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الاخبار العاجلة لاضافة الصحافية كلمة نساء لشعار بومدين الخالد لتصبح ان الدولة لاتزول بزوال الرجال والنساء ويدكر ان الصحافية ازدهار اكتشفت ان بومدين احتقر نساء السلطة والاسباب مجهولة
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الاخبار العاجلة لاكتشاف الصحافية ازدهار ان الجزائريين محظوظين بالاحتفال بالسنة الميلادية والسنة الهجرية والسنة الامازيغية والاسباب مجهولة
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الاخبار العاجلة لاكتشاف مستمعي قسنطينة ان المتقاعد بن زقوطة اصبح صحافي باداعة قسنطينة حيث نقل تصريحات المواطنة المتعددة حليمة تواتي في اطار احتفالات السنة الفلاحية الجزائرية ويدكر ان اداعة قسنطينة تعيش فوضي اعلامية وادارية وسياسية والاسباب مجهولة
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الاخبار العاجلة لاكتشاف مستمعي قسنطينة المواطنة حليمة تواتي المتعددة المواهب الاعلامية والثقافية حيث اصبحت مواطنة شاوية من خنضلة صباحا ومادحة لوالي قسنطينة مساءا وبنت باردو ليلا وضحية الوالي بوزضياف تاريخيا ويدكر ان حليمة تواتي تسثتمر في لقب تواتي المقرب من رئاسة الجمهورية لحفظ الامتييازات ومن غريب الصدف ان حليمة تواتي تتقن فنون الابداع الثقافي فهي روائية وقاصة وشاعرة ومسرحية ومؤرخة ومواطنة صالحة ومديعة وسياسية وشر البلية مايبكي
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الاخبار العاجلة لاحتفال اداعة قسنطينة بالسنة الامازيغية الشاوية حيث ركزت اغلب المداخلات على اعتبار الشاوية لغة الجزائريين الاحرار ويدكر ان اغلب عمال اداعة قسنطينة منقسمين بين القبائل الكبري والشاوية وشر البلية مايبكي
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الاخبار العاجلة لمنح الدولة الجزائرية الوظائف الاجتماعية لابناء القبائل في الاداعات المحلية وشركة سوناطراك والسفارات الاجنبية ويدكر ان شعب القبائل الكبري يطالب باعتراف رسمي بالشعب الامازيغي وليس بالطعام الامازيغي والاسباب مجهولة
Comment est né le
calendrier amazigh ?
9 janvier 2016 Histoire
Dans quelques jours, nous allons fêter le jour de l’an amazigh : Yennar
(Yennayer) 2966. Une fête commune à toute l’Afrique du nord, célébrée
chaque année avec la même ferveur, aussi bien dans les régions
berbérophones qu’arabophones.
Les rites qui accompagnent le nouvel an berbère, peuvent être ramenés,
d’après Jean Servier , à quatre idées principales : écarter la famine,
présager de l’année à venir, consacrer le changement de cycle et
accueillir sur terre les forces invisibles.
D’après le même auteur, les berbères avaient leur propre calendrier : «
il rythme la vie de la terre par les variations de la végétation. Le
temps entre deux saisons est compté en révolutions de la lune, un cycle
complet ou une grande saison est la période qui va d’un solstice à
l’autre ». En Kabylie, ces périodes sont appelées « Tibburin ussegwass »
: les portes de l’année [1].
Ce calendrier primitif, rythmait la vie agraire chez les berbères et
débutait avec les labours. Dans le pays chaoui, l’automne est appelée «
Tamanzuth » : la Première [saison].
Ce calendrier sera abandonné peu à peu au profit du calendrier julien,
qui offrait un cadre plus commode dans lequel s’inscrivaient les grandes
étapes du cycle annuel de la végétation. Ce calendrier a conservé,
déformé par les parlers locaux, les noms latins des mois, Yennayer (ou
Yennar , ennaïr etc.) correspond au mois d’Ianiarius (janvier), Yebrir à
Aprilis (avril), ctember à september (septembre) ou Jamber à December
(décembre) [2].
D’où vient la fête de Yennayer ?
