الخميس، سبتمبر 13

الاخبار العاجلة لغلق محلات اسبرينو في شارع بودربالة بوسط مدينة قسنطينة بسبب افلاس جيوب بؤساء قسنطينة والاسباب مجهولة

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الاخبار العاجلة لغلق  محلات  اسبرينو  في شارع بودربالة  بوسط مدينة قسنطينة بسبب افلاس  جيوب  بؤساء قسنطينة والاسباب  مجهولة



Zoubida Assoul est une figure politique qui s’affirme dans le paysage politique. Avec son franc-parler et son audace à «nager» à contre-courant, la cheffe du parti l’Union pour le changement et le progrès (UCP) – fondé en 2013 – est une femme politique pugnace, prête à en découdre.

Malgré son arrivée «tardive» sur la scène politique, Zoubida Assoul est une battante aguerrie. Magistrate à 24 ans et inspectrice à la chancellerie à 32 ans, la native de Khenchela n’est pas du genre à courber l’échine. Son insoumission aux injonctions lui a valu une mise à la retraite alors qu’elle n’avait que 42 ans. Animée par la flamme de la justice, comme elle aime se définir, elle passe de l’autre côté de la barrière en devenant avocate.

Elle poursuit sa reconversion en s’impliquant directement dans la vie politique avec la création du parti qu’elle dirige depuis 2013 pour élargir le champ de la «Défense». Adversaire farouche des islamistes, Mme Assoul est une laïque assumée.

Opposante ouverte au régime politique en vigueur, elle préconise un changement radical de la gouvernance nationale. «L’Algérie est malade de son système de gouvernance qui se caractérise par son opacité et la centralisation du pouvoir, le refus du partage des pouvoirs, la cooptation» (…), analyse-t-elle dans cet entretien…

Votre parti, l’Union pour le changement et le progrès, est partenaire de l’initiative politique «Citoyenneté». quelle est l’ambition de cette démarche ?

Depuis sa fondation, notre parti est porteur d’une vision qui projette l’Algérie sur les cinquante prochaines années basée sur un état des lieux objectif et des propositions concrètes et novatrices de sortie de crise qui mettent l’humain et son bien-être au cœur de son projet.

C’est pourquoi et au bout de toutes ces années de travail, nous avons compris que l’œuvre du changement est titanesque et complexe. Elle nécessite la mobilisation de toutes les bonnes volontés où qu’elles se trouvent afin d’arriver à une implication citoyenne pour réussir ce challenge.

Mouwatana, comme son nom l’indique, est le dénominateur commun à tous et toutes et signifie la responsabilité de chacun de prendre son destin en main. Notre ambition avec l’ensemble des membres de l’instance de coordination de Mouwatana est l’implication du plus grand nombre de partis politiques, des élites, des associations et syndicats et des citoyens et citoyennes pour redonner confiance au peuple et lui permettre d’être acteur dans l’action politique et montrer la voie à une autre alternative de sortie de crise dans notre pays.

Sur le terrain, le mouvement n’a pas eu l’écho escompté, l’adhésion citoyenne n’est pas au rendez-vous…

Je pense que votre jugement est un peu expéditif. Notre mouvement est né au mois de juin dernier et depuis il a marqué beaucoup de bons points. Il a déjà proposé la saisine du Conseil constitutionnel pour l’anticonstitutionnalité de la loi et le décret non publiable relatif aux manifestations et marches pacifiques adressée aux groupes parlementaires des partis politiques de l’opposition ; il a adopté et publié sa charte des valeurs et des principes.

Il a cassé l’interdiction de sit-in sur Alger et a tenté une rencontre de proximité avec les citoyens à Constantine qui a été empêchée et réprimée par les autorités locales. Mais cela ne diminue en rien la détermination des dirigeants et militants du mouvement, puisque ce dernier s’inscrit dans la durée pour un changement pacifique et intelligent.

A quelques mois seulement de l’élection présidentielle qui doit avoir lieu en avril 2019, la classe politique ne semble pas emballée par cette échéance… Pourquoi, selon vous ?

En effet, c’est toute la vie politique qui est asphyxiée en raison des pratiques du pouvoir en place, notamment les restrictions des libertés, et le spectre du 5e mandat du Président. Alors que le 4e mandat en cours est chaotique pour le pays. Aujourd’hui, le président Bouteflika constitue un blocage réel de la vie politique en Algérie en raison de la concentration de tous les pouvoirs entre ses mains, consacrée par le dernier amendement en 2016 de la Constitution.

Et bien mieux, il a introduit un article qui l’empêche de déléguer ses pouvoirs à quiconque. Le pouvoir personnel engendre le totalitarisme. La conséquence est que l’Algérie n’a plus de maître à bord. Sinon, comment expliquer qu’une grève des médecins résidents qui a duré sept mois n’a pas trouvé de solution ? Au plan économique, on opère des choix hasardeux sans vision, corruption généralisée, déliquescence du service public, médiocrité consacrée…

Toutes ces raisons font que le citoyen a perdu confiance en la politique et en son Etat. Cette ambiance dominante ne favorise absolument pas l’exercice politique au sens noble du terme

Le pays est ébranlé par des scandales en cascade, le dernier en date est la saisie d’une grande quantité de cocaïne… Cela révèle quoi  de votre point de vue ?

