept 2012
Lire :" http://www.controverses.fr/pdf/n12/Lledo12.pdf"
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/l-exode-de-masse-des-juifs-d-algerie-en-1962.html#ecfuUv3PezmsPReO.99
Je n'oublierai jamais l'été 1962
Je n'oublierai jamais l'été 1962...
· Ce texte remanié fait partie du roman de Patrick Bénichou intitulé « Etoiles dans la Nuit » que vous pouvez vous procurer via internet sur Edilivre.com, Amazone et Alapage en versions papier ou à télécharger.
Tous droits de reproduction interdits sans l’autorisation de l’auteur.
Depuis 9 ans, nous vivons sous la menace constante des attentats contre les civils, sous état de siège, avec un couvre-feu à partir de vingt et une heures. Il y a des chars dans les rues et des parachutistes sur la terrasse de mes grands parents, face aux remparts du Méchouar.
Partout des civils aux visages tendus et des militaires français, mitraillette en bandoulière.
Partout une immense foule, des vagues humaines désemparées avec des valises bouclées à toute vitesse.
Partout, sur le tarmac brûlant, des hommes, des femmes, des enfants de toutes confessions attendent un avion pour la métropole.
Certains sont là assis par terre, depuis deux ou trois jours car il n’y a pas assez de vols disponibles.
Des vieillards épuisés se sont couchés sur leurs balluchons.
Des enfants pleurent, d’autres s’énervent dans la chaleur moite qui règne à l’aérodrome d’Oran au mois de Juin 1962.
Attente dérisoire, attente « pour sauver sa peau ».
La peau des pieds-noirs, vaut-elle encore quelque chose en cette fin d’année soixante-deux ? Nous, on ne s’appelle « ni rapatriés, ni pieds-noirs », c’est un nom que le Gouvernement Gaulliste nous a donné pour semer un doute dans la population de la métropole, pour mieux nous désigner.
Des milliers de familles aux visages tendus, tristes, attendent là, en famille, avec anxiété, un avion pour la France. La France de l’autre côté de la Méditerranée, la France que nos parents ont tant aimée à travers cette Algérie que l’on disait française, la France ou nous sommes nés et pour laquelle nos grands-parents et nos parents se sont battus, défendu de leurs vies, les valeurs et les couleurs du drapeau bleu- blanc- rouge.
Nos parents ont été fascinés par la littérature française, par les grands écrivains, les philosophes, l’éducation et l’esprit civique, dispensés dans les écoles de la République.
Aujourd’hui, cette France là leur a donné « un grand coup de pied dans le derrière ».
Elle a balayé, « sans autre forme de procès », mille ans de leur histoire avec l’organisation d’un référendum et quelques discours politiques ampoulés pour annoncer « l’Algérie française de Dunkerque à Tamanrasset » puis lors d’une seconde manche « l’Algérie algérienne. »
Le Général avait affirmé dans un premier temps « comprendre » les français d’Algérie, il avait flatté leur esprit citoyen, défilant fièrement dans les villes d’Algérie, paradant debout, les bras écartés, dans une belle DS noire décapotable, saluant les foules avec élégance et arrogance, c’était l’époque du « Je vous ai compris ».
Puis il a endormi les consciences et enfin « il a balancé les pieds-noirs comme on se sépare d’une vieille paire de godasses devenue totalement inutile et encombrante ».
Pas de scrupules, pas de regrets, c’est au prix de cette vilaine « liquidation totale » de ces pieds-noirs de toutes confessions et de l’abandon des Harquis, que l’Algérie obtiendra son indépendance, en cette année 1962.La forfaiture du général sera présentée par les medias à la solde du pouvoir politique comme la résultante d’un combat nécessaire entre les bons et les méchants, entre « les colons sans scrupules et les gentils arabes démunis ». Une image d’Epinal dont la droite et la gauche française se feront les amplificateurs pour mieux camoufler la tragédie d’un million de personnes. Un appel à la haine déguisé et présenté en raison d’état.
Les juifs d’Algérie vont être oubliés, relégués à « la case des naufragés de l’Histoire ».
Ils passeront par la case « départ » sans encaisser « vingt mille francs ».
Les dispositifs mis en place pour leur intégration en métropole seront très insuffisants et vite submergés.
Ces dernières années, ces années de peur et de guerre entre 1954 et 1962, beaucoup nous avaient promis comme perspective « le cercueil ou la valise ».
Nous avons dû finalement nous résoudre à prendre d’abord la valise mais le cercueil bien souvent accompagnera l’exode et le déracinement des populations.
Dans cette déchirante séparation, les pieds-noirs vont essayer de mener un deuil impossible, celui de « leur vie d’avant dans le pays où ils sont nés ».
L’Algérie, ce n’était pas vraiment la France, pourtant beaucoup y avaient cru, beaucoup y avaient puisé une riche culture et développé des idéaux patriotiques et humanitaires encouragés durant plus de cent trente ans par l’appareil d’état français :
« Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé… »
Je vais bientôt avoir neuf ans en décembre mille neuf cent soixante deux.
J’ai compris l’essentiel en ce mois de juin, aux visages tendus et aux silences de mes parents :
On ne reviendrait plus jamais chez nous à Tlemcen où je suis né.
Ils ne m’ont rien dit.
Ils n’ont pas pleuré devant moi.
Ils ont juste rempli deux valises de linge, sans bruit.
J’ai compris que nous allions rapidement tout perdre hors la vie et notre liberté de penser.
Les grands naufrages se passent d’explications.
J’ai inscrit au dernier moment en secret à la craie rouge, en gros, « Adieu belle maison » sur les pierres blanches de notre balcon faisant face aux vieux remparts majestueux du Méchouar. J’ai vu mes parents payer le personnel, ranger la maison et fermer les persiennes comme si nous étions à la veille des vacances d’été.
Puis ils ont pris leur trousseau de clés sachant déjà qu’ils ne s’en serviraient plus jamais.
Ce jour là mon enfance « a foutu le camp » à la vitesse d’une météorite, une conscience d’adulte s’est rapidement substituée à elle :
« C’est nous les africains qui revenons de loin… ».
Les policiers français de l’aérodrome d’Oran s’appesantissent sur la fouille de nos pauvres bagages et me confisquent des petites voitures miniatures « suspectes » de marque « dinky-toys ».Ils sont désagréables avec nous et nous observent comme si nous étions des bandits.
Sommes-nous des terroristes potentiels transportant des explosifs dans nos affaires ?
« Avec les pieds-noirs, vous savez, on ne sait jamais à quoi s’attendre ! »…voilà ce qu’ils pensent.
N’avons nous pas déjà été décrits par une certaine presse en métropole comme « des exploiteurs, des colons ignobles, des fascistes faisant suer le burnous », des « activistes dangereux pouvant appartenir aux pires organisations extrémistes » ?
Dans ses ‘Chroniques Algériennes’, Albert Camus traduisait bien ce sentiment :
« A lire une certaine presse, il semblerait vraiment que l’Algérie soit peuplée d’un million de colons à cravache et à cigare, montés sur Cadillac. »
Un ministre français nous a qualifiés en 1962 ouvertement de « mauvaise graine » !
Un autre nous a traité de « blousons-noirs ».Le Gouvernement a dit qu’il vaudrait mieux « que nous nous installions en Argentine, au Brésil ou en Australie ».
Mais non aurait rétorqué le Général : « Plutôt en Nouvelle Calédonie ou en Guyane !».
C’est dire combien les français d’outre-mer sont peu considérés et attendus en métropole en cet été soixante- deux. !
Quel terrible décalage entre la réalité et notre vision si poétique et si patriotique de la France !
« J’irai revoir ma Normandie, c’est le pays qui m’a donné la vie…. »
Ironie de l’histoire, nous les « rapatriés d’Algérie », comme ils disent, nous allons être traités comme si nous étions des coupables, « responsables de notre sort ».
On ne va tout de même pas « en faire tout un plat de ces évènements » !
D’ailleurs les politiques évitent de nommer cela « la guerre d’Algérie ».
La guerre, c’est sale, ça mutile, ça tue, ça ruine.
La guerre fait peur, la guerre fait mal.
Les « Evènements », cette pudique formule de presse est plus « acceptable », plus passe-partout, plus politiquement correcte pour la livrer au grand public d’alors.
L’orchestration de la désinformation est en route depuis longtemps en France.
François Mauriac écrivait le 1er juillet 1962 dans son ‘Bloc-Notes’ :« Je ne suis pas de ceux qui pleurent parce que les Algériens deviennent aujourd’hui un peuple libre et que cette meule de foin va être détachée de notre cou ».
Nous, nous sommes loin des discours sophistiqués, de la rhétorique et de la recherche d’effets de style, nous n’avons que faire des belles phrases prononcées dans les salons littéraires parisiens :
Le cœur de nos parents pleure, car ici et maintenant, nous sommes contraints de tout abandonner : les pieds de vigne et les arbres que nous avons plantés, les maisons, les usines et les routes que nous avons construites, les sépultures de nos ancêtres creusées depuis plus de cinq siècles dans cette terre d’Afrique que nous avions tant aimée.
L’Algérie, elle, a gagné son indépendance.
Nous, nous avons tout perdu brusquement.
Nous avons été brutalement dépossédés de notre pays, de notre dignité, de notre travail, de nos synagogues et de la totalité de nos biens : nous nous sommes retrouvés « un bras devant et un bras derrière » comme disaient les anciens.
Le FLN s’efforcera ensuite durant cinquante ans, de 1962 à 2012, de gommer toute trace lisible de notre culture, de nos traditions, de notre apport, de notre mémoire.
Les avions, caravelles et DC-4, s’envolent principalement vers Paris et Marseille.
C’est la première fois que nous n’avons qu’un aller-simple pour l’aéroport d’Orly.
Des larmes coulent sur les joues des passagers, les gorges sont nouées, les cœurs sont déchirés. Je n’ose rien dire à mes chers parents.Le silence pesant du chagrin et du déracinement s’est installé soudainement dans toute la carlingue de l’avion :
« J’en ai plein mon cœur des souvenirs, des trésors de gosse qui font sourire… »
Par les hublots, on distingue encore les maisons, les champs, les vignobles et les arbres fruitiers, les routes en lacets, les massifs montagneux de couleur ocre, les forêts de chênes et de pins.
« Adieu belles maisons, lumière éclatante et paysages chaleureux de notre enfance.
Adieu le jardin du Grand Bassin, les cafés de la Rue de France, la route des Cascades, le Petit Vichy, les cabanons du bord de mer.
Adieu aux corps mutilés, aux bombes dans les lieux publics et aux flots de sang versé ».
Nous sommes rapidement au-dessus du bleu intense de la Mer Méditerranée, comme suspendus dans le ciel entre notre passé si proche et notre avenir incertain.
Nous quittons ce pays qui fut le nôtre et qui figurait encore hier sur les cartes officielles de la France, accrochées à côté des tableaux noirs et des lourds poêles en fonte de nos écoles républicaines. La terre natale a disparu au loin, nos souvenirs eux ne nous quitteront jamais.
Ils nous accompagneront dans les récits de nos parents et dans la nostalgie des chants d’autrefois, à travers nos vies d’adolescents puis dans nos parcours d’adultes.
« On emporte un peu sa vie aux talons de ses souliers quand pour vivre plus tranquille on doit tout abandonner…. ».
La France, d’habitude si friande de célébrations historiques et de commémorations restera longtemps amnésique à la détresse des pieds-noirs :
Commentaires (5)
- 1. | Mar 25 Fév 2014
Nous avons atterri à Marseille dans une très grande hostilité, les pieds-noirs, les mangeurs de pain des bons français n'étaient pas aimés, oubliés les bons et loyaux services à la patrie par les braves coloniaux en 14/18 et 39/45.
Nous avons refait une vie et avons été pour la France une grande chance.
En tout cas c'est mon avis
- 2. | Dim 11 Août 2013
- 3. | Mar 06 Août 2013
france en 1961 mais avec tout simplement nos valises;
Je me suis construite en france mais je n'oublierai jamais cette enfance merveilleuse
et une adolescence aussi délicieuse malgré la guerre.
Personne ne peut comprendre meme pas mes enfants.
Je comprends à présent mes parents qui ont tout laissé.
plus je vieillis plus la nostalgie s'installe;
J'ai hate de lire cet ouvrage. bien cordialement.
- 4. | Dim 04 Août 2013
Bravo pour ce moment de nostalgie que nous seuls pouvons apprécier !
- 5. | Mer 31 Juil 2013
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/je-n-oublierai-jamais-l-ete-1962.html#oQpT13FjhMC62gEk.99
JACOB, JACOB » ROMAN DE VALÉRIE ZENATTI (EDITIONS DE L’OLIVIER, 2014)
Constantine : la pierre d’une histoire juive…
Publié dans Culture Mercredi, 22 octobre 2014 00:00
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C’est l’histoire d’un adolescent juif, Jacob Melki, un soldat français de 2ème classe, enfant de Constantine, mort dans les rangs de l’armée française en Alsace l’hiver 1944 sous les balles de l’occupant nazi. «Jacob, Jacob » un prénom doublé psalmodié, scandé, l’un d’un enfant mort-né, l’autre, son frère, mort aussi dans le ventre… de la guerre, si familier à l’onomastique arabo-berbère « Yaqoub, yaqoub », ravivant une histoire oubliée, ou délibérément effacée de la mémoire contemporaine, de l’hybridité culturelle de la ville du Rocher, Constantine, des années 1940 à 1960, avec ses ponts suspendus, ses communautés suspendues aussi, arabe, berbère, juive, française, à un destin, aux méandres de l’Histoire aussi tumultueux que ceux du coléreux Rhumel. « Jacob, Jacob », le roman généalogique du personnage et de son environnement familial, social et économique, met à cet « anonyme » un visage, un nom, une identité, une photo portrait même, un parcours, une vie, un itinéraire, un matricule, un sacrifice, un idéal et, plus que cela, une racine de la terre algérienne, qui de natale, est devenue fatale, à un « Jacob » effacé de sa propre histoire et de l’Histoire algérienne, incrustée au roc constantinois.