Yannayer et le «Ianiarius» romain, mois dédié au dieu Janus, divinité
des seuils, il symbolise le renouveau. Cette fête du Nouvel An romain
est également appelée “calendes de Janvier“.
Calendrier de Thysdrus , mois de janvier .
Calendrier de Thysdrus , mois de janvier .
Il existe plusieurs sources anciennes qui attestent que les “calendes de
Janvier” étaient célébrées jadis en Afrique du nord. Le premier qui
évoque le sujet fut Tertullien (env. 150 – env. 230). Ce rigoureux Père
de l’Église, de souche berbère, s’indigna contre les réjouissances qui
eurent lieu chaque année à Carthage pour célébrer les calendes de
Janvier, la plupart des Chrétiens écrit-il, “se sont persuadé qu’il
était pardonnable d’agir comme les païens (…) Était-ce en célébrant les
saturnales et les kalendes de janvier qu’il [l’Apôtre] plaisait aux
hommes? (…) [Il] est interdit de suivre les superstitions païennes…“. Un
siècle et demi plus tard c’est Saint Augustin d’Hippone (354-430) qui
fustigera le Ianiarius dans son célèbre “De Civitate Dei contra paganos”
(La Cité de Dieu contre les païens).
Enfin, une fresque murale retrouvée sur le site de l’antique Thysdrus
(El Jem, Tunisie) et datée entre 222 et 235, représente, dans la salle
6, les quatre saisons et les mois. La figure symbolisant Ianiarius
représente deux hommes se donnant l’accolade, embrassades pratiquées à
l’occasion du Nouvel An .A l’arrière-plan on distingue « des branches,
une galette, le reste étant des fruits, peut-être une figue, une poire,
une pomme » [2]. La consommation de fruits, frais si possible, constitue
une marque des repas du Nouvel An latin. Ce qui prouve, que les
calendes de Janvier étaient pratiquées en Afrique du nord à cette
époque, comme dans tout le pourtour méditerranéen.
L’adoption des paysans berbères du calendrier julien
La première trace formelle de la transmission du calendrier julien latin
chez les lettrés arabophones musulmans se rencontre dans le célèbre
Calendrier de Cordoue [3]. Cet ouvrage est composé en 961 par Recemundo,
évêque chrétien d’Elvira également connu sous le nom arabe de Rabî ibn
Zayd, conseiller et diplomate à la cour des califes de Cordoue. Ce
calendrier composé en arabe (traduit en latin au XIIème siècle) reprend
la division romaine du temps (calendrier julien), à laquelle vient
s’ajouter un traité arabe de météorologie populaire. Le Calendrier de
Cordoue indique pour chaque mois les différentes fêtes chrétiennes, les
grands aspects météorologiques du mois, les principaux événements
agricoles qui le rythment ainsi que l’alignement des constellations
astrales.
Cet ouvrage va avoir une grande influence sur les savants musulmans
d’Andalousie. En effet, ces derniers reconnaissent que le calendrier
solaire julien permet de suivre les saisons (déterminées par le
mouvement de la Terre autour du soleil) contrairement au calendrier
lunaire musulman. Abû Zakariyâ ibn al-Awwâm avec son célèbre traité
d’agriculture “Kitâb al Filaha” rédigé en 1175, va reprendre la plupart
des descriptions du calendrier de Cordoue. Le traité se base sur le
calendrier julien pour décrire le déroulé de l’ensemble des activités
agricoles de l’année, le faisant correspondre en permanence avec les
calendriers syrien, persan et hébreu. C’est de cet ouvrage
encyclopédique andalou que sont entrés dans le vocabulaire nord-africain
des termes tels que lyali ou smayem (mots syriaques qu’on aurait tort
de considérer comme arabe) [4].
A partir du XIIIème siècle des lettrés berbères a travers des traités
d’astronomie vont introduire le calendrier julien en Afrique du nord.
Abu Miqra al Battawi, originaire du Rif (Maroc actuel), est l’auteur
d’un ouvrage sur l’astronomie contenant notamment un poème didactique
sur le calendrier. Al Akhdari (1512-1585), un chaoui natif de Biskra,
rédige un traité entièrement consacré aux calendriers, là encore sous
forme de poème didactique. Cet ouvrage servira de référence à tous les
savants nord-africains. [5]
Au XVII siècle, un autre scientifique berbère, en la personne d’Assusi(
mort en 1679) compose un traité Nazm al Mumti fi Sharh al-Muqni qui
permet notamment de “déterminer quel jour tombe le 1er janvier d’une
année quelconque” [6].