Le dernier scandale du cocaïnegate a montré la fragilité des institutions de l’Etat et la possibilité de pénétration de réseaux internationaux dans le pays à travers l’implication directe ou indirecte de plusieurs personnalités de haut rang dans nos institutions. Cela nous amène à dire que l’heure est grave et nous devons agir pour sauver le pays en reconstruisant des institutions fortes et solides.

De quoi l’Etat algérien est-il malade ?

L’Algérie est malade de son système de gouvernance qui se caractérise par son opacité et la centralisation des pouvoirs, le refus du partage (des pouvoirs) de manière équilibrée et la cooptation comme mode de choix aux postes de responsabilité de manière à créer une clientèle gravitant autour de lui et barrer la route devant la compétence. C’est pourquoi Mouwatana propose une alternative politique de changement de système de gouvernance qui permettra la construction de l’Etat de droit et des libertés.

Vous êtes une ancienne magistrate et inspectrice à la chancellerie… Partant de votre expérience et surtout des textes en vigueur, la justice est-elle réellement indépendante, comme l’affirme le gouvernement ?

Dans notre pays, la justice est passée par plusieurs étapes. D’abord par la fonction judiciaire où les juges exerçaient leur métier sans trop d’intervention de la tutelle.

Ensuite et après l’amendement de la Constitution de 1989 il y a eu la concentration des pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire et pour la première fois il y a eu le statut des magistrats et le Conseil supérieur de la magistrature a vu le jour afin d’assurer la gestion de la carrière des magistrats en termes de promotions, de mutations et de discipline et à la fin la mainmise du ministre de la Justice et donc du pouvoir exécutif.

Cela n’a pas duré trop longtemps, puisque l’ensemble des magistrats sont nommés par le président de la République et surtout les postes de chefs de juridictions tels que les présidents et procureurs généraux de la Cour suprême, des cours d’appel, du Conseil d’Etat, des tribunaux administratifs et des tribunaux. La présidence du Conseil supérieur de la magistrature par le président de la République. Depuis sa maladie, c’est le ministre de la Justice qui, statutairement, se substitue au Président.

En plus de ces éléments juridiques, il y a le traitement de beaucoup de dossiers qui ont un caractère politique, tels que l’affaire Khalifa Bank, l’autoroute Est-ouest, Sonatrach 1 et 2 qui démontrent que la justice n’était pas impartiale et que beaucoup d’interférences politiques ont empêché la justice d’être rendue dans la sérénité. Donc, l’indépendance de la justice dont parle le gouvernement n’est qu’un slogan qui ne trouve pas sa traduction sur le terrain.

Aux côtés de l’interférence du pouvoir exécutif dans le judiciaire, il y a un nouveau pouvoir qui est entré dans la danse, celui de l’argent sale. Et l’affaire de «Kamel El Bouchi» en est la parfaite illustration. C’est pourquoi il est impératif de réformer et moderniser la justice de manière à garantir sa totale indépendance.

Comment sortir de cette impasse et que préconise votre parti ?

La sortie de l’impasse ne peut se faire que si on sort du pouvoir personnel et de l’homme providentiel pour aller vers une alternative politique concertée et consensuelle de manière à aboutir à une Constitution consensuelle pour l’Algérie non pas pour un homme ou un parti.

Une Constitution qui consacre l’Etat de droit et des libertés, la séparation et l’équilibre des pouvoirs, l’indépendance de la justice en confiant la présidence du Conseil supérieur de la magistrature à un magistrat de haut rang élu par ses pairs afin de soustraire la justice des mains du pouvoir exécutif, de réformer l’école, libérer toutes les initiatives et faire participer notre diaspora à l’effort de reconstruction du pays, notamment dans la recherche, l’innovation et les nouvelles technologies…

Il y a urgence de revoir l’ensemble des lois qui régissent la pratique politique : loi électorale, loi sur l’information et l’audiovisuel, loi sur la publicité, loi sur les associations et syndicats…

Un compromis politique est-il possible  et sur quelle base doit-il s’élaborer ?

Je pense que la gravité de la situation que vit notre pays nécessite un compromis politique qui doit s’articuler autour d’une feuille de route définissant avec précision les réformes politiques et institutionnelles profondes qui permettent une gestion transparente et responsable à travers un candidat consensuel.

Ce dernier aura la charge de mettre en pratique avec l’ensemble des partenaires politiques cette feuille de route, et qui mènera, au bout de ce mandat 2019-2024, la reconstruction de l’Etat de droit et des institutions qui travailleront pour le développement durable tant attendu par le citoyen depuis si longtemps. Il suffit que tout le monde mette l’intérêt de l’Algerie au-dessus de ses intérêts et calculs personnels pour arriver à un compromis intelligent qui permettra de sauver le pays.


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