De Constantine à l’Alsace
Même si le récit, chronologique pour une bonne partie, est construit sur un temps historique cadré, il ne peut être pour autant catalogué de « historique » tant le personnage, Jacob Melki ne peut être réduit à image sépia en noir et blanc aux bordures dentelées, une figure commémorative d’une Histoire, celle de la Seconde guerre mondiale, du débarquement de Provence en Juin 1944, ou encore une effigie mortuaire à la gloire de la Libération de la France de la botte nazie. Jacob entre dans le roman, enfant écumant les ravins et crevasses du Rhumel, défiant ses falaises, les rues escarpées de la ville assommée de soleil, un mordu du ballon rond, un dur malgré ses airs charmants de dandy et ses dons pour la chanson. « Jacob, Jacob », dans ce dédoublement pré-nominal même, s’opère la substitution du temps événementiel, mémoriel, par la durée impérissable du poétique. C’est indéniablement là que réside l’originalité de ce roman au rythme phraséologique andalous, qui commence par un long prélude musical, joué à l’unisson des instruments à cordes, pour qu’ensuite le corps mélodique de la chanson naisse, voix langoureuse du chanteur, intercalée par des solos d’instruments, se répondant l’un l’autre, l’un dans l’autre, dans une magie auditive orchestrale et vocale qui caractérise les mélodies voluptueuses de la musique arabo-juive andalouse de la cité constantinoise pourtant si âpre et rude. C’est le rythme même du roman qui est composé de deux parties distinguées : la première, la plus longue, chronologique, est ce prélude musical tragique, long, sinueux, méandreux ; le second, comme en écho au premier, en accélère le rythme syntaxique et musical dans des gammes syncopées à la juste mesure de ce qu’elles évoquent ou invoquent. Roman musical, des hauteurs vertigineuses du pont suspendu de Sidi M’Cid, saint tutélaire de la ville, de ses ravins et falaises, il se prend à en suivre le lit du Rhumel, si cher à Kateb Yacine, à s’affronter à ses beautés sauvages, à ses colères indomptées, à ses berges imprévisibles. Telle est cette musique romanesque que compose, aussi vigoureuse que ce Rhumel aux eaux hybrides de Nedjma, « Jacob, Jacob » de Valérie Zenatti. Jacob Melki est le petit dernier de Haïm, cordonnier analphabète et de Rachel son épouse, femme au foyer, l’ayant eu sur le tard dans un quartier extrêmement pauvre de la ville de Constantine. La famille parle plus l’arabe que le français. Sa mère Rachel couve une fratrie de quatre garçons, l’aîné vivant sous le toit familial avec son épouse Madeleine et leurs enfants dont Gabriel, qui voue une admiration à son oncle Jacob qui lui a appris à jeter adroitement une pierre lisse qui glisse, fait des rebondis sur la surface de l’eau du Rhumel. Depuis, la pierre magique de cet oncle démiurge quelque peu lettré, le seul à l’être de la famille, gentil et doux, espoir d’un nouveau monde, hors de la violence, de la pauvreté et des enclos raciaux, n’a pas quitté sa poche. Souffre-douleur de son grand-père, le petit Gabriel trouve réconfort auprès de sa grand-mère Rachel. Toute la famille se sert les corps et les coudes dans cette maisonnée où les rideaux font office de portes, où les matelas posés à même le sol en terre battue ne crissent pas quand les corps retiennent les effluves de plaisirs charnels étouffés, où Jacob, plus que ses autres frères, est le garçon chéri, gâté. Cet espace camusien, architectural et sémantique, si bien décrit dans « Le Premier homme » avec la même promiscuité des générations, malgré la faim et la misère matérielle, connaît des joies indicibles lors des fêtes religieuses hébraïques, yehoudies, partagées par les voisins arabes, dans un même gynécée culturel. Mais l’Histoire et ses revers frappent à la porte de la famille juive, parce que juive. En 1940. Le décret Crémieux a été abrogé. Jacob Melki est soudainement interdit d’école. Un de ses instituteurs, juif, est venu dans sa famille et s’est engagé à assurer des cours privés sous le regard étonné et apitoyé de Rachel qui ne comprend pas que son fils, si beau, si intelligent, si studieux soit ainsi rejeté de l’école au moment où il forge sa personnalité, entre dans la pré-adolescence dans sa ville natale, Constantine, devenue, soudainement, pour la famille, un ghetto.
Les enfants de Sidi M’Cid sous la mitraille
Mais, l’Histoire a ses revers imprévisibles comme les méandres du Rhumel qui se creusent dans la roche, sous les falaises au-dessus desquelles, des corbeaux planent. Dès le débarquement des forces alliées en 1942, Jacob Melki redevient Français, Juif d’Algérie, citoyen constantinois de souche, pas pour reprendre l’école mais pour aller faire la guerre. Il a dix-huit ans. Il est incorporé avec ses camarades, arabes, français, juifs, Attali, Ouabdesselam, Bonnin, l’autre Haddad ayant préféré se jeter du bateau, dans les rangs des armées alliées en route lors débarquement de Provence en Juin 1944 pour libérer la France de l’Allemagne nazie. Toute la famille en est fière, surtout le père et le grand-père qui voient dans l’uniforme de leur fils et petit-fils, devenu homme, l’insigne honneur d’une Patrie pourtant aux contours vagues et vaporeux. Rachel et sa belle-fille Madeleine, s’ingénient dans la préparation des beignets, les sfériètes dont raffolent Jacob. Seul, le petit Gabriel, angoissé, tient serré dans sa poche la pierre qui fait des bonds à la surface de l’eau sans se noyer jamais. Le départ de l’oncle est une déchirure, un gouffre, une noyade. Il n’entendra pas son oncle fredonner les chants de Cheikh Raymond, de Piaf aussi, qui sait si bien leur donner une tessiture musicale de sa voix et de son cœur. Jacob quitte Constantine, la rue du 26e de Ligne – une toponymie de la guerre ? - pour la première fois de sa vie, dix-neuf ans à peine, vers l’inconnu d’une France qu’il ne connaît pas, vers une guerre qu’il ne comprend pas. Après Touggourt, c’est la caserne d’Aumale. Sa mère Rachel, sans nouvelles de lui, décide d’aller à sa recherche et, elle aussi, quitte la maison, sa ville, sa rue pour la première fois, sans repère. Valérie Zenatti consacre de belles pages à cette quête maternelle désespérée et pathétique. Rachel, par ses côtés naïfs et « bovariens », suscite sinon la sympathie, du moins la pitié des responsables militaires qui l’accueillent à Touggourt, à Aumale aux géographies contrastés. Au bout de ses peines, elle apprend que son fils, son deuxième Jacob vivant, a pris le bateau vers la « Mère Patrie », la France, qu’il va libérer avec son régiment. Et Jacob débarque en Provence. Là, tous les uniformes se ressemblent, Marocains, tirailleurs Algériens, Juifs. Ce sont des soldats « français » de la colonie certes, formant un régiment à part, mais ils sont bien sous les ordres d’un commandant qui encourage ses hommes, les protège ; ils ont les mêmes armes mais peut-être pas la même fougue pour aller mourir sur une terre inconnue d’eux, eux, adolescents, qui, à peine éclos à la vie, affrontent la mort, les balles qui cisaillent non pas seulement le corps, mais bien plus, les rêves primesautiers des amours d’enfants. La guerre ne se maquille pas. Elle a des nazis embusqués, leurs pièges mortels, des canons, des blocus, des forêts, des troncs d’arbres qui parent aux balles ennemies, des marches forcées, éreintantes, durant lesquelles les soldats adolescents font pipi dans leur uniforme, se donnent du courage, non pas pour l’héroïsme, plus pour « se libérer » que pour « libérer » des contrées inconnues d’eux, qui, pourtant, ressemblent tant à leur Constantine natale. Il faut rester vivant pour repartir, ne pas être un matricule, un numéro. Jacob ignore l’Horreur des camps de concentration, les chambres à gaz, il n’en parle pas, ne l’évoque à aucun moment. C’est un Juif-Français-Arabe des colonies et il semble que cette tragédie inédite dans l’Histoire de l’humanité ne l’a pas affectée. Est-il trop jeune pour cela ? Lors des haltes dans les bourgades libérées, il rencontre sur son chemin de soldat, Louise-Léa, Juive comme lui, elle a une oreille coupée, blessure cousue à la hâte, mais le regard étincelant comme le sien. Dans les décombres de la guerre, dans la destruction, dans les humiliations racistes à peine déguisées elles aussi, par ses supérieurs, il nait à l’amour charnel, découvre le corps féminin, lui qui, de Constantine, a été arraché à Lucette, sa voisine, dont les yeux sont aussi tumultueux que les berges sans cesse remodelées du Rhumel. Il lui faut marcher, libérer des villages, échapper aux traquenards de la forêt des Vosges, sans répit, l’arme serrée contre lui, avançant, courant, obéissant aux ordres du commandant sans réfléchir. Rachel, sa mère, ne sait pas tout cela, attend des nouvelles de lui, Madeleine enceinte de jumeaux n’habite plus la maison familiale de son époux et son fils, Gabriel est entré à l’école avec toujours, dans sa poche, la pierre de Jacob, une pierre là même où la roche est partout, une roche fondation, des rochers qui nourrissent la ville, la sculptent. La pierre de Jacob parti, enrôlé, interdit d’école parce que Juif, salué, fêté, applaudi maintenant qu’il est devenu Français rien que pour la mitraille, étonnant ces « Français » qu’il a libérés d’être un Juif, un « Arabe » même, un tirailleur pas comme les autres, dont la langue maternelle est l’arabe, dont les rituels et la musique sont judéo-arabes…, cette pierre-là, trésor de guerre de Gabriel, saurait-elle toujours glisser sur l’eau, faire des pirouettes ou n’est-elle plus qu’un vulgaire caillou parmi d’autres des falaises abruptes qui donnent le vertige aux passants du pont suspendu de Sidi M’Cid. Une pierre suspendue, une vie suspendue, une attente suspendue. La suspension de la pierre, la suspension des mots et de leur respiration font du texte un phrasé suspendu, toujours en équilibre précaire. Personne des quatre adolescents n’est revenu vivant à Constantine, Juif, Français, Arabe ; la mort ignore tout cela car elle n’a pas de nationalité, de langue, de religion. Les uns après les autres tombent, fauchés par les balles. Il reste « Jacob » encore vivant, par miracle, puis cette blessure au genou, cette sale infection de la poitrine et ce n’est plus qu’un matricule, ce pendentif malheureux qu’il a si souvent caressé. Madeleine a perdu l’une de ses deux jumelles à la naissance, comme continuant la gémellité contrariée de sa belle-mère Rachel ; une Madeleine qui, au plus fort des malheurs familiaux, ne s’est jamais remise de sa si proche et si lointaine à la fois Tunisie natale enfouie au plus profond de son être. Elle aussi, comme Rachel, a fait le voyage à Alger, pour l’hôpital, pour la mort de l’une de la chair de sa chair. La mort d’une des jumelles, celle de Jacob, l’assassinat de Cheikh Raymond, en 1961 au marché de la ville, la mort symbolique auparavant, en ces années cinquante de Gabriel, devenu militaire français - pour libérer quoi ? -, lui qui, oubliant que l’arabe est la langue de sa mère, des siens, de sa ville rocheuse, en a fait une arme redoutable pour terroriser les siens, les torturer. Cette autre guerre, après le 8 Mai 45, sur le pont de Sidi M’cid, transforme la ville en guet-apens. Le pont est devenu un sens interdit : Juifs et Français sont ainsi suspendus au-dessus du vide, ils fuient et Madeleine dans la foule ne comprend pas. Et Gabriel, que de fois a fait ce cauchemar, s’agrippant aux falaises du Rhumel, tentant de remonter désespérément, mythe de Sisyphe, pour échapper à la suspension du temps, il retombe, s’agrippe, au dessus du torrent où des corbeaux déchirent le ciel. Il lance la pierre, relique des enfances, du haut de Sidi M’Cid, le brouillard l’enveloppe, elle chute dans les abysses de l’Histoire. « Jacob, Jacob » est un roman qui, sous l’attrait d’une biographie intimiste de Jacob au cœur de la seconde guerre mondiale vue, vécue non par des « héros » mais par des adolescents arrachés bien tôt du giron maternel aux réminiscences olfactives, gustatives et sans doute, mémorielles, compose, par touches discrètes, au sens musical du terme, un phrasé, en noir et blanc, en dièses, une partition élevée d’un demi ton, comme de ces constructions syntaxiques ressassées, rejouées pour ne pas oublier la symphonie fondamentale. Valérie Zenatti est une musicienne andalouse des mots, leur donnant, ici, prélude aux tons monocordes (– les dialogues, prises de parole sont fondus dans le corps narratif du texte –) ce qu’ils évoquent et invoquent ; là, l’accélération du rythme qui emballe l’orchestre, archers, tambourinaires, pianistes et rbab, comme orchestrés par la pierre totémique du saint Sidi M’cid qui bénit, polit ou broie la syntaxe de « Jacob, Jacob » ; cette pierre multiséculaire, païenne ou Rocher noir de la Mecque ou Eben de la Turah, à la fois enracinement et effritement… « Jacob Melki,… (comme l’écrit Mouloud Feraoun dans « Le fils du pauvre »), nous t’écoutons ».
Rachid Mokhtari
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CIMETIERES JUIFS D'ALGERIE
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/cimetiere-blida.jpg
image: http://static.e-monsite.com/manager/im/files/16/pdf.png?v=533
Il est interessant de noter le bon état du cimetière.
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/ct1.jpg?fx=r_800_533
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/ct2.jpg?fx=r_800_533
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/ct3.jpg?fx=r_800_533
Commentaires (26)
- 1. | Mer 18 Mars 2015
Je souhaiterais savoir s'il il y des tombes à TIARET
de MARDOCHE SAYAG né le 8 janvier 1855 à TIARET; Il s'agirait de mon arrière arrière grand père mais je n'ai pas sa date de naissance.
Il serait fils de:
YOMTOB ou YOMTOUB SAYAG et de MESSAOUIDA CAHONA Tous les deux de TIARET;
Si vous avez des informations, c'est très important pour moi
AC DELNORD
- 2. | Mar 17 Fév 2015
Je souhaiterais'il existe des tombee pour les personnes suivantes ? Quel est le nom du (ou ) des propriétaire(s)
De la (des) concession(s)?
Voici les éléments :
L'homme :
David Adolphe "dit André" Medioni né le 14/10/1895 à Marnia (Algérie)
- fil de Baroukh MEDIONI et Yamina DRAY
- marié le 26/8/1925 à Oran à Cécile MEDIONI (fille de Chaloum et Fortuné Messaouda TEBOUL)
Sa femme :
Medioni est née le 11/6/1900 à BouTlelis (Algérie), fille de Chaloum/Charles et de Fortunée Messaouda TEBOUL.
-
Et leur fille
Cet homme David Medioni et cette femme ont eu une fille appelée Fabienne née le 31/10/1927 à Oran.
Vous pouvez m'adresser un courriel à l'adresse suivante : evelynelemberski@yahoo.fr
- 3. | Mar 17 Fév 2015
je souhaiterai savoir
S'il existe des tombes soit au cimetière
Bonsoir
Je souhaiterais s'il existe des tombee pour les personnes suivantes ? Quel est le nom du (ou ) des propriétaire(s)
De la (des) concession(s)?
Voici les éléments :
L'homme :
David Adolphe "dit André" Medioni né le 14/10/1895 à Marnia (Algérie)
- fil de Baroukh MEDIONI et Yamina DRAY
- marié le 26/8/1925 à Oran à Cécile MEDIONI (fille de Chaloum et Fortuné Messaouda TEBOUL)
Sa femme :
Medioni est née le 11/6/1900 à BouTlelis (Algérie), fille de Chaloum/Charles et de Fortunée Messaouda TEBOUL.
-
Et leur fille
Cet homme David Medioni et cette femme ont eu une fille appelée Fabienne née le 31/10/1927 à Oran.
- 4. | Sam 14 Fév 2015
les communes ne mettent pas les crédits nécessaires pour le gardiennage et l'entretien .
les gardiens sont mal payés s'ils existent .
les citoyens sont conscients de respecter les morts quelques soit leurs religions .
- 5. | Mar 27 Jan 2015
- 6. | Mar 04 Nov 2014
http://www.youtube.com/watch?v=wFbD9cPrslw
- 7. | Jeu 30 Oct 2014
- 8. | Jeu 07 Août 2014
Etant étudiant en tourisme, j'ai le plaisir de solliciter votre mailing afin de vous adresser un questionnaire concernant des offres touristiques ciblant le patrimoine judaïque à Oran, parmi lesquels, le cimetière Israélite d'Oran.
En effet je me suis rendu ce lundi 4/8/2014, à ce cimetière, et son état m'a profondément touché, je ne sais même pas comment vous le décrire.
Je vous joindrai des photos prochainement.
J'aimerai également réaliser mon travail de fin d'étude sur ce sujet, dans un cadre touristique bien sur.
Voici mon e-mail : berini.walid@live.be
N'hésitez pas à me contacter ou me faire parvenir vos idées et conseils.
Cordialement,
Walid
- 9. | Lun 24 Fév 2014
- 10. | Lun 24 Fév 2014
- 11. | Lun 24 Fév 2014
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/static/themes/smileys/51.gif
- 12. | Lun 30 Déc 2013
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/static/themes/smileys/57.gif
- 13. | Lun 30 Déc 2013
- 14. | Mer 11 Déc 2013
Je viens de voir votre message ces noms de famille me sont familiers.