Le calendrier julien (comme la fête de Yennayer qui l’accompagne) a été
largement diffusé en Afrique du nord grâce à ses ouvrages d’astronomie
populaire et d’astrologie, puis par les Tolba au sein des masses
rurales. Ces traditions astronomiques savantes vont être simplifiées et
conservées par la mémoire populaire , sous forme de dictons et
d’aphorismes. [7]
D’où vient le chiffre 2966 ?
Si le calendrier amazigh paraît plus ancien que le calendrier grégorien,
sa création n’en est pas moins récente. Elle remonte à l’année 1980 et
on la doit au grand militant chaoui Ammar Negadi.
La création d’une « ère berbère » était un désire qui a toujours caressé
l’esprit des premiers militants berbéristes nord africains. Une telle
innovation constituerait un acte d’affirmation d’une Nation amazighe,
dont l’Histoire est niée par les gouvernements postcoloniaux nord
africains.
À l’image de l’ère chrétienne qui commence à partir de la naissance du
Christ, et le calendrier musulman (de l’hégire) qui a pour point de
départ l’exil du prophète de la Mecque vers l’oasis de Médine, il
fallait au concepteur du calendrier amazigh trouver un évènement
marquant dans l’histoire du peuple amazigh, un fait historique
incontestable pour en faire le point zéro du calendrier. Le choix de
Ammar Negadi s’est porté tout naturellement sur l’an 950 avant
Jésus-Christ.
Le premier calendrier berbère crée par Ammar Negadi
Le premier calendrier berbère crée par Ammar Negadi
Cette date correspond à la l’installation du roi berbère Chachnaq 1er
(orthographié également Chichnaq, Chichneq, Sheshonq …) sur le trône de
l’Egypte et la fondation de la XXIIème dynastie qui régna sur l’Égypte
jusqu’à l’an 715 av. J-C.
Ce roi berbère avait réussit à unifier l’Egypte pour ensuite envahir la
Palestine. On dit de lui qu’il s’empara des trésors du temple de Salomon
à Jérusalem. Cette date est mentionnée dans la Bible et constitue
par-là-même, la première date de l’histoire berbère sur un support
écrit.
Après avoir trouvé la date/repère de l’ère berbère, Ammar Negadi
s’attaqua à la conception du calendrier qu’il publiera en 1980 par son
association Tediut n Aghrif Amazigh (Union du Peuple Amazigh –UPA-). Il
dira à ce propos : « Le calendrier, très simple et très modeste, à la
mesure de nos moyens à ce moment-là, se présentait de la façon suivante :
il était à la fois manuscrit et dactylographié, au format 30 x 42 cm,
en son centre, sur les ¾ du haut il représentait un Tergui prêt à
dégainer son glaive, l’écriture et le dessin étaient en bleu indigo»
[8].
Jugurtha Hanachi
Note :
[1] Jugurtha Hanachi , Aux origine de la célébration de Yennayer , Le
matin Dz .
[2] FOUCHER Louis. “Le calendrier de Thysdrus”, Antiquités africaines,
p. 72 .
[3] Annotations PELLAT Charles, Le Calendrier de Cordoue, Leiden, Brill,
1961.
[4] Yidir Plantade , « Yennayer en Afrique du nord : histoire d’un mot
», Tamazgha.fr.
[5] Ibid.
[6] “Rapport du commandant Ganen”, Paris, Revue du monde musulman, 1909,
p. 516.
[7] « Les Portes de l’année : Rites et symboles, l’Algérie dans la
tradition méditerranéenne », Jean Servier (1962).
[8] “S H E S H N A Q et le calendrier Amazigh” Ammar Negadi,
aureschaouia.free.fr.
Copyright (C) www.facebook.com/Inumiden . Read more at : http://www.inumiden.com/origines-du-calendrier-amazigh/ .