Si vous voulez nous pourrions echanger des informations.
Rosa m'avait aidé effectivement il y a quelques années et les photos des tombes étaient superbes car majoritairement en bon état depuis je ne sais pas si c'est toujours le cas mais je ne remercierais jamais assez mon amie pour son aide si precieuse.
David MEDIONI
Marseille
Betty AlpersJeu 15 Août 2013
Bonjour,
Moi aussi j'ai boucoup de famille enterre a Sainte Eugene. Je voudrais savoir si il a y une liste des tombes.
Les noms que je serche sont, Morali, Erich ou Aiche, Bouchara, Stora.
Merci Beaucoup Betty
- 15. | Dim 24 Nov 2013
- 16. | Mar 19 Nov 2013
Il y a un petit bureau ou travaillent quelques agents de la mairie et il y a des registres bien entretenus et en cinq minute il peuvent vous indiquez ou se trouve chaque tombe.
Car sans les noms et les n° c'est très difficile de retrouver les tombes vu la grandeur du cimetière.
Moi j'ai vu le cimetière juif et avec les dates et n° que ma donné un ami juif de France avec les employés sur place j'ai pu trouvé facilement plusieur tombe meme des tombes de rabins j'ai prix des photos que je lui est envoyés.
Amicalement Louisa
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/static/themes/smileys/60.gif
- 17. | Sam 07 Sept 2013
merci d'avance
- 18. | Jeu 15 Août 2013
Moi aussi j'ai boucoup de famille enterre a Sainte Eugene. Je voudrais savoir si il a y une liste des tombes.
Les noms que je serche sont, Morali, Erich ou Aiche, Bouchara, Stora.
Merci Beaucoup Betty
- 19. | Jeu 09 Mai 2013
Pour l'écriture des mémoires de ma famille (1.500 pages) à ce jour, avez vous des renseignements qui pourraient complèter mes écrits (privés) sur les BENICHOU,les BENHAMMOU,les MEDIONI, TEBOUL, ALBOU, ACHACHE
BENADDI, et d'autres constituant mon arbre généalogique sur plus de deux siècles? Je possède les prénoms de certains !! Merci de me contacter au 0643024875
Bien cordialement et à bientôt ?? N.B lire le message n°9 précédant S.V.P
- 20. | Jeu 09 Mai 2013
Cher Monsieur NEBOT, merci de m'adresser vos coordonnées afin de vous exposer,et le résumé de mon travail réalisé, et certaines de mes recherches manquantes ? Bien cordialement et à bientôt ? Marcel BENICHOU, 4 rue Peyron,38200 VIENNE 04.74.31.02.37 ou 06.43.02.48.75
N.B Ces 5 siècles de notre Histoire ont grandement éclairé mon passé ainsi que l'Histoire de ma famille, ceci pour mes 2 fils et 8 petits enfants! encore MERCI!!!
- 21. | Mer 10 Avr 2013
merci à tous ceux qui pourraient aider à faire avancer ce projet tant attendu par tous...
- 22. | Jeu 24 Jan 2013
Contrairement à ce que peut laisser croire mon nom de famille, je suis née à Oran et j'aimerais bien prendre connaissance de cette liste que vous avez des personnes enterrées à Oran : les noms qui m'intéressent particulièrement sont Ben Aïch, Benichou,Tobelem, Sebbagh, Bibas, Benzaquen, Nahon, Lasry, Coriat. En fait, vous avez seulement les noms également les dates de naissance et de décès ; peut-être avez-vous d'autres renseignements ? Merci de votre aide.
- 23. | Mar 08 Jan 2013
Personnellement je ne voulais pas partir, mais un jour de septembre 1962 en arrivant au bureau j'ai eu la surprise de trouver une personne assise à mon bureau qui m'a signifié prendre ma place même si elle n'avait aucune qualification pour cet emploi. Donc il ne restait que le départ vers d'autres cieux pour pouvoir fonder une famille et vivre librement sans comtrainte.
Maurice
- 24. | Dim 06 Jan 2013
toutes les tombes des cimetieres furent saggagees pdt la decennie noire qu'a connu l'Algerie pas seulemet les tombes juives
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/static/themes/smileys/60.gif
- 25. | Jeu 13 Sept 2012
Je viens de lire votre message à l'instant meme votre message ou vous évoquez la tombe d'Abraham profanée, et bien non le cimetière Juifs à Saint Eugène d'après ce que j'ai vu de mes propres yeux en 2007 et 2008 car à la demande d'un ami Juif d'Algérie qui voulait des photos de tombes d'un certain nombre de Juifs qui reposent au cimetière de Saint-Eugène à Alger et bien le cimetière Juif y a pas de tombes profanées seulement quelques tombes dont la pierre est usée par le temps et les écrits étaient éffacés c'était en 2007 et 2008 et je peux vous donnez lemail de mon ami qui pourra vous dire que les photos des tombes que je lui est envoyer si les tombes étaient en très bons états ou pas certes le cimetière il y avait quelques tombes qui été profanées et que les services de la mairies les tous rénovées et le cimetière de Saint-Eugène est très bien entretenus, il y a aussi le cimetière Chrétien de Hussein-Dey qui a été rénové .
Moi personnellement je suis contre la profanation des tombes peut importe l'origine des morts qui y reposent et que toute personnes qui touches à ces symboles doit etre punie sévèrement et que tous les morts reposent en paix.
Une Algérienne
- 26. | Dim 26 Août 2012
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/patrimoine-historique/cimetieres.html#Wc4jGdXLRw4gtWqH.99
GENEALOGIE DES JUIFS D'ALGERIE
:"LES SERRUYA ET LES BENOLIEL:DE GIBRALTAR A ALGER"par Robert Djian [Cliquer sur le lien]
image: http://static.e-monsite.com/manager/im/files/16/file16.png?v=533
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/patrimoine-historique/genealogie.html#Zi7QPfjORRV4P7id.99
SYNAGOGUES D'ALGERIE
Les Synagogues d'Alger:
La grande Synagogue de la place Randonimage: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/alger-grande-synagogue-carte-206.jpg
Inaugurée en 1865, elle est, malgré son aspect extérieur, la plus riche et la plus importante de la ville. En effet, sous ses lignes sobres et sa façade originale devant laquelle s'avance un large escalier de granit, le temple abrite de véritables trésors.
Cette synagogue était très fréquentée depuis la démolition de celle de la rue Volland. d'après Marcel Paviot "Petite histoire de nos sanctuaires" http://afn.collections.free.fr/pages/56_bulletin/synagogue.html
Le Grand Temple était celui des cérémonies officielles ; c’était aussi la synagogue fréquentée par le grand-rabbin d’Algérie, Maurice Eisenbeth, qui y officiait avec une magnifique voix de basse, notamment le jour de Kippour.
Le temple de la rue Scipion était plus spécialement celui des notables et des grands commerçants de la ville. Ses rabbins titulaires étaient les rabbins Zerbib et Kamoun, ce dernier devenant au moment de la guerre d’Algérie aumônier général des Armées. D'après Albert Bensoussan "les synagogues d'Algerie"
http://www.vitaminedz.com/les-synagogues-d-algerie-par-le-prof-albert-bensoussan/Articles_277_816851_16_1.html
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/la.rue.maringo.et.lemarch..randon.devant.la.synagogue.jpg?fx=r_800_530
Les autres synagogues d'Alger :
Le temple Guggenheim avait un rituel particulier (ashkénaze) qui était indiqué sur les livres de prière en usage dans les synagogues d’Algérie.
Le temple de la rue de Dijon, fondé en 1894, était la synagogue des mariages et pour cela même considérée comme le plus beau lieu de culte d’Alger. Elle contenait jusqu’à cinq cents personnes. À l‘intérieur une magnifique tenture rouge recouvrait le tabernacle, avec de chaque côté des céramiques anciennes. L’éclairage autour de l’autel faisait briller les incrustations de verre de cette tenture, créant ainsi une certaine féerie. Au fond de la synagogue s’élevait une tribune, pouvant contenir soixante personnes, et qui abritait un harmonium servant aux cérémonies. Les enfants de chœur y prenaient place pour les chants de mariage. Jusqu’aux derniers temps l’harmonium était tenu par Mme Doneddu, mère d’Ida Doneddu, qui fut la grande cantatrice d’Alger et chanta même à l’Opéra de Paris. Les mariages étaient célébrés par un rabbin qui en avait fait sa spécialité et doté d’une voix magnifique : Aaron Molina.
Aujourd’hui toutes ces synagogues ont disparu ou ont été transformées en mosquées.D'après Albert Bensoussan "Les synagogues d'Algérie" ibidem
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/alger.synagogue-de-la-rue-de-dijon.jpg
La Synagogue d'Oran
Crédit photo Stéphanie Comfort
Commentaires (12)
- 1. | Dim 01 Mars 2015
- 2. | Dim 15 Fév 2015
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/static/themes/smileys/52.gif
- 3. | Ven 02 Jan 2015
il manque la synagogue d'Annaba qui est très connue !!! C'est la Ghribia d'Annaba fondée après celle de Tunis lorsque les juifs fuyait les romains, il y a d'ailleurs une pierre importée de Jérusalem.
- 4. | Ven 16 Mai 2014
quelqu'un a t il des photos de la synagogue de Guelma ?
merci d'avance
- 5. | Sam 08 Mars 2014
Je vous remercie pour avoir répondu à mon message....
Un grand merci d'avoir fait parvenir cette photo au webmaster,
qui maintenant figure dans cette rubrique.
Cordialement.
- 6. | Ven 07 Mars 2014
Ceux qui ont fait ce site font un travail remarquable !!!
Merci.
- 7. | Dim 16 Fév 2014
je suis tout disposé à vous la faire parvenir si cette photo correspond à votre recherche.
- 8. | Dim 02 Fév 2014
Je recherche la photo de la Synagogue de la ville de MARENGO pour raisons familiales.
Par avance je vous en remercie.
- 9. | Ven 10 Mai 2013
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/static/themes/smileys/52.gif
- 10. | Jeu 09 Mai 2013
Merci.
- 11. | Dim 17 Mars 2013
- 12. | Sam 19 Jan 2013
http://bghianass.blogspot.com/search/label/PHOTOS%20DE%20NOTRE%20CHERE%20VILLE
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En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/patrimoine-historique/lieux-de-culte.html#zW3rLmV1xzO3t9Gx.99
Collection Danielle Gruau-Teboul
Commentaires (1)
- 1. | Mer 06 Mars 2013
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/collection-danielle-cruau-teboul.html#UOP3rS5E7SPybuFX.99
Collection Mireille Zerbib-Boukobza
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/ma-grand-mere-en-1900.jpg
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Collection Jocelyne Esther Nakache
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/makhlouf-zaffran.jpg?fx=r_800_525
Commentaires (7)
- 1. | Jeu 30 Jan 2014
Avec mes remerciements.
Yaelle Lévy Provençal
- 2. | Jeu 29 Août 2013
- 3. | Mar 05 Mars 2013
- 4. | Sam 02 Fév 2013
Cette photo est en excellent place dans mon bureau, Mon grand-père Makhlouf don t je porte le prénom, et ma grand-mère, qui était une jeune fille FHAL, avait comme prénom Messaouda, et on l'appelait " Laaroussa".
J'ai retrouvé sa tombe, en 2005, quand je suis allé à Constantine avec mon épouse et mon fils aîné Marc, pour fêter mes 70 ans.
Sur la tombe de ma grand-mère, à cette date, on pouvait encore lire très correctement.
ICI REPOSE MADAME VEUVE MEASSAOUDA ZAFFFRAN
DITE LAAROUSSA
Décédée le 10 Décembre 1942
A l'Âge de 82 ans.
Voilà, juste une entrée en matière, je reviendrai et en dirai beaucoup plus.
Bravo et à la prochaine.
Gilles Zaffran
Gillou pour les intimes
- 5. | Mer 16 Jan 2013
est-il possible de rentrer en contact avec cette dame?
je suis un petit neveu de Mr Marcel GUIGUE (photo du salon de coiffure)
j'ai pleins de questions a poser
merci
- 6. | Dim 13 Jan 2013
- 7. | Dim 06 Jan 2013
Celles du pogrom de Constantine méritent d'illustrer ce pogrom dont on a peu d'images et qui témoignent de la situation précaire des " Juifs en pays arabe", comme le démontre si bien Georges Bensoussan dans son livre du même titre aruquel il ajoute "le grand déracinement" qui nous a tous frappés à partir de 1954
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/collection-jocelyne-esther-nakache.html#i0omgRDbsiZx6LBv.99
SCENES DE VIE
Credit photo :Stéphanie Comfort Jewishpostcardcollection.com
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Credit photo :Stéphanie Comfort Jewishpostcardcollection.com
Credit photo :Stéphanie Comfort Jewishpostcardcollection.com
1930's. Courtesy of: Odette Douglas Chicportiche, Israel. Beth Hatefutsosth - Museum of the Diaspora - Tel Aviv, Israel
Cette Photo fait partie de la collection personnelle de Jacques NAKACHE
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/famille-juive-de-kenchela.jpg?fx=r_583_800
Coll.particulière
Commentaires (19)
- 1. | Sam 14 Mars 2015
- 2. | Mer 25 Fév 2015
- 3. | Mar 17 Fév 2015
je suis arrivé sur ce site par hasard, je recherche depuis des années le nom d'un tailleur juif de Constantine qui avait son magasin dans la rue qui accédait à la préfecture sur la droite près d'un bar, mon père était militaire et j'étais seul et ce brave homme faisait face à mes besoins quand j'allais le voir et mon père régularisé après, c'était l'année 1957-58
Merci d'éventuelles infos
- 4. | Jeu 01 Jan 2015
- 5. | Jeu 18 Déc 2014
Je suis très touchée de voir ces photos,mais où sont les juifs de kabylie?
- 6. | Mar 12 Août 2014
"Si l'Islam n'était pas apparu, la communauté juive à l'ouest aurait décliné jusqu'a sa disparition et le judaisme à l'Est serait devenu juste un autre culte oriental"
http://www.thejc.com/comment-and-debate/comment/68082/so-what-did-muslims-do-jews
- 7. | Dim 20 Juil 2014
- 8. | Mar 03 Juin 2014
- 9. | Dim 26 Jan 2014
merci à tous
- 10. | Mar 10 Sept 2013
- 11. | Ven 21 Juin 2013
Photo prise chez photo Grimo - 22 rue martin Eldoure à Constantine http://lesjuifsdeconstantine.com
Cette Photo fait parti de la collection personnelle de jacques NAKACHE , prière de rectifier Merci - Chabbat Chalom e
- 12. | Mar 09 Avr 2013
- 13. | Mar 09 Avr 2013
- 14. | Jeu 31 Jan 2013
- 15. | Ven 11 Jan 2013
Je suis un jeune musulman d'Algérie je suis trés heureux de voir se que je n'ai pas vecu...si ce site sert à faire des statitiques concernant les opinions alors je leurs dit que des générations juifs/israélites et Musulmans/Arabes ont fait des guerres et commis des massacres maintenant arrétés ...laissés les milles ans de paix, de bonheurs et de prospérité qu'a promis le plus haut à l'homme qu'il soit El mahdi ou Messiah se réalisée laisse le jaillir,sortir..de vos abîmes...nous construiséz pas les repères spirituels de millier d'années à venir avec le sang et la haine..awake,shake dream from your hair...kevod char hachim, soubhanna rabeka rabi el izat ama yassifoun oua salamoun ala el morsaline.
- 16. | Mer 31 Oct 2012
Les Juifs parlaient arabe...
Les Juifs s habillaient comme le arabes....
Les Juifs mangeaient comme les arabes....
Mais le samedi, ils allaient TOUS a la synagogue et pas a la Mosquee...????