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http://www.inumiden.com/origines-du-calendrier-amazigh/
Comment est né le
calendrier amazigh ?
9 janvier 2016 Histoire
Dans quelques jours, nous allons fêter le jour de l’an amazigh : Yennar
(Yennayer) 2966. Une fête commune à toute l’Afrique du nord, célébrée
chaque année avec la même ferveur, aussi bien dans les régions
berbérophones qu’arabophones.
Les rites qui accompagnent le nouvel an berbère, peuvent être ramenés,
d’après Jean Servier , à quatre idées principales : écarter la famine,
présager de l’année à venir, consacrer le changement de cycle et
accueillir sur terre les forces invisibles.
D’après le même auteur, les berbères avaient leur propre calendrier : «
il rythme la vie de la terre par les variations de la végétation. Le
temps entre deux saisons est compté en révolutions de la lune, un cycle
complet ou une grande saison est la période qui va d’un solstice à
l’autre ». En Kabylie, ces périodes sont appelées « Tibburin ussegwass »
: les portes de l’année [1].
Ce calendrier primitif, rythmait la vie agraire chez les berbères et
débutait avec les labours. Dans le pays chaoui, l’automne est appelée «
Tamanzuth » : la Première [saison].
Ce calendrier sera abandonné peu à peu au profit du calendrier julien,
qui offrait un cadre plus commode dans lequel s’inscrivaient les grandes
étapes du cycle annuel de la végétation. Ce calendrier a conservé,
déformé par les parlers locaux, les noms latins des mois, Yennayer (ou
Yennar , ennaïr etc.) correspond au mois d’Ianiarius (janvier), Yebrir à
Aprilis (avril), ctember à september (septembre) ou Jamber à December
(décembre) [2].
D’où vient la fête de Yennayer ?
Copyright (C) www.facebook.com/Inumiden . Read more at : http://www.inumiden.com/origines-du-calendrier-amazigh/ .
Copyright (C) www.facebook.com/Inumiden . Read more at : http://www.inumiden.com/origines-du-calendrier-amazigh/ .
Ammar Negadi
Comment est né le calendrier amazigh ?
9 janvier 2016 Histoire
Dans quelques jours, nous allons fêter le jour de l’an amazigh : Yennar
(Yennayer) 2966. Une fête commune à toute l’Afrique du nord, célébrée
chaque année avec la même ferveur, aussi bien dans les régions
berbérophones qu’arabophones.
Les rites qui accompagnent le nouvel an berbère, peuvent être ramenés,
d’après Jean Servier , à quatre idées principales : écarter la famine,
présager de l’année à venir, consacrer le changement de cycle et
accueillir sur terre les forces invisibles.
D’après le même auteur, les berbères avaient leur propre calendrier : «
il rythme la vie de la terre par les variations de la végétation. Le
temps entre deux saisons est compté en révolutions de la lune, un cycle
complet ou une grande saison est la période qui va d’un solstice à
l’autre ». En Kabylie, ces périodes sont appelées « Tibburin ussegwass »
: les portes de l’année [1].
Ce calendrier primitif, rythmait la vie agraire chez les berbères et
débutait avec les labours. Dans le pays chaoui, l’automne est appelée «
Tamanzuth » : la Première [saison].
Ce calendrier sera abandonné peu à peu au profit du calendrier julien,
qui offrait un cadre plus commode dans lequel s’inscrivaient les grandes
étapes du cycle annuel de la végétation. Ce calendrier a conservé,
déformé par les parlers locaux, les noms latins des mois, Yennayer (ou
Yennar , ennaïr etc.) correspond au mois d’Ianiarius (janvier), Yebrir à
Aprilis (avril), ctember à september (septembre) ou Jamber à December
(décembre) [2].
D’où vient la fête de Yennayer ?
Yannayer et le «Ianiarius» romain, mois dédié au dieu Janus, divinité
des seuils, il symbolise le renouveau. Cette fête du Nouvel An romain
est également appelée “calendes de Janvier“.
Calendrier de Thysdrus , mois de janvier .
Calendrier de Thysdrus , mois de janvier .