Pour Marika et Amel, oui les juifs sont les descendants d Abraham tout comme les arabes et les autres peuples du monotheisme...mais les juifs ne sont pas des arabes...
Pour Amel, vous ecrivez que les juifs et les arabes ont vecu heureux ensemble...quand cela se passait bien,... mais les arabes aussi ont persecute les communautes juives d Algerie dans des progrommes ANTIJUIFS..quand cela se passait mal...
- 17. | Ven 05 Oct 2012
NOUS NE CONNAISSONS PAS ASSEZ NOTRE HISTOIRE.
JE SUIS ORIGINAIRE DE CONSTANTINE ET JE DÉCOUVRE PETIT A PETIT L'HISTOIRE DE MON PAYS. MERCI POUR CES TRESORS DE L'HUMANITE QUE SONT CES IMAGES. BIEN SUR QUE JUIFS ET ARABES ONT VÉCU HEUREUX ENSEMBLE...
- 18. | Dim 02 Sept 2012
J'AI MEME ENREGISTRE SUR MON ALBUM PHOTO
J'AI AIME AUSSI LES PHOTOS DE BONE
ET JE PARIS QUE SE SONT PRISE A LA PLACE D'ARMES ( LA VIELLE VILLE DE EX- BONE - actuel ANNABA
MERCI POUR CE PARTAGE
- 19. | Mer 11 Juil 2012
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/photos-d-hier/scenes-de-vie.html#rewwpfL9ByM4fdBV.99
http://www.lettropolis.fr/Public/Olnitheque/Fiche.php?ID_Article=77
COSTUMES
Une exposition de photographies ou dessins de femmes juives d'Algérie a eu lieu à partir du 26 octobre 2011 au Centre Culturel Communautaire de Marseille EDMOND FLEG.
Le costume des femmes d'Algérie est varié et a évolué au cours des siècles, notamment au moment du Décret Crémieux.
L'iconographie retrouvée permet d’observer cette évolution en un siècle de 1835 à 1935.
Le costume de la femme juive d’Algérie était constitué d'une coiffe en forme de cône, la sarmah, d'un benigo ou d'un foulard frangé.
Le vêtement se composait d'une chemise fine aux longues manches amples portée sous une grande robe sans manche, appelée la djubba, à laquelle pouvait s'ajouter la ghlila, jaquette décolletée ou farmla (ou frimla) gilet sans manche pour soutenir la poitrine et retenir les manches de la chemise). Une ceinture parachevait le costume. Ce costume pouvait différer selon les villes, c'est la qualité de l’étoffe et des broderies qui indiquait la condition.
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/costume-ffemme-juive-2.jpg
Par Valérie Amram d'Onofrio
La Gandoura constantinoise est une longue robe qui tirerait ses racines de l’époque turque. Un merveilleux équilibre entre le savoir-faire ottoman et la confection typiquement constantinoise.
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/photo-gandourah-1.jpg
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/gandourah-ohoto-6.jpg
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/gandourah-9.jpg
ROBE DE MARIEE (TLEMCEN 1920)
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/arts-cultures-et-traditions/costumes.html#76GuEMuW4VAxJuUc.99
COUTUMES ET TRADITIONS
« Tania » et « Tevilah » au carrefour de deux cultures : le mariage juif à Constantine
Par Claude Sonigo-Sicsic (publié le 3 fevrier 2014)
On vivait une époque de transition. La jeune génération était totalement occidentalisée et, en l’absence des hommes, les femmes avaient découvert, pendant la guerre, le monde du travail et l’indépendance financière, comme en France, mais certains rites judéo-arabes ancestraux qui faisaient partie intégrante de la vie traditionnelle constantinoise, s’imposaient encore.
La « Tania », le rituel païen du henné est une cérémonie traditionnelle orientale qui était célébré lors du mariage juif comme musulman. Cette vieille tradition berbère, arabe et juive, donnait lieu, chez les juifs, à une petite fête, après les fiançailles, dans la semaine précédant le mariage. On accordait au henné, rempart contre les éléments extérieurs nuisibles, des vertus de magie sympathique, une valeur médicinale, cosmétique et, en particulier chez les berbères où les tatouages au henné étaient souvent d’un grand raffinement aux signes mystérieux, un pouvoir de séduction.
La fiancée juive, habillée de rose, à l’orientale et toutes les jeunes filles à marier parentes ou amies recevaient dans le creux de la main de la pâte de henné attachée avec une gaze et un ruban rouge. Avec un louis d’or dans celui de la future mariée. La mère du marié offrait une corbeille capitonnée de satin rose avec des mules, des anneaux ouverts pour les chevilles (khelkhal) (que la jeune femme ne porterait jamais, bien entendu) et de gros serpents en or et, avec des « youyous » bien sonores, des femmes faisaient une démonstration de « danses au foulard » sur de la musique arabe. La jeune fille moderne se prêtait, parfois, un peu contrainte à ces réjouissances typiquement judéo-arabes. La danse au foulard est un art qui ne souffre pas la médiocrité.
Seules les femmes étaient conviées à ce rituel festif.
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/henne.panier.capitnne.jpg
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La corbeille capitonnée
Application de pate de hénné sur la main de la futre mariée (Photo collection personnelle Jacques Karoubi.Reproduction interdite)
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/henne.mariage.juif.ruban.jpg
La main entourrée du ruban après l'application
La « Tevilah » « l’immersion »en hébreu, et « baptême » en Grec, rituel du bain de purification, avec immersion totale, rite ancestral, dans la tradition religieuse biblique juive mais célébré à l’orientale, avait lieu au bain maure la veille du mariage. Le Vendredi après-midi avant le Shabbat, la fiancée était accompagnée au bain rituel « le Mikvé » (littéralement « collection d’eau ».) Un « mahbès », un grand pot en cuivre contenait les serviettes et le nécessaire de toilette. Une « tassa », en cuivre également, servait à s’asperger.
Après une toilette très soignée dans la salle commune du bain maure et une douche, on procédait au bain de purification « la Tévilah », à l’écart, dans une petite piscine avec des marches pour une immersion progressive, pleine d’eau « collectée » (d’où le nom Mikvé) de pluie ou de source à l’origine, pure, transparente, uniquement réservée pour les Juifs à cet usage. La jeune fille, entièrement nue, sans le moindre bijou, ni vernis à ongles, doigts écartés, rien n’empêchant le contact entre le corps et l’eau purificatrice était complètement immergée, plongée 3 fois, tête comprise, comme pour un baptême chrétien, avec bénédictions et prières, et l’intercession et l’aide d’une « ballanit ».
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/mikve-.jpg?fx=r_550_550
Puis, vestige encore de mœurs anciennes, parfois avait lieu l’exposition du trousseau, mais à la sortie de la guerre, la pénurie sévissait encore, et les mœurs évoluaient.
Pour le mariage religieux, à la synagogue, la jeune mariée était parée de blanc, avec voile à longue traine et filles d’honneur avec bouquets, rubans et dentelles. Elle entrait au bras de son père, très émue au son de la marche nuptiale de Mendelssohn à l’orgue. Lors des réjouissances qui suivaient, c’est la musique moderne qui s’imposait pour les danses à la mode, avec des cavaliers qui souvent avaient retiré leurs gibus mais gardé leurs « queues de pie », dans les milieux les plus aisés.
La célébration du mariage était tout à fait caractéristique des mœurs de la population juive au carrefour de deux cultures, deux civilisations.
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/la-soucca.jpg
par Claude Sonigo-Sicsic
« Dans la souccah, tu demeureras 7 jours ». Ainsi nous est-il ordonné (lévitique 23, 42.).
La préparation était fébrile. Les jours précédents, des Arabes circulaient dans le quartier juif avec des charrettes tirées par des mulets, pleines de roseaux et de branches de palmier. On marchandait et on achetait.
Les adultes édifiaient avec de très longs roseaux une grande cabane. Les branches de palmier qui recouvraient le toit devaient laisser apercevoir le ciel : deux tiers de branchages et un tiers de ciel.
Grand-père venait inaugurer la souccah en chantant le « Hallel » et en agitant le « loulab » dans les quatre directions et vers le haut et le bas pour signifier que Dieu est partout. Le « loulab » est une branche de palmier garnie de feuilles de saule et de myrte. Dans sa main libre, grand-père tenait un cédrat qu’il respirait profondément en demandant la protection divine.
Parmi d’autres, l’une des explications est que chacune des quatre espèces : palmier, cédrat, myrte, saule, est le symbole d’une attitude des Juifs à l’égard de l’étude de la Torah et de la pratique des « mitsvot ». L’étude de la Torah est comparée au goût et l’accomplissement des « mitsvot » à l’odeur : la datte : goût sans odeur, le cédrat : goût et odeur, le myrte : odeur sans goût, et le saule : ni goût ni odeur. Et le « loulab »est le symbole du peuple juif au-delà de toutes les différences dans la pratique- ou non- de la religion. Je ne me souviens pas que grand-père ait souvent pris là ses repas avec nous. Probablement, les prenait-il seul en revenant de la synagogue tôt le matin et le soir.
Nous, enfants, ne quittions plus la terrasse. Dans la vaste cabane, où table et chaises avaient été installées, nous faisions de copieuses « goûtettes »,aussi joyeuses que celles que grand’mère et ma tante Mireille organisaient pour nous, le soir de Pourim, avec un service de table miniature en verre bleu à relief « une dinette » dans le « coin du piano ». La banquette cannée du piano tenait lieu de table, et de petits tabourets bas en bois blanc paillés, de sièges. Nous avions même de petits kanouns avec des braises sur lesquels nous réchauffions nos minuscules marmites de petits pois avec boulettes de viande.
A la fin de la semaine de soukot, après le démontage de la cabane, grand’mère récupérait des roseaux pour en faire des brochettes qui marquaient la fin de la célébration, et aussi, pour nous enfants, avec la rentrée des classes, la fin des longues vacances d’été –trois mois- et des jeux sur la terrasse.
Cette fête qui termine un cycle liturgique avec la fin de la lecture annuelle de la Torah, était pour nous, écoliers, aussi la fin d’un cycle. image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/synagogue-transport-de-palmes.jpg
Transport de palmes à la synagogue de Constantine : photo transmise par Mr Jacques Nakache
LE HAMMAM
Par Claude SONIGO née SICSIC Extrait de son blog « les souvenirs de Claude » in « Constantine d’hier et d’aujourd’hui »
http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/LesConstantinois/souvenirs_claude.htm
Le hammam n’était fréquenté que par des femmes arabes –la majorité – et juives.
Dans ma petite enfance, j’avais le bain maure en horreur. Celui que j’ai connu ne correspond absolument pas du tout à l’image idéalisée, esthétisante, érotisante, aseptisée mais fictive et occidentalisée qu’en donnent les peintres dits « orientalistes ».
Une fois poussée l’énorme porte en chêne avec un anneau métallique, poisseuse d’humidité, on était pris de suffocation dans une vapeur opaque, trop chaude.
La vapeur d’eau bouillante s’élevait d’une immense cuve sans cesse alimentée par des « négresses »* avec des baquets d’eau froide puisée dans une autre cuve.
Les hautes voûtes sombres renvoyaient en écho un brouhaha continu. Des trous dans la longue voûte en berceau laissaient filtrer un jour avare et, en entrant, on distinguait à peine les groupes de femmes assises sur des tabourets bas qui émergeaient peu à peu du brouillard. Dans la lumière blafarde, des ombres de femmes nues parfois couvertes d’un simple pagne, « foutah » souvent rouge à bandes noires, circulaient fantomatiques.
Un cercle de l’enfer de Dante !
Des femmes noires sans âge, énergiques, très maigres, aux membres noueux, nous frottaient le corps avec de l’alfa et du savon et la tête avec du « ghassoul », cette argile minérale naturelle, saponifère, extraite des montagnes de l’Atlas marocain, devenue aujourd’hui à la mode, ou du savon de Marseille puis rinçage à l’eau vinaigrée. Elles nous briquaient, leurs mamelles sèches pendantes oscillant à chaque secousse.
Des femmes s’épilaient avec une pâte verdâtre, soufrée, malodorante dont elles s’enduisaient tout le corps.
Les chevelures étaient recouvertes d’une pâte de henné qui coulait en traînées rouges sur les fronts et les cous dégoulinant de sueur.
On glissait sur un sol gras et mouillé qui charriait en permanence de l’eau savonneuse et des touffes de cheveux. L’humidité rongeait tout. Des odeurs de soufre et d’égout flottaient partout.
Mais j’appréhendais surtout le rinçage final et l’eau puisée dans un baquet de bois fumant déversée sur ma tête avec une « tassa » en cuivre. J’avais du savon et de l’eau plein les yeux et le nez. Je pleurais, je me débattais, mais la femme me tenait en étau entre ses genoux.
Plus tard, adolescente et adulte, j’ai aimé le bain maure et la sensation d’être lavée de tout, purifiée, ressourcée après une séance d’intense transpiration et de rinçages abondants répétés. Je me suis même prêtée parfois aux massages de ces femmes, malheureuses esclaves venues de l’Afrique subsaharienne, qui pratiquaient aussi les massages, à même le sol, après avoir balancé, d’un geste ample, un plein seau d’eau, pour faire place nette.
Je ne réalise qu’aujourd’hui la dure condition de ces femmes, contraintes d’accepter ce « gagne-misère » qui desséchait leurs chairs et momifiait leur peau noire.
Après la guerre, de petits bassins de pierre individuels, parfois avec robinetterie, avaient remplacé les baquets de bois cerclés de mon enfance. L’espace avait été un peu compartimenté et, me semble-t-il, l’hygiène mieux respectée.
Note :* Négresse : ce vocable ne doit pas choquer dans ce contexte. Le vocabulaire évolue comme les réalités et les mentalités. Martin Luther king lui-même est passé du terme « negro » à celui de « black »(avec le « black power ») et pourtant en latin « niger » ne signifie que « noir », mais « nègre » est resté connoté « esclavage »et « trafic triangulaire ».
LE MATELASSIER
Par Claude SONIGO née SICSIC Extrait de son blog « les souvenirs de Claude » in « Constantine d’hier et d’aujourd’hui »
http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/LesConstantinois/souvenirs_claude.htm
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/photo-matelassier.jpg
Le matelassier, un vieil artisan Juif, arrivait, parfois aidé de sa femme, avec sa cardeuse à main démontée et une mallette en bois, très tôt le matin.
Toute la matinée, dans la poussière et une légère persistante odeur de suint libérée par le cardage, assis sur l’arrière de la cardeuse, il introduisait d’une main la laine, de l’autre il actionnait le balancier en bois muni de gros clous, dans un mouvement régulier de va-et-vient pour aérer la laine tassée et jaunie des matelas éventrés. Il étalait ensuite les flocons de laine souple, mousseuse, soyeuse et débarrassée des impuretés sur un grand drap blanc déployé sur les tomettes rouges du sol.
L’après-midi, commençait la confection du nouveau matelas avec une toile neuve rayée, plus tard damassée bleue ou jaune et la laine cardée bien répartie sur la toile pour un matelas équilibré et moelleux. Après le remplissage, commençait le long et minutieux travail de couture. Avec deux longues aiguilles recourbées et du gros fil de coton, assis en tailleur à même le sol devenu très chaud, il cousait les bourrelets des bordures pour maintenir la laine sur les côtés. Puis, pour la maintenir à l’intérieur, le capitonnage : sur les œillets, de petits carrés d’étoffe repliée. Les capitons de tissus-une cinquantaine environ pour un grand matelas- étaient reliés par deux avec le fil à travers le matelas.
La vieille toile, lavée et repassée était souvent réutilisée ou servait de protection sur le matelas rénové, ou à isoler le matelas du sommier métallique à ressorts parfois un peu piqué de rouille.