Il existe plusieurs sources anciennes qui attestent que les “calendes de
Janvier” étaient célébrées jadis en Afrique du nord. Le premier qui
évoque le sujet fut Tertullien (env. 150 – env. 230). Ce rigoureux Père
de l’Église, de souche berbère, s’indigna contre les réjouissances qui
eurent lieu chaque année à Carthage pour célébrer les calendes de
Janvier, la plupart des Chrétiens écrit-il, “se sont persuadé qu’il
était pardonnable d’agir comme les païens (…) Était-ce en célébrant les
saturnales et les kalendes de janvier qu’il [l’Apôtre] plaisait aux
hommes? (…) [Il] est interdit de suivre les superstitions païennes…“. Un
siècle et demi plus tard c’est Saint Augustin d’Hippone (354-430) qui
fustigera le Ianiarius dans son célèbre “De Civitate Dei contra paganos”
(La Cité de Dieu contre les païens).
Enfin, une fresque murale retrouvée sur le site de l’antique Thysdrus
(El Jem, Tunisie) et datée entre 222 et 235, représente, dans la salle
6, les quatre saisons et les mois. La figure symbolisant Ianiarius
représente deux hommes se donnant l’accolade, embrassades pratiquées à
l’occasion du Nouvel An .A l’arrière-plan on distingue « des branches,
une galette, le reste étant des fruits, peut-être une figue, une poire,
une pomme » [2]. La consommation de fruits, frais si possible, constitue
une marque des repas du Nouvel An latin. Ce qui prouve, que les
calendes de Janvier étaient pratiquées en Afrique du nord à cette
époque, comme dans tout le pourtour méditerranéen.
L’adoption des paysans berbères du calendrier julien
La première trace formelle de la transmission du calendrier julien latin
chez les lettrés arabophones musulmans se rencontre dans le célèbre
Calendrier de Cordoue [3]. Cet ouvrage est composé en 961 par Recemundo,
évêque chrétien d’Elvira également connu sous le nom arabe de Rabî ibn
Zayd, conseiller et diplomate à la cour des califes de Cordoue. Ce
calendrier composé en arabe (traduit en latin au XIIème siècle) reprend
la division romaine du temps (calendrier julien), à laquelle vient
s’ajouter un traité arabe de météorologie populaire. Le Calendrier de
Cordoue indique pour chaque mois les différentes fêtes chrétiennes, les
grands aspects météorologiques du mois, les principaux événements
agricoles qui le rythment ainsi que l’alignement des constellations
astrales.
Cet ouvrage va avoir une grande influence sur les savants musulmans
d’Andalousie. En effet, ces derniers reconnaissent que le calendrier
solaire julien permet de suivre les saisons (déterminées par le
mouvement de la Terre autour du soleil) contrairement au calendrier
lunaire musulman. Abû Zakariyâ ibn al-Awwâm avec son célèbre traité
d’agriculture “Kitâb al Filaha” rédigé en 1175, va reprendre la plupart
des descriptions du calendrier de Cordoue. Le traité se base sur le
calendrier julien pour décrire le déroulé de l’ensemble des activités
agricoles de l’année, le faisant correspondre en permanence avec les
calendriers syrien, persan et hébreu. C’est de cet ouvrage
encyclopédique andalou que sont entrés dans le vocabulaire nord-africain
des termes tels que lyali ou smayem (mots syriaques qu’on aurait tort
de considérer comme arabe) [4].
A partir du XIIIème siècle des lettrés berbères a travers des traités
d’astronomie vont introduire le calendrier julien en Afrique du nord.
Abu Miqra al Battawi, originaire du Rif (Maroc actuel), est l’auteur
d’un ouvrage sur l’astronomie contenant notamment un poème didactique
sur le calendrier. Al Akhdari (1512-1585), un chaoui natif de Biskra,
rédige un traité entièrement consacré aux calendriers, là encore sous
forme de poème didactique. Cet ouvrage servira de référence à tous les
savants nord-africains. [5]
Au XVII siècle, un autre scientifique berbère, en la personne d’Assusi(
mort en 1679) compose un traité Nazm al Mumti fi Sharh al-Muqni qui
permet notamment de “déterminer quel jour tombe le 1er janvier d’une
année quelconque” [6].