Sous la chaleur, c’était de longues et dures journées pour cet artisan qui transpirait sous la casquette que, pour se conformer à la loi juive, il n’ôtait image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/phoo-cardeuse-en-bois.jpg
En fin de journée, la fatigue s’inscrivait en larges cernes gris sur ses joues. Il descendait les matelas considérablement rehaussés, prêts pour le trampoline. Puis il démontait sa cardeuse et la rangeait dans un coin jusqu’au lendemain.
Longtemps, j’ai utilisé une très longue pièce d’un robuste tissu bleu damassé d’un ancien matelas. J’y ai renoncé quand elle a été hors d’usage pour un vrai molleton de protection acheté sous plastique qui recouvre désormais un matelas industriel en latex sur sommier à lattes dit « tapissier ».
Aujourd’hui, ces cardeuses en bois mues par la main de l’homme, avec leur curieuse planche balancier hérissée de gros clous sous laquelle passait la laine, ne se trouvent plus que chez les antiquaires, dans les écomusées ou comme l’alambic ou la sorbetière de ma grand’mère dans le musée de nos souvenirs d’enfant.
La distillation de l'eau de fleur d'oranger et de l'eau de rose
Par Claude SONIGO née SICSIC Extrait de son blog « les souvenirs de Claude » in « Constantine d’hier et d’aujourd’hui »
http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/LesConstantinois/souvenirs_claude.htm
LA JOURNEE ROSE
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/flacon-pour-l-eau-de-fleur-d-oranger-1.jpg
Les Arabes, au marché, vendaient d'énormes sacs de délicates fleurs blanches ou rose pâle d'oranger bigaradier et de pétales de roses.
Jeune, grand'mère, vraie prêtresse de Flore, s'habillait de rose, pour l'occasion, avec un foulard rose sur la tête. Plus tard, elle se contentait de nouer un ruban rose sur l'alambic (kattar) en zinc que l'on remontait de la cave une fois par an. A même le sol, sous l'alambic, un kanoun au charbon.
Au fur et à mesure que grand'mère recueillait l'extrait, elle étiquetait les flacons pour en indiquer la concentration: première bouteille, deuxième bouteille etc...Et elle suivait un "seder", un ordre rituel immuable: elle commençait toujours par l'eau de fleur d'oranger.
Une montagne de pétales et fleurs odorants sur un drap blanc au milieu de la cuisine, un alambic enrubanné de rose, la vapeur qui se condensait en gouttelettes qui roulaient dans le serpentin et, le soir, des flacons remplis d'une eau parfumée, c'était, pour nous, enfants, un enchantement, une journée magique: "la journée rose".
L'eau de fleur d'oranger « al maa zhar », « l’eau de chance » servait à adoucir le café, à parfumer les pâtisseries et les grenades de Roch Hachana, et à certains rituels religieux.
Le “m'reuch” l'aspersoir en argent massif ciselé et repoussé était en permanence sur le buffet rempli d'eau de fleur d'oranger pour le café. On en aspergeait les convives et les fidèles pendant les festivités et à la sortie de la synagogue. L’équivalent en quelque sorte du goupillon et de l'eau bénite, chez les chrétiens.
Pour les “Bar Mitsva” (littéralement “fils de la loi”) et pour “Simhat Torah” (la “joie de la Torah”) fête qui clôt la lecture annuelle du Pentateuque, marquée par des chants et des danses, les femmes, depuis le balcon où elles étaient tenues séparées des hommes à la synagogue, jetaient des dragées et aspergeaient les fidèles d'eau de fleur d'oranger.
Le “Chemache”, le bedeau, gardien de la synagogue, en versait aussi sur la main des fidèles, à la sortie.
Tous ces rites conféraient un caractère sacré à la fabrication de l'eau de fleur d'oranger.
Je possède un très beau “m'reuch” en argent massif, hérité de mes beaux-parents S…, mais je ne lui ai pas trouvé d’usage. Il est désaffecté. Aujourd'hui, en Israël, mon oncle Paul dit qu'on utilise de l'eau de Cologne à la synagogue. C'est banal et le rituel est vidé du symbolisme poétique de la fleur d'oranger.
Quant à l'eau de rose, « al maa ward », que Saladin fit transporter à Jérusalem reprise aux Croisés en 1187 par une caravane de 500 chameaux pour purifier la mosquée d’Omar et avec laquelle Mehmed II, en 1453, purifia l’Eglise byzantine de Constantinople avant de la convertir en mosquée, nous la réservions modestement à l'hygiène et à la toilette. On lui accordait des vertus adoucissantes pour les fesses rougies des bébés, les yeux congestionnés et toute sorte de petites misères de l'épiderme. Elle était le complément de l'huile d'amande douce et servait aussi de démaquillant pour les nez poudrés de la volatile poudre de riz rose qui se répandait en nuages même sur les cils et sourcils. Le poudrier avec sa petite glace et sa houppette de cygne était l'accessoire de maquillage indispensable et l'objet de toutes les convoitises pour les petites filles. On offrait un poudrier comme on offrait un bijou. Il y en avait de très précieux. Mais quand je suis arrivée à l'âge adulte, la poudre de riz et son “pompon” étaient passés de mode.
Et notre alambic et ses pétales parfumés remisés dans le Musée de nos souvenirs.
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/alembic.jpg
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/petales-de-roses.jpg
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/fleur-d-oranger.jpg
LE FOUR A PAIN
Par Claude SONIGO née SICSIC Extrait de son blog « les souvenirs de Claude » in « Constantine d’hier et d’aujourd’hui »
http://www.constantine-hier-aujourdhui.fr/LesConstantinois/souvenirs_claude.htm
LE FOUR BANAL Constantine. Années 1940. ..
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/le-four-a-pain.jpg
Pendant la guerre, on ne délivrait de pain dans les boulangeries que contre des tickets de rationnement. Aussi, nous mangions, tous les jours, du “pain de maison” longuement pétri dans la grande “kesra” en bois d’olivier, confectionné avec de la semoule fine et non de la farine et un levain que grand'mère préparait elle-même en laissant fermenter un morceau de pâte très molle prélevé d’un pétrissage précédent.
Le pain du Vendredi soir et Samedi, du shabbat, était badigeonné au jaune d'œuf pour lui donner un air de fête.
Les pains, les gâteaux, les gratins étaient cuits au four banal tenu par un Arabe au coin de la rue Thiers très pentue, en haut d'une série d'escaliers, en sous-sol, face à la grande synagogue de Sidi Fredj, le grand rabbin du département de Constantine.
Au-dessus du four, un bordel public fréquenté par des fantassins du troisième zouave qui faisaient le pied de grue, en face, attendant leur tour, sur le signal, à travers une petite lucarne, d’une portière maquerelle.
Rencontre improbable, sur le même trottoir, des fidèles de la « Maison de Dieu »et de ceux de la « maison de tolérance ». Mais « les desseins de la Providence sont impénétrables! »
Au four donc, on apportait de longs plateaux de tôle noire chargés de pains ou de gâteaux, le plus souvent sur la tête, des gratins aussi et je me rebiffais contre cette corvée.
Les veilles de fêtes et de Shabbat, des théories d'enfants souvent très modestes, attendaient leur tour, leur plateau sur la tête, résignés.
Parfois, des femmes, savates aux pieds, arrivaient au four en continuant à battre à la fourchette ou au fouet leur biscuit de Savoie pour empêcher la pâte de retomber.
Au four banal, en contrebas de la rue, l'homme, un Arabe plutôt jeune, glabre, à l'allure nonchalante, à l'air un peu hautain ou détaché, forme que prend parfois la patience, pieds nus sur de grandes nattes de crin qu'il nous était interdit de fouler, alimentait le feu avec des fagots de lentisque odorant. On entendait ronfler le brasier dans le four quand il ouvrait la lucarne. Il maniait en expert une pelle en bois d'olivier plate avec un très long manche. Il enfournait ou déplaçait sans cesse, sur la sole du four, plus ou moins près du foyer, les pains et plateaux de petits gâteaux pour une cuisson parfaite. Il les déposait ensuite, toujours avec sa pelle, en les faisant glisser par petites secousses horizontales, brûlants, dorés à point, directement sur les nattes pour les laisser refroidir. Le fournier ne se trompait jamais sur les propriétaires de tout ce qu'on lui confiait à cuire.
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/variets-de-pains.jpg
Certaines familles marquaient les pains de leur sceau : des incisions sur la pâte, des trous de fourchette, des empreintes de doigts, des dessins linéaires, des fleurs, des étoiles de pâte sculptée, des graines de sésame, d’anis ou de pavot. Grand’mère faisait pour nous de petits pains en forme de poissons et souvent de petits pains ronds au chocolat ou aux noix.
Au retour du four, on transportait le pain cuit dans des serviettes attachées aux quatre coins. Les plateaux, empruntés au four, avaient été restitués.
L'odeur mêlée de bois brûlé, de pain chaud à l'anis et de pâtisseries parfumées nous raccompagnait jusqu’à la maison.
Nous remontions, chargés, les quatre étages bruyamment, en léchant parfois le chocolat fondu qui avait coulé à la surface de nos petits pains. Grand’mère, qui guettait, nous attendait en haut des escaliers, impatiente.
LE MOUTON DE PÂQUE : Constantine 1941
par Claude SONIGO née SICSIC
Un agneau contre 3 mètres de tissu.
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/le-mouton-1.jpg
Au Printemps 1941 ou 1942, sur cette terrasse, nous avons nourri, pendant deux mois, un agneau. Georges l’avait échangé contre 3mètres de tissu chez un paysan arabe. Il l’avait, à vélo, transporté sur ses épaules, à la façon des bergers des santons des crèches de Provence. Puis, au milieu des cris d’excitation des enfants de l’immeuble, avec l’animal sidéré toujours sur ses épaules, il avait monté les 5 étages à pied jusqu’à la terrasse.
C’était la guerre et ses privations : pas d’essence, pas d’auto, et avec un «administrateur aryen » imposé au magasin de tissus de mon grand-père, si peu d’argent mais encore quelque tissu. Et Pessah à célébrer !
L’agneau courait vers nous, dès que nous ouvrions la porte de la terrasse, les bras chargés de fanes de carottes ou de poireaux et d’herbes souvent cueillies sur les pentes du Rhumel par Hocine ou Joseph.
Nous avions pris l’habitude de jouer avec cet agneau, de caresser sa toison touffue et bouclée, à la puissante odeur de suint, et oublié qu’il était destiné au sacrifice de Pâque.
Le jour où on l’a emmené, nous, enfants, étions tous désespérés. La veille du sacrifice, Joseph l’avait descendu de la terrasse et enfermé dans les WC de l’appartement.
Dans la cuisine, un boucher rituel, un « Shohet » : Rabbi Sion Ch… est venu le sacrifier. –J’ai trouvé, par hasard, la reproduction d’une photo où ce rabbi est décoré par un officiel.
Un kanoun avec de la cendre pour recueillir le sang et une grande cuvette étaient prêts. Nous, les enfants, avons fui au bout du couloir, refusé de toucher aux côtelettes et même de regarder l’os d’agneau du plateau du Seder pendant la lecture de la haggadah. Nous n’étions pas des Cannibales !
Selon l’usage, grand’mère dut tremper sa main dans le sang et l’appliquer sur la porte d’entrée pour y laisser l’empreinte. Cette pratique qui peut paraître barbare et primitive est un salmigondis d’héritage de rituels sacrificiels de la religion juive primitive avec le souvenir de la sortie d’Egypte et des linteaux des maisons marqués du sang des agneaux sacrifiés pour que Dieu épargne ces maisons, et que « l’ange de la mort » « passe au- dessus »( « Pass over »en anglais et aussi la racine hébraïque de « pessah ») sans s’arrêter –offrandes rituelles liées au sang versé – et de traditions culturelles plutôt islamiques : le 5 protecteur, la « main de Fatma », le « hamsa » arabo-judéo- berbère. En tout cas, pour nous, «cela portait bonheur » comme « portait bonheur » l’os du mouton du plateau du Seder que nous gardions toute l’année au-dessus d’une armoire. « C’est comme ça ! » tenait lieu d’explication.
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A Constantine, le « pain azyme » était une galette très épaisse, très dure, et particulièrement indigeste. Une fois l’an, seulement, la Fabrique Zarka la produisait. Certaines familles, comme celle de la tante Eugénie dite « Zeiro », la sœur de ma grand’mère, la fabriquaient elles-mêmes.
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/le-mouton4.jpg
Pour le trempage, une grande coupe en faïence à grosses fleurs rouges qui faisait partie de la vaisselle réservée pour image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/le-mouton6.jpg
Une année, j’étais très petite, cette galette béton m’a rendue si malade que mon grand-père, esprit ouvert et tolérant, a dit : « apportez lui du pain ! ».
A Oran, la galette était plus acceptable que celle de Constantine.
Après le débarquement des Américains, seulement, en Novembre 1942, nous avons découvert que la galette de Pessah pouvait être fine et comestible.
Aujourd’hui, le pain azyme « Rosinski frères »est presque une friandise et beaucoup en mangent toute l’année. image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/le-mouton-7.jpg
Commentaires (16)
- 1. | Sam 01 Nov 2014
Depuis quelques jours je sens une odeur de Henné sur les mains sachant que je n'en ai pas mis depuis des mois , pouvez vous m’interpréter cette odeur soudaine sur les mains?
Merci
- 2. | Ven 05 Sept 2014
Jusque là parce que malheureusement, c'est avec Israël que tout se gâte...
- 3. | Lun 01 Sept 2014
Quand au Hammam Paule ATLAN explique avec précision les salles qu'ont traversées jusqu'à la salle chaude. Malheureusement tout çà n'existe plus, les beaux tapis n'existent plus, les brioches et le Crush n'existent plus.
Je me rapelle très bien du Hammam dans les années 1950 ou j'allais avec ma mère, les femmes arrivaient avec leur valises dans lesquelles il y a leur vetements propres, la TASSA en cuivre, le MREK, les FOUTAS (grandes serviettes), le long bonnet en tissu brodé dont vous parlez, c'est la BNIKA, certaines ramènent avec elle le MEHBES en cuivre et surtotu les mariées ou les nouvelles mariées mais cette belle époque n'existe plus.
Moi personnellement j'allais avec ma mère au HAMMAM de Belcourt un très beau HAMMAM l'entrée est faite de très belle faience ensuite une porte battante et c'est la plus grande salle avec ses très beaux tapis, des poutres en larbres et des barres entre les poutres pour que les femmes quand elles sortent elle étendent leur Grandes serviettes (foutes de sortie) car il y a la fouta en soir pour entrer dans la salle d'eau et la fouta de sortie , drap de bain.
Les étagères ou l'ont rangent nos chaussures et ou poser les valises, un comptoir ou il y a la propriétaire du HAMMAM, derrière elle il y a du savon, de la pate à épiler, de la limonade et des brioches.
Ensuite comme vous le préciser très bien, il y a une première pièce avec une porte battante on trouve un banc en marbre une glace car cette et de l'autre coté il y a des toilette , ensuite une autre pièce avec un bac deux banc en marbre qui est moyennement chaude ou les femmes sorte pour mettre leur henné et se reposer et là il y une porte en bois et qu'en on ouvre cette porte on trouve un grand halle et deux bassins séparés avec chacun deux robinets ce halle c'est pour les personnes qui ne supportent pas trop de chaleur et en poussant la dexième porte de ce halle ont se retrouve dans la grande salle chaude avec des bassins individuels eau chaude et froide, c'est des saridjs et au centre de la salle chaude il y a un bloc carré qui dégage la chaleur qu'on appelle la pierre chaude ou les femme s'allonger sur leur dos comme pour soulager leur douleurs. et il y a deux autres petites salles chaudes pour les mariées car la mariée ne doit pas etre avec les autres personnes.
Il y aussi les KIYASSETTES des femmes qui nous massent et nous lavent le dos et qu'on paye. Et chez les hommes ils les appellent les MOUTCHOUS. Et les oranges étaient suculente et rafraichissantes surtout dans la salle chaude ou à la sortie.
Il y a d'autres types de HAMMAM à Tlemcen et a Blida ou on doit prendre des bidons avec nous pour allez cherchez l'eau chaude et froide d'un bassin et remplir des bassines en plastiques car il n' a pas de bassins individuels et c'est très fatiguant de faire le va et vient pour remplir les grandes bassines, c'est très épuisants, la seul chose qu'il y a en plus dans ces HAMMAMS par rapport de ceux d'Alger c'est qu'ils ont des morceaux de bois comme des tabourets.
Les meilleurs HAMMAMS étaient ceux d'Alger mais hélas tout à changer, les HAMMAMS ne sont plus comme avant les anciens Algérois ne s'y rendent pas comme avant, car il y a trop de vols, si on vous vole pas votre paire de chaussure, on vous vole un vetement, les femmes ne se rendent plus avec les beaux vetement, plus de bijoux, meme les TASSATES on les a misent de coté car on nous les voler et bien on préfèrent prendre une TASSA en plastique meme le shampoing on ne prend pas tout le flacon juste ce dont en a besoin, et c'est devenu sale du faite qu'il y a des personnes avec la chaleur elles dégagent meme l'odeur du pipi, le HAMMAM depuis la fin des années 1970 n'est plus comme avant ce n'est plus comme avant avant je me rappelle avec ma mère on se rendaient au HAMMAM deux fois par mois, et après je me rendait avec mes petites amis chaque semaine (fin) de semaine vu qu'on travaillent et bien on se donnent rendez-vous c'était la belle vie mais depuis on y va plus.
Moi personnellement ceux là fait 14 ans que je n'est pas mis les pieds dans un HAMMAM car il n' y plus de charme.
Mais ce que vous racontez et tout à fait cette belle époque que tout le monde regrette.
Louisa
- 4. | Lun 07 Juil 2014
j'ai été très surpris quand j'ai vu un ami Arménien jeter ce verre d'eau derrière la voiture de sa fille qui s'en aller.
je lui ai dit que cette coutume était Algérienne. Lui m'a soutenu que cette coutume était Arménienne.
- 5. | Mer 19 Fév 2014
J'espère qu'ils le feront à leur tour...
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/static/themes/smileys/49.gif
- 6. | Ven 20 Sept 2013
On disait dans nos familles pour communautariser les" juifs" qui etaient plus "religieux qu a Alger ou Oran, peut etre..???.."les juifs de l interieur.." C etait vraiment du mepris et c etait pas bien, la verite etait de leur cote et pas du notre. Nous etions devenus de "bons francais..???" Ils etaient restes de "bons juifs"..
Ici, en Israel, c est maintnant le contraire, les fetes juives,... on ne fait que cela. Alors on se fait tout petit a cote de ce monde religieux et pour le paraitre, on cherche a redevenir de "bons juifs" en oubliant petit a petit d avoir ete de "bons francais"..
- 7. | Sam 07 Sept 2013
- 8. | Dim 05 Mai 2013
- 9. | Mer 01 Mai 2013
Mon seul regret qu'internet n'ait pas existé plus tôt pour se rapprocher de nos racines.
Oh ! combien mes parents et en particulier ma mère aurait été heureuse de vivre cette nostalgie sur le net.
Quant au verre d'eau mon épouse ne raterez pas le départ de nos enfants sans ce verre d'eau.
Je serai heureux de voir les tombes de mes proches au cimetière d'Oran.
Hélas mes yeux se brouillent.
Bravo à tous ceux qui permettent de faire revivre le judaïsme d'Afrique du Nord.
- 10. | Sam 23 Fév 2013
Il s'adresse aux constantinois, maisà tous les autres aussi . Nos modes de vie étaient très semblables et nos aïeux venaient aussi souvent de Constantine...
- 11. | Sam 23 Fév 2013
Intéressant de confronter ses souvenirs, je n'ai pas du tout de souvenir de saleté et de misère...
Dans les années 50, à Alger, j'allais régulièrement au "bain-maure" derrière la Grande Synagogue, le jeudi après-midi (jour des femmes) y retrouver des copines juives du lycée Delacroix. Je traversais d'abord la place de Chartres et les ruelles qui y conduisaient.
On faisait lentement le circuit de salles de plus en plus chaudes, couvertes de tapis, pour arriver au vrai bain, entourées d'une foutah de couleur et munies de notre "tassa"familiale en cuivre.
Très rapidement, assises sur des marches ou par terre, on voyait de longues traînées noirâtres dégouliner le long du corps et ça nous plaisait de nous nettoyer avec de l'alfa trempée dans de l'eau savonneuse qu'on préparait en faisant dans sa "tassa" de savants mélanges d'eau bouillante et d'eau froide.
On se faisait laver les cheveux avec du "savon arabe", et frotter vigoureusement le corps, allongée sur une plaque bouillante. Tout cela dans une vapeur épaisse telle un nuage tombé du ciel où toutes circulaient comme des ombres. L'eau dégoulinait sur les hauts murs derrière lesquels se préparait mystérieusement pour nous toute cette vapeur.
Quelquefois, il y avait un homme, le seul admis et la seule personne à porter un pagne : "L'eunuque" du bain maure. Evidemment, c'était un mystère de plus. Encore très jeunes, on ne comprenait pas bien ce que ça voulait vraiment dire, mais on s'en doutait, on riait d'un air gêné.
On emportait des oranges qu'on faisait tremper dans de petits éviers d'eau froide, et on les dégustait lentement quand il faisait trop chaud. Un délice absolu.
C'était très gai, on rigolait entre copines, les femmes y avaient leurs habitudes, elles se racontaient tout entre amies, et j'entendais parfois des tractations pour marier leurs enfants, c'était très drôle...
On en sortait épuisées, à petits pas, pour s'allonger sur des petits lits, style "lits de camp"et récupérer du bain de vapeur. On se faisait servir une boisson glacée, du Crush à l'orange ou à la mandarine.
On s'habillait lentement, abruties de chaleur et on rentrait à la maison, bien couvertes, les cheveux enveloppés dans une sorte de long bonnet blanc brodé où on enroulait nos tresses de chaque côté, pour "ne pas prendre froid". Maman me félicitait bruyamment de ma propreté et me servait alors un grand bol de lait bien chaud.
Quant à mon père et mon frère, ils y allaient le vendredi après-midi et quand ils rentraient, mon père nous demandait de l'embrasser pour sentir comme ses joues étaient bien rasées et propres. Les femmes de la maison (ma mère, ma cousine, ma soeur et moi) s'exécutaient avec plaisir. Le soir tombait, le couscous du vendredi soir était déjà prêt à la cuisine, il embaumait la maison.
- 12. | Lun 04 Fév 2013
Je leur transfère cet article.
Merci
Colette
- 13. | Dim 27 Jan 2013
Votre message est la meilleure récompense pour le travail accompli.Attiser les souvenirs, ranimer nos émotions d'enfance,colliger ces documents photos témoignages ,voila notre objectif.
Heureux de voir qu'il est atteint en vous lisant.
Bien cordialement
Jacques KAROUBI
Webmaster
- 14. | Dim 27 Jan 2013
Un grand et chaleureux merci aux webmasters.
- 15. | Lun 21 Jan 2013
- 16. | Jeu 01 Nov 2012
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/arts-cultures-et-traditions/coutumes-et-traditions.html#fBpUYWr8du4Giq3D.99
LITTERATURE
Pour présenter la littérature juive d'Algérie, nous avons choisi la remarquable conférence du Professeur Albert Bensoussan donnée au Netanya academic college - Netanya (Israël), mars 2008, dont le sujet fut "L'écriture juive d'Algerie ou la jubilation de la langue - Quand la langue française devient patrie".
www.akadem.org
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/jean-laloum-jean-luc-allouche.jpg?fx=r_120_120
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Credit photo : Stéphanie Comfort Jewishpostcardcollection.com
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GRANDS RABBINS D'ALGERIE
RIBACH (1326-1408)
Dans sa jeunesse, il suivit les cours de la Yéchivah de Rachba (Rabbi Chlomo bar Rabbi Avraham Adéreth, à Barcelone, où les disciples de ce dernier, Rabbi Péretz HaCohen et Rabbi Nissim (RaN) de Gerona, furent ses Maîtres. Rabbi Isaac s'installa dans cette ville où son érudition toranique, aussi bien que sa sagesse et sa piété lui valurent rapidement une grande notoriété.
Sa longue vie fut riche en péripéties de toutes sortes. Les dangers alternant avec les soucis ne lui laissèrent pas de répit. A un moment par l'effet d'une fausse accusation, les chefs de la communauté Israélite de Barcelone furent arrêtés. Rabbi Isaac, son jeune frère Juda, son maître Rabbi Nissim et son ami Rabbi 'Hisdai bar Yéhoudah Crescas connurent le même sort. Leur détention dura cinq longs mois. Ils furent relâchés quand l'enquête établit que l'accusation était non fondée. Rabbi Isaac quitta alors Barcelone et s'établit à Saragosse.Il était désormais sans ressources, ce qui l'obligea à accepter le poste de Rabbin dans cette ville. Il le garda quatre ans, de 5130 à 5134. Là aussi, son attitude justement intransigeante en matière de Torah et de judaïsme fut pour lui une grande source d'ennuis. De même que son opposition à la Philosophie, si répandue en Espagne à l'époque, et qui était cause de la désaffection de beaucoup de Juifs riches à l'égard du Judaïsme.
Il eut la grande douleur de perdre son fils aîné, un garçon de huit ans qu'il chérissait. Puis ce fut Juda, le jeune frère de Rabbi Isaac, qui mourut, suivi de près par sa mère. Rabbi Isaac décida alors de quitter Saragosse et accepta le poste de Rabbin à Calatand. Mais la communauté de Saragosse n'était nullement disposée à se séparer de lui.
Peu de temps après, quand les chefs de la communauté de Calatand l'eurent libéré de sa promesse, il revint à Valence, sa ville natale, où il fonda une importante Yéchivah. Il y demeura jusqu'en 5151 (1391), année où de terribles attaques contre les Juifs d'Espagne commencèrent. Des dizaines de milliers de ces derniers moururent Al Kiddouche haChem (pour la sanctification du nom de D.ieu) et beaucoup d'autres fuirent du pays. Les plus nombreux furent cependant les Marranos, ces Juifs qui, sous la contrainte, feignirent d'embrasser la religion chrétienne, mais qui, en secret, demeurèrent fidèles aux Lois de la Torah.
Ce fut alors que Rabbi Isaac, en compagnie de beaucoup d'autres Juifs, s’enfuit à Alger. La grande pauvreté dans laquelle il vécut ne l'empêcha pas d'aider du mieux qu'Il put les autres réfugiés. En pays mahométan, les Juifs pouvaient en toute liberté pratiquer leur religion. Cela encouragea un grand nombre de Marranos à s'y rendre.
La communauté juive d'Alger nomma Rabbi Isaac comme son Rabbin. Mais l'un des nouveaux réfugié, désireux de conserver et de renforcer son emprise sur ses coreligionnaires, fit de son mieux pour entraver l'œuvre du Ribache, Finalement, les chefs de la communauté reçurent un document officiel de la main même du Sultan : il reconnaissait Rabbi Isaac comme le seul Rabbin d'Alger, et sans l'autorisation duquel nul ne pouvait devenir un Dayane (juge au tribunal rabbinique) dans la ville.
Plus tard, Rabbi Isaac bar Chécheth, affaibli par l'âge, transmit sa charge a Rabbi Chimchon bar Tzema'h (Rachbats). Celui-ci refusa d'exercer officiellement ses fonctions du vivant de Rabbi Isaac et ce n'est qu'après la mort de celui-ci qu'il devint Rabbin officiel d'Alger.
La tombe du Ribache à Alger, considérée comme un lieu saint, accueillait un grand nombre de fidèles qui se prévalaient de l'Intercession du grand saint qui y repose pour présenter à D.ieu leurs requêtes. Il y a environ cent ans, quand les murs de la ville furent abattus en vue d'agrandir celle-ci, la tombe du Ribache dut être déplacée. On découpa adroitement dans la terre le bloc qui la contenait, et celui-ci fut transporté, sur un véhicule tiré par vingt chevaux, au cimetière d'un village voisin. Presque toute la population Juive d'Alger accompagna le convoi funèbre. L'année d'après, la tombe de Rachbats dut à son tour être déplacée et on la plaça à coté de celle du Ribache. Quelques années plus tard, un tombeau imposant fut élevé au-dessus des deux tombes saintes.
Mis en ligne le 26.02.2014
par Nissan Mindel Extrait du mensuel "Conversations avec les jeunes". Publié par les éditions Kehot, une division de Merkos L'Inyonei Chinuch, Inc.
Le Rabb Ehraïm Aln'Kaoua qui est inhumé à Tlemcen, est l'un des rabbins les plus prestigieux du judaïsme algérien. Par la noblesse de ses sentiments, l'étendue de son savoir, la fascination qu'il exerçait sur sa communauté, il a été considéré en son temps comme " la lumière d'Israël " et, après plusieurs siècles sa mémoire est toujours évoquée avec vénération.
Né en 1359, à Tolède, l'un des foyers rayonnants de la culture juive en Espagne, Ephraïm Aln'Kaoua est le descendant d'une lignée de rabbins talmudistes et thaumaturges. Son père, Rabbi Israël, Grand Rabbin de Tolède, confia l'éducation de son fils à des maîtres éminents qui lui enseignèrent bien des branches du savoir. Lui-même étudia la médecine à l'Université de Palencia (Nouvelle Castille).
Mais après la Reconquista, l'Espagne vivait une époque troublée. Les tracasseries contre les Juifs étaient entretenues par le Tribunal de l'Inquisition. Des flambées d'antisémitisme provoquées par le clergé local contraignirent bien des juifs à la conversion ou à l'exil. Ainsi, en 1390 l'archidiacre Don Martinez Fernand d'Ecija du diocèse de Séville, bien qu'excommunié, lança l'ordre aux clercs du diocèse de démolir les synagogues. A Séville aussi, en 1391, une émeute populaire dirigée contre les collecteurs d'impôts juifs entraîna la mort de deux mille personnes. Le père du Rabb, Rabbi Israël, convaincu de pratiquer en secret le judaïsme, fut arrêté, jugé et brûlé vif. Pour échapper à la persécution, le Rabb Ephraïm avec tant d'autres abandonna l'Espagne et se réfugia au Maroc. Il fut vite adopté par la communauté de Marrakech. Quelques mois plus tard, il quitta cette ville hospitalière pour se rendre à Hanaïm, port où aboutissait la route de l'or et des esclaves, mettant en relation le Soudan à Tlemcen. Le Rabb arriva dans cette ville en 1391, et la légende renchérit en précisant "sur un lion avec serpents pour licol".
Encore que leur présence soit attestée dès le premier siècle avant notre ère, les Juifs de la région de Tlemcen n'avaient pas le droit de cité dans cette capitale des rois Beni-zeyâne. Ils devaient séjourner seulement en banlieue, à Agadir. Un événement fortuit améliora leur situation. Le sultan Abou Tachfine dut faire appel à l'art médical du Rabb Ephraïm car sa fille se trouvait dans un état désespéré. Le Rabb la guérit miraculeusement, il sollicita pour ses coreligionnaires la possibilité d'édifier la première synagogue d'El Khessaline, l'autorisation de séjour pour des juifs d'Espagne, de Majorque, du Maroc. La communauté juive s'installa alors non loin du Méchouar, prospéra, organisée autour de dix-sept synagogues.
Entouré de la vénération générale de la population de Tlemcen, après avoir répandu des marques de sagesse et de sainteté, le Rabb Ephraïm Aln'Kaoua s'éteignit en 1442 à quatre-vingt deux ans. Avec la trentaine de membres de sa famille il repose en un lieu de rêve, prédestiné pour traverser l'éternité, au milieu des jardins où l'on ne peut entrer sans émotion, dans un silence à peine troublé par le piaillement des oiseaux. Au bout d'une allée bordée d'arbres, sur une longue pierre tombale blanchie à la chaux est gravée une vieille épitaphe en hébreu : " Ici repose celui qui fut notre orgueil, notre couronne, la lumière d'Israël, notre chef et maître, versé dans les choses divines, homme miraculeux, le Grand Rabbin Ephraïm Aln'Kaoua. Que son mérite nous protège ".
Son traité philosophique, Chaar Kevod Hachem (A la gloire de l'Eternel), dans la tradition de Maïmonide, nous renseigne sur la finesse de sa pensée, et son testament religieux reste d'une étonnante actualité : " Je vous laisse deux sources : la source d'eau pour fortifier votre corps et la source de la Tora qui symbolise la vie éternelle. La source d'eau offerte par la volonté de D... et la source de la Tora qui demande la bonne volonté de chacun de nous ". La communauté dispersée en France est consciente que les rabbins de Tlemcen demandent pour elle la miséricorde divine.
Rares sont les Tlemcéniens qui ignorent la vie du vénéré Rabb de Tlemcen, même si histoire et légende y donnent souvent libre cours, sans qu'on puisse toujours distinguer l'une de l'autre, les grandes lignes de son existence sont bien connues.
Ce qu'on connaît moins c'est l'action en profondeur menée par le Rabb Ephraïm Aln'Kaoua pour doter sa communauté de toutes les institutions nécessaires à l'existence d'une Kéhila. Cette activité nous est rapportée par le célèbre rabbin voyageur du XVIII ème siècle Haïm Joseph David Azulaï.
Synagogues (17), maisons d'étude, écoles rabbiniques, écoles élémentaires, bains rituels, fours rituels (pour les matzots), maisons de retraite, rien ne devait manquer, grâce aux initiatives persévérantes de son Rabb à la communauté ainsi développée. Mais c'est surtout au Beth-Din, au tribunal rabbinique que le Rabb devait réserver l'essentiel de son attention. Essentiel pour l'exercice des actes religieux - mariages, divorces, abattage rituel - le Beth - Din devait rendre des services remarquables à la communauté de Tlemcen. Désormais, c'est le Tribunal Rabbinique créé par le Rabb qui devait remplir activement son rôle, tant dans les affaires civiles que pénales, pour Tlemcen et pour toutes les communautés environnantes.
A la tête de ce tribunal composé de cinq "Dayanim" (juges) devait siéger Rabbi Yéchoua Halévi Kanfonton. Auteur d'un précieux guide pour l'étude du Talmud : "Les voies de la Guemara" (Darke Haguemara) Kanfonton, qui influença un autre grand maître de Safed, le célèbre Joseph Caro, auteur de notre code des trois Choulkhan Aroukh, fut enterré à proximité immédiate de la famille du Rabb ; sa tombe devait être découverte il y a une cinquantaine d'années par le Dayan de Tlemcen R. Joseph Messas.
Des relations singulières devaient s'instaurer entre le tribunal, l'école du Rabb de Tlemcen et les autres communautés d'Afrique du nord et même de pays plus éloignés. Mais ces relations furent particulièrement étroites avec la communauté d'Alger qui avait pu bénéficier depuis 1392 du guide exceptionnel en la personne de Ribash (Isaac bar Sheshet Barfat, 1326 - 1408) et du Rachbatz (Simon bar Bemah Duran, 1361 - 1444). Ce dernier avait la particularité d'être comme le Rabb de Tlemcen, à la fois rabbin et médecin.
Jusqu'à la fin du XVIII ème siècle, ses descendants devaient jouer un rôle prédominant comme rabbins et dirigeants de la communauté d'Alger. Parmi eux, le petit-fils de Rachbatz, Zehrah B. Salomon Duran devait épouser la petite-fille du Rabb de Tlemcen, fille de Juda Aln'Kaoua, marquant ainsi un lien indissoluble entre ces deux grandes communautés d'Algérie.
L'auteur de ces lignes est heureux d'avoir eu le privilège d'exercer son ministère dans ces deux communautés. Mais c'est à Tlemcen qu'il aura eu ses plus grandes joies, celles de poursuivre et de développer au sein de la synagogue de l'école et de la Yechiva qui portent son nom, l'oeuvre qui fut si magnifiquement commencée en cette fin du XIX ème siècle et pouruivie au fil des siècles.Quelle plus belle satisfaction d'avoir pu, sans relâche, enseigner la Torah à des centaines et des centaines d'élèves, dans cette belle ville de Tlemcen baignée par les sources de la Tafna, mais aussi arrosée par les sources inépuisables de la foi, de la tradition et de culture du Judaïsme.
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/tombeau-tlemcen-2.jpg?fx=r_355_550
La Hiloula (anniversaire de la mort) du Rab est célébrée en même temps que celle de Rabbi Bar Yohaï, le 33ème jour de l’Omer (Lag BaOmer). Grand rabbin vénéré, sa tombe a fait l’objet de pèlerinages.Sur sa tombe est gravée l’épitaphe « Ici, repose, celui qui fut notre orgueil, notre couronne, la lumière d’Israël, notre chef et maître, versé dans les choses divines, homme miraculeux, le grand Rabbin Ephraïm Elnkaoua, que son mérite nous protège…
Pour photos actuelles : http://zlabia.com/forum/read.php?9,4056
Lire article du Pr Albert Bensoussan sur les Juifs de Tlemcen http://www.terredisrael.com/wordpress/?p=14422 et sur le role des rabbins et des leaders communautaires dans l'Algérie de 1830 à 1962 http://www.terredisrael.com/infos/?p=24187
Samuel Aboulher, né à Alger en 1815, était issu d'une famille de notables très anciennement établie en Algérie. Il était l'aïeul d'une lignée de médecins qui se sont illustrés dans ce pays durant la période française. Sur l'acte de naissance de son fils Moïse, né en 1843, il est déclaré comme « sacrificateur ». Âgé de vingt-huit ans, époux de Nejma Narboni, il fait rectifier l'orthographe de son nom qui deviendra Aboulker au lieu de Aboulher.
En 1950, Manitou devient Directeur d’Orsay, Président de l’UEJF et l’aumônier et commissaire général des EEIF. Il participe à la fondation du DEJJ-France et du Centre Communautaire – Poissonnière.
En 1968, Manitou fait son alya à Jérusalem où il crée l’Institut Maayanot.
A la différence, des autres grandes figures de l'école de pensée juive de langue française (André Neher, Emmanuel Levinas, Elianne Amado, Jacob Gordin) Léon Ashkenazi –Manitou, ne se définit pas comme un écrivain, comme un homme de l'écriture, mais plutôt comme un homme de la tradition orale.
Différents ouvrages, portant sa signature sont parus jusqu'à présent, mais il s'agit dans tous les cas de la retranscription, par des disciples, d'un enseignement oral du maître. Car pour Manitou transmettre, enseigner, éduquer, sont des actes de parole, de communication, où s'expriment des pensées, des idéaux, des espérances ; de ce point de vue il est le continuateur d'une longue lignée, des maîtres du judaïsme classique, qui depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours ont privilégié le lien intime, intense, et profond qui lie le « moreh » et le « talmid », le transmetteur du savoir et le disciple.
Pour Manitou comme l'appelaient chaleureusement ses amis en pensant au totem des EEIF, l'éducation juive ne peut plus être de nos jours, une pure et simple répétition de la pédagogie des siècles précédents ; aujourd'hui, pensait-il, nous ne pouvons plus enseigner la Bible et le Talmud, comme nous l'avons enseigné dans le passé, car un événement majeur, révolutionnaire, radical s’est produit au XXème siècle et a changé profondément la nature de l'existence juive : la création de l'État d'Israël, qui marque la fin de ce qu'il appelle « la diaspora du Second Temple », c'est-à-dire la longue période où les juifs cherchent à survivre, dans un exil, dans la dispersion, à travers le monde, après la fin du royaume de Judée de l'an 70.
Nous avons changé de statut historique, car nous ne vivons plus dans l'époque de la « diaspora du Second Temple » mais plutôt à l'époque inédite de « la construction de la Troisième Maison d'Israël »
L'État d'Israël est la pierre fondatrice de cet édifice de l'histoire juive.
Cet enseignement constitue l'intuition la plus originale et la plus profonde.
Il suffit de lire les commentaires des cinq livres de la Torah par Manitou, pour s'apercevoir que cet événement majeur de l'histoire juive, marque profondément son interprétation des textes sacrés. Quand Manitou explique la Paracha « Lekh-Lekha » avec le premier appel divin, au patriarche Abraham, de quitter sa terre natale, pour partir vers Canaan, Manitou y voit le commencement de la longue trajectoire historique d'Israël.
Il lit le texte en se disant : « nos ancêtres sont venus s'installer sur cette terre, où nous avons séjourné durant des siècles. Aujourd’hui, la boucle est bouclée, nous sommes de retour sur notre terre ».
C'est là une lecture existentielle du texte, car pour Manitou les textes de l'écriture biblique s'adressent aux lecteurs juifs, et font appel à leur intelligence, et à leur sensibilité. Tout au long de ses conférences, sur les différentes lectures de la Torah, nous trouvons la même grille interprétative : un livre qui s'adresse à un peuple, et qui établit un lien entre des hommes et une terre, car la terre d'Israël, est pour Manitou une dimension incontournable de l'existence juive.
L'exil a duré trop longtemps et il n'est pas éternel, il ne constitue pas une fatalité à laquelle la nation d'Israël est censée se soumettre avec résignation.
La Gola est juste une épreuve historique.
L’enseignement de Manitou ne s'adresse pas à un cercle de fidèles dévots, engagés dans une stricte religiosité. Il s'adresse à tous les héritiers de la maison d'Israël, car pour Manitou l'existence juive n'est pas une adhésion à une doctrine, à un dogme, ou un rite, elle est l'inscription dans une Histoire, dans un passé, dans un avenir. De façon telle que tous les juifs du monde, quel que soit leur degré d'engagement religieux, sont les héritiers et les continuateurs de ce patrimoine spirituel.
Enseigner pour Manitou c’est s’adresser à tous, dans un langage audible pour tous, il n’enseigne pas dans un langage « yechivatique », dans un langage de culpabilisation, ou de moralisation, mais dans un « langage d'engagement », parfois derrière un humour décapant et avec un don pour la narration.
Formant des générations de disciples, Léon Ashkenazi a marqué le judaïsme et la vie juive de son époque du sceau de son enseignement, de sa personnalité et de son vaste esprit de synthèse.
Raphy Marciano
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/rabbins-d-algerie3.jpg?fx=r_800_496
Commentaires (8)
- 1. | Jeu 18 Sept 2014
mon arrière grand père était rabbin à Alger (période annees 1930 à 1960) mais je ne sais pas dans quelle synagogue.
Il s'appelait Messaoud Arouch
Si vous avait des traces de ce rabbin, merci de m'en informer
- 2. | Lun 18 Août 2014
Il y a des tombes de Rabbins Juifs au cimetière Juif de Saint Eugène à Alger, j'en ai prix la photo d'une tombe d'un de ces Rabbins.
- 3. | Ven 25 Juil 2014
- 4. | Mar 01 Avr 2014
Je vous en remercie par avance.
- 5. | Mar 23 Juil 2013
il apourtant accompli de nombreux miracles!!!
- 6. | Mer 15 Mai 2013
je vous remercie
- 7. | Ven 05 Avr 2013
- 8. | Ven 15 Fév 2013
c'est un honneur pour moi de decouvrir l'histoire des juifs d'algerie.
c'est avec un grand respect et honneur de pouvoir d'abord vous remercier d'avoir ouvert l'acces a cette partie de l'histoire d'algerie et d'algeriens, ensuite de dire oh combien cela serait formidable que les juifs d'algerie puissent vivre heureux parmis leur freres algeriens comme avant.
bon courage.
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/patrimoine-historique/grands-rabbins.html#iVXhG41MueV3fu8Z.99
LIVRES RELIGIEUX JUIFS D'ALGERIE
Avec tous nos remerciements à Myriam CHETRIT-SHEFFER (Hydra/Alger - Paris - Jerusalem) qui nous fait parvenir deux de ses découvertes que nous publions :
- La Haggada d'Alger
Texte transmis par Myriam CHETRIT-SHEFFER (Hydra/Alger - Paris - Jerusalem) :
"C'était au debut mars 2012. Je passais devant le Hebrew Union College- quartier général du Judaisme réformé- et je ne sais pourquoi, j'ai décide d'entrer dans leur fabuleuse bibliothèque. Imaginez qu'ils faisaient le nettoyage de Purim et qu'ils donnaient plein de leurs livres.
Et voila que je tombe sur un livre unique (300 exemplaires dans le monde) "LA HAGGADA D'ALGER " facsimilé de la première Haggada de Pessah imprimée en Afrique du Nord - à Alger en 1855 par les frères Cohen-Solal (ils avaient acquis les lettres hébraiques chez un "Shadar" imprimeur de Jerusalem.
A coté du texte traditionnel de la Haggadah, se trouve la traduction en Judéo-arabe algérois. (en caractères hébraiques également). La copie que j'ai en main est precédée d'un apercu sur les débuts de l'imprimerie juive en Afrique du Nord. Sur la couverture, on voit le mausolée du Ribach et Rachbatz à Alger!
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/tombeauxribachrachbatzalger.jpg?fx=r_600_378
" Cette Haggadah d'Alger 1855 qui se trouvait dans une bibliotheque americaine par le plus grand des mysteres (le Hebrew Union College-Centre mondial du Judaisme reforme) et en quelques minutes, j'ai decouvert une foule de choses sur le debut de l'imprimerie juive en hebreu et en francais en Afrique du Nord, a Alger tres precisemment. Comment vous decrire mon emotion quand j'ai vu la traduction en judeo-arabe en caracteres hebraiques Rachi aux cotes du texte hebraique traditionnel. Avec mes connaissances d'Arabe tres rudimentaires, j'ai meme reussi a comprendre plusieurs mots!
Le nom de Dieu y est traduit par Allah en judeo-arabe! et puis d'autres mots sont carrement de l'Arabe, par exemple Al Masr/Misr=Egypte, ou bien VAYAKUL (le verbe DIRE en arabe).
Je suis ravie de vous faire profiter de ma trouvaille.
Monsieur Simon Darmon (Alger/Jerusalem) en possede, il s'avere, plusieurs exemplaires. shdarmon@gmail.com"
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/debutimprimeriejuive1-1855.jpg?fx=r_427_600
"Cette autre Haggadah, que j'ai trouve chez mes parents a Chevilly, remarquable dans le sens qu'elle temoigne de l' implication du Judaisme algerien dans le destin juif international et mieux encore dans le sionisme deja en 1946 !! Lisez bien les deux dernieres pages que j'ai scannees!
Et puis j'apprends qu'il y avait plusieurs librairies juives a Alger deja en 1946, l'une etant la Librairie Hebraique SEREHEN et l'autre la Librairie Isaac SENANES 14 rue des Marguerites, Alger."
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/haggadanouvellealger1.jpg?fx=r_448_600
image: http://www.judaicalgeria.com/medias/images/haggada-de-gerard-kalfa.jpg?fx=r_448_600
Un autre exemplaire de la Haggada d'Alger conservé par Gerard Kalfa : "La nouvelle Haggada était unique en son genre car elle unissait passé et actualités, exode et shoa, elle était éditée par l'oncle de mon épouse que j'ai bien connu, Félix Sebaoun, né à Alger, décédé à Paris. Elle avait été éditée un peu avant l'indépendance du nouvel état d'Israel que tout le monde nommait alors Palestine juive....." Patrick Benichou
Commentaires (3)
- 1. | Dim 22 Mars 2015
- 2. | Jeu 03 Oct 2013
J en possede un exemplaire..il date des annees 1950
Je sous-estimais sa valeur...
merci
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/patrimoine-historique/livres-religieux.html#TFwHOw2uP9fVhKS7.99
http://www.judaicalgeria.com/pages/communautes-juives-d-algerie/constantine-1.html
COMMUNAUTE DE CONSTANTINE
Pour ouvrir cette page, nous proposons de lire cette belle évocation du quartier juif de Constantine des années 40-50:
Chez mes grands-parents Melki Constantine « Kar Chara », le quartier juif, années 40-50 par Claude SONIGO-SICSIC Cliquer sur le lien suivant :
image: http://static.e-monsite.com/manager/im/files/16/pdf.png?v=533
Histoire des Eclaireurs Israëlites de France à Constantine par Georges Fhal Cliquer sur le lien suivant:[LIRE]
Raymond Leyris et les Juifs de Constantine
Reportage d'il y a une dizaine d'années retraçant l'histoire du célèbre chanteur de la musique andalouse constantinoise Cheikh Raymond Leyris, dit "Tonton Raymond".
Derrière son histoire fabuleuse et tragique à la fois, ce reportage laisse entrevoir la vie des 40 000 Juifs de Constantine.
Témoignages d'Enrico Macias, son fidèle élève ainsi que de nombreux autres intervenants. Merci à Emmanuel Zaoui qui a mis cette video en ligne le 18 août 2013
Documents sur Constantine Par Jean Claude Rosso
Document exceptionnel et très complet à conserver par nos générations futures !!!!!
Ne ratez pas la liste des gens célèbres qui y sont nés Cliquez sur le lien:
image: http://static.e-monsite.com/manager/im/files/16/pdf.png?v=533
Judaïsme à Constantine : les rabbins disparus. Leurs visages, leurs voix
Un film de Serge Allouche
Le retour de Madame STORA à Constantine en 1990
Commentaires (16)
- 1. | Dim 29 Mars 2015
- 2. | Jeu 05 Fév 2015
- 3. | Lun 02 Fév 2015
- 4. | Mar 17 Juin 2014
Étant constantinois nous habitions rue madier à proximité de la rue danremont et la caserne militaire ma scolarité école montesquieu
La 6e lycée daumale ensuite g change le cartable parla valise
- 5. | Mar 20 Mai 2014
- 6. | Mar 20 Mai 2014
- 7. | Dim 18 Mai 2014
- 8. | Ven 02 Mai 2014
Je ne suis pas juive, mais constantinoise. J'aimerais retrouver Nelly Nakache. Nous étions dans les mêmes classes , à l'école Gambetta, entre 55 et 62.
Merci, de m'écrire à mon adresse mail, , si vous avez de ses nouvelles . C'était ma copine et j'ai beaucoup regretté son départ.
Zahia
- 9. | Jeu 01 Mai 2014
- 10. | Dim 20 Avr 2014
- 11. | Lun 07 Avr 2014
descandant de Faradj Nakach né le 25 septembre 1822 à Constantine, lieutenant colonel, décoré de la légion d'honneur le 26 septembre 1871.
Bien cordialement,
Isabelle Terracher
- 12. | Lun 24 Mars 2014
- 13. | Mar 25 Fév 2014
je cherche des juifs ayant vécus dans les Aures , a tilatou , mac-mahon mais surtout à batna.Est qu'il y aurait encore des juifs à Batna?
je charche egalement le docteur ELIE qui a servi a Mac-mahon jusqu'à l962.Qu,est -il devenu , lui et sa famille?
merci.
- 14. | Lun 06 Jan 2014
- 15. | Lun 07 Oct 2013
Recordman du monde du 200 m papillon en 1941
Recordman du monde au relais 3 x 100 m 3 nages en 1946
Recordman d’Europe du 100 m papillon en 1941
Recordman de France du 400 m papillon en 1943
Recordman de France au relais 4 x 200 m nage libre en 1946, en 9’ 28" 2
Champion de France du 100 m nage libre en 1935, 1936, 1937, 1938, 1941 et 1942
Champion de France du 200 m nage libre en 1937, 1938, 1941 et 1942
Champion de France du 200 m papillon en 1938, 1941, 1942 et 1946
Champion de France du 400 m nage libre en 1942
Champion de France au relais 4 x 200 m nage libre en 1937, 1938, 1939, 1942, 1944 à 1952 (soit 13 titres, dont 9 consécutifs !)
Champion du monde universitaire du 100 m nage libre en 1936
Champion d’Afrique du Nord du 100 m nage libre en 1931
Médaille d'argent aux Maccabiades de 1935, sur 100 m nage libre
Jacques Nakache
- 16. | Jeu 13 Juin 2013
Pouvez vous rajouter dans vos lien , l'adresse du Site de l'AJOC ( Association des Juifs Originaires du Constantinois ) Ci joint l'adresse :http://ajoc.fr/sitejoomla/
Bien Cordialement
Jacques Nakache
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/communautes-juives-d-algerie/constantine-1.html#TCSjTtV4TxX4us2c.99
CONSTANTINE
Credit photo : Stéphanie Comfort Jewishpostcardcollection.com
de 27 arches, sa portée principale est de 70 mètres à l'endroit où il enjambe les gorges, sa longueur totale est de 447 mètres, sa
largeur de 12 mètres et la grande arche culmine à 102,50 mètres au-dessus des flots de l'Oued Rhumel. (source: Bulletin SGN 2008)
Ferdinand Arnodin, sa contruction s'est achevée en 1912 et inauguré en même temps que le pont de Sidi Rached. Sa largeur est de
5,80 mètres, sa longueur de 160 mètres pour un poids de 17 tonnes, il enjambe l'Oued Rhumel à 175 mètres au-dessus des flots.
Collection privée
Collection privée
En savoir plus sur http://www.judaicalgeria.com/pages/constantine.html#Jofv3PYqcYk6fLx6.99
http://www.judaicalgeria.com/pages/constantine.html
http://www.constantine.fr/
http://www.algeriemesracines.com/index.php
http://bu.umc.edu.dz/theses/francais/BOU1094.pdf
http://lesjuifsdeconstantine.com/
http://lesjuifsdeconstantine.com/images/les_rues_de_constantine/Rue_Thiers/resizedimages/photo%20du%20petit%20pont%20de%20la%20rue%20Thiers.jpg
http://lesjuifsdeconstantine.com/index.php/nos-musiques/9-nos-musiques/6-les-videos-d-enrico-macias
Le Midrach (rue Thiers)
http://lesjuifsdeconstantine.com/
Les Juifs de Constantine
Nos souvenirs les plus chèrs
Le Local de la Gniza
(Photos de la Gniza de Jacques Nakache)
Cheikh Raymond Leyris
Il œuvra pour la paix entre les communautés musulmanes et juive de Constantine.
Il est assassiné le 22 juin 1961 sur la Place Négrier de Constantine au milieu du marché juif.
Commentaires
est ce qu'on peut avoir l'enregistrement de la chanson dédiée au Bey Salah chantée par le cheikh RAYMOND. Amicalement
Croquets
Ingrédients :
- 1kg de farine
- 6 œufs
- 1 zest de citron
- 2 sachets de levure (alsacienne ou autre marque)
- 2 sachets de sucre vanille
- 1 verre d'huile
- 250 gr de sucre semoule (on peut en mettre un peu moins)
- 250 gr d'amandes avec la peau, a griller, dorer au four et a piler grossièrement
Préparation:
- Mélangez tous les ingrédients ensemble et incorporez les morceaux d'amandes.
- Formez des pains moyens.
- Aplatir légèrement avec une fourchette.
- Dorez les pains avec un jaune d'œuf.
- Les enfournez à 180° (th6) environ 10 minutes.
- Les sortir à peine dorés et les couper en biais avec un couteau électrique.
- Poser les tranches, coté mie, sur la plaque et continuez à les dorer au four moyen à 180° (th6).
(Recette de joelle halimi roos)
Tombe de Sidi Fredj Halimi
Sidi Fredj Halimi, né le 23 octobre 1876 à Constantine en Algérie, et mort dans cette ville le 25 septembre 1957.
Il a occupé le poste de grand rabbin de Constantine pendant une soixantaine d'années au début du xxe siècle.
http://www.algeriemesracines.com/evenements-famille/constantine-2005-pierre-gozlan.php?idfamille=pierre-gozlan-constantine
http://lesjuifsdeconstantine.com/index.php/histoires/19-histoires/60-5-aout-1934
Retour au pays: Constantine 2005
Plus aucune comparaison avec ce que j'ai connu.
Plus aucune synagogue a survécu une des plus belles "l'Algéroise" la mienne, a été complètement rasée.
Alors que cette ville possédait une très grande communauté Juive, mondialement connue depuis des millénaires, il ne reste plus aucune trace de notre civilisation. Seul, le cimetière Juif reste comme témoignage.
Les rues pullulent et sont noires de monde, c'est très difficile de se frayer un chemin entre cette surpopulation et le nombre considérable de voitures où personne ne respecte rien.
La misère est partout sauf aux étalages des marchés et des souks, la pollution de la cité est galopante et l'érosion des ponts et des immeubles n'est pas prise en compte.
Mais malgré tout ce changement, il fallait que je retourne là-bas, pour me rendre compte de visu et revoir au moins une fois la maison de mes parents et le quartier où j'ai vécu durant vingt ans.
Le groupe d'amis que nous étions a été très bien reçu et j'ai revu plusieurs personnes que mon père et moi connaissions, j'ai pu ainsi partager de très bons moments avec mon copain de classe, poète ancien prof de français, et apprécier la musique de Raymond, interprété par le Malouf. Très émouvant!
Depuis, j'ai retrouvé la trace d'une douzaine d'anciens élèves et instituteurs (1949).
J'ai pu revoir la maison de mes parents et celles de mes grands parents, la maison de Gaston (E. Macias) qui se trouvait juste à côté de la nôtre.
J'ai aussi redécouvert le gôut des beignets chauds au matin (ftaïrs) de mon enfance; le pont suspendu de Sidi Mcid dominé par le monument aux morts, le pont Sidi Rached, et tous les autres ce qui fait la beauté et l'orgueil de Constantine.
A la visite du palais du Bey, nous avions découvert une plaque de marbre représentant les tables de la loi de Moïse, lorsque je suis arrivé le lendemain pour dire au conservateur du musée de la protéger, je l'ai découverte brisée en 28 morceaux, cela prouve la haine persistante de certains arabes extrémistes contre nous. J'ai pu la reconstituer et alerter les pouvoirs publics qui m'ont assuré qu'après restauration elle serait exposée au musée. Une enquête avait été ouverte, et l'intégriste avait été emprisonné.
Un autre groupe s'en va là-bas, cette année je l'ai chargé de vérifier si réellement la plaque se trouve au Musée.
Ce voyage, a été pour moi, une révélation et un retour aux sources, malgré certaines contrariétés, j'ai eu de merveilleux moments avec mes amis Européens et Musulmans emplis d'une profonde émotion. Non je ne regrette rien!
Enfin, aujourd'hui, je sais!
Depuis tout ce temps là, je n'avais jamais oublié Constantine et jusqu'à ma mort, je ne l'oublierai pas!
5 août 1934
Né d’une échauffourée banale entre un juif et un petit groupe de musulmans, le massacre de Constantine cause la mort de 28 juifs et instaure l’état d’urgence dans les communautés juives algériennes.
Les origines
La propagande antisémite relayée par des militants venus de métropole ou issus de la population
coloniale incite, au début du XXe siècle, les masses algériennes musulmanes à s’en prendre aux
juifs, alors que des rancoeurs nationalistes et religieuses ont resurgi après la promulgation du
décret Crémieux en 1870. Les musulmans sont amenés à regarder les communautés juives de
leur pays d’un œil jaloux et à leur envier leur situation économique, résultat de leur statut de
citoyen français.
Des émeutes au pogrom
Le 3 août 1934, une échauffourée entre un zouave juif pris de boisson et un petit groupe de
musulmans éclate à l’intérieur de la cour d’une mosquée célèbre de Constantine, la Sidi Lakhdar.
Accusé d’avoir souillé le lieu, le juif est pris à partie et une foule d’émeutiers prend la direction du
quartier juif de la ville. Des passants juifs sont agressés, des vitrines de magasins saccagées,
jusqu’à l’intervention des autorités au lendemain des actions antisémites. La mort d’un musulman
au cours de la répression enflamme les passions et ni les prêches des grandes personnalités
juives et musulmanes de Constantine, ni les injonctions des autorités ne permettent d’endiguer la
fureur croissante des masses populaires. Le lendemain (5 août), des bandes armées investissent
le quartier du Marché. Des coups de feu sont tirés et des rixes éclatent en pleine rue. Des
émeutiers, qui ont investi des maisons juives, égorgent leurs occupants alors que les soldats et
officiers présents sur les lieux restent inactifs, suivant les consignes de non-interventions édictées
par leurs supérieurs.
Bilan du massacre
Le retour du député-maire Morinaud à Constantine, en début d’après-midi, ne peut changer les
conséquences tragiques des atrocités déjà perpétrées. On dresse le bilan :
On dénombre 28 morts, parmi lesquels un grand nombre de femmes, d’enfants et de vieillards.
Les dommages s’élèvent à 150 millions de francs-Poincaré et le nombre total des sinistrés est
estimé à 1777 personnes.
(Source: Akadem)
Place de la brèche
En été, tout le monde venait déguster des créponnées sur l'esplanade! Il y avait un perroquet chez un des deux marchands de glace qui disait : " Une glace pour Jacquot"
Une pensée pour trois de nos jeunes Gilles GUENASSIA, Jean Jeanot Halimi, et Charly NAKACHE tombés en ce lieu le samedi soir 31 Aout 1956.
Cheikh Raymond Leyris
Il œuvra pour la paix entre les communautés musulmanes et juive de Constantine.
Il est assassiné le 22 juin 1961 sur la Place Négrier de Constantine au milieu du marché juif.
Commentaires
pour l'instant j'ai reussi a reconstituer une liste des synagogues existantes jusqu'en 1962. si vous en connaissez d'autres,rajoutezlesa cette liste
1-synagogue rav Chlomo Amar, appelee aussi synagogue du palais de justice
2-Sla Messaoud (Zerbib)
3-synagogue de rite algerois
4-synagoguede Sidi Baha
5-synagogue de Sidi Binyamin
6-les deux synagogues appelees les jumelles
7-synagogue des ecuries
8 et 9-synagogues Amidrach la "Gedida" c'est a dire la"nouvelle" et kadima
10-synagogue Nathan (Toubiana)
11-synagogue Sidi Mabrouk
Voila je decouvre constantine et la synagogue de mon pere ZERBIB DANIEL qui est decedé en 2010. Nous habitions au 44 rue thiers et la encore , j'ai vu les photos de cet immeuble dont j'ai tellement entendu parlé de puis mes plus jeunes années pour le decouvrir ce soir . Donc si vous avez eu affaire à ma famille, n'hesitez pas ma mere ( fille recca ) est toujours avec nous et cela lui fera plaisir
Je suis un pied noir de Constantine,de religion protestante.Je suis né Bd Victor Hugo.
En 2014,je vais créer un site sur Contantine de 1830 à1962.Il y aura 4000 illustrations de différentes epoques que j'ai pu acheter en 10 ans.(cartes postales,photos...)Pour info:combien y avait-il de synagogues avant l'independance?Y en avait-il une à Sidi Mabrouk?
Merci pour la reponse.
JM Leray
PS:j'ai tout ce qu'il faut sur les autres édifices religieux
Raphael Doukhan etait Rabbin Slat Djeda - rue damrémont synagogue de mon grand pere maternel