Le calendrier julien (comme la fête de Yennayer qui l’accompagne) a été
largement diffusé en Afrique du nord grâce à ses ouvrages d’astronomie
populaire et d’astrologie, puis par les Tolba au sein des masses
rurales. Ces traditions astronomiques savantes vont être simplifiées et
conservées par la mémoire populaire , sous forme de dictons et
d’aphorismes. [7]
D’où vient le chiffre 2966 ?
Si le calendrier amazigh paraît plus ancien que le calendrier grégorien,
sa création n’en est pas moins récente. Elle remonte à l’année 1980 et
on la doit au grand militant chaoui Ammar Negadi.
La création d’une « ère berbère » était un désire qui a toujours caressé
l’esprit des premiers militants berbéristes nord africains. Une telle
innovation constituerait un acte d’affirmation d’une Nation amazighe,
dont l’Histoire est niée par les gouvernements postcoloniaux nord
africains.
À l’image de l’ère chrétienne qui commence à partir de la naissance du
Christ, et le calendrier musulman (de l’hégire) qui a pour point de
départ l’exil du prophète de la Mecque vers l’oasis de Médine, il
fallait au concepteur du calendrier amazigh trouver un évènement
marquant dans l’histoire du peuple amazigh, un fait historique
incontestable pour en faire le point zéro du calendrier. Le choix de
Ammar Negadi s’est porté tout naturellement sur l’an 950 avant
Jésus-Christ.
Le premier calendrier berbère crée par Ammar Negadi
Le premier calendrier berbère crée par Ammar Negadi
Cette date correspond à la l’installation du roi berbère Chachnaq 1er
(orthographié également Chichnaq, Chichneq, Sheshonq …) sur le trône de
l’Egypte et la fondation de la XXIIème dynastie qui régna sur l’Égypte
jusqu’à l’an 715 av. J-C.
Ce roi berbère avait réussit à unifier l’Egypte pour ensuite envahir la
Palestine. On dit de lui qu’il s’empara des trésors du temple de Salomon
à Jérusalem. Cette date est mentionnée dans la Bible et constitue
par-là-même, la première date de l’histoire berbère sur un support
écrit.
Après avoir trouvé la date/repère de l’ère berbère, Ammar Negadi
s’attaqua à la conception du calendrier qu’il publiera en 1980 par son
association Tediut n Aghrif Amazigh (Union du Peuple Amazigh –UPA-). Il
dira à ce propos : « Le calendrier, très simple et très modeste, à la
mesure de nos moyens à ce moment-là, se présentait de la façon suivante :
il était à la fois manuscrit et dactylographié, au format 30 x 42 cm,
en son centre, sur les ¾ du haut il représentait un Tergui prêt à
dégainer son glaive, l’écriture et le dessin étaient en bleu indigo»
[8].
Jugurtha Hanachi
Note :
[1] Jugurtha Hanachi , Aux origine de la célébration de Yennayer , Le
matin Dz .
[2] FOUCHER Louis. “Le calendrier de Thysdrus”, Antiquités africaines,
p. 72 .
[3] Annotations PELLAT Charles, Le Calendrier de Cordoue, Leiden, Brill,
1961.
[4] Yidir Plantade , « Yennayer en Afrique du nord : histoire d’un mot
», Tamazgha.fr.
[5] Ibid.
[6] “Rapport du commandant Ganen”, Paris, Revue du monde musulman, 1909,
p. 516.
[7] « Les Portes de l’année : Rites et symboles, l’Algérie dans la
tradition méditerranéenne », Jean Servier (1962).
[8] “S H E S H N A Q et le calendrier Amazigh” Ammar Negadi,
aureschaouia.free.fr.
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Comment est né le
calendrier amazigh ?
9 janvier 2016 Histoire
Dans quelques jours, nous allons fêter le jour de l’an amazigh : Yennar
(Yennayer) 2966. Une fête commune à toute l’Afrique du nord, célébrée
chaque année avec la même ferveur, aussi bien dans les régions
berbérophones qu’arabophones.
Les rites qui accompagnent le nouvel an berbère, peuvent être ramenés,
d’après Jean Servier , à quatre idées principales : écarter la famine,
présager de l’année à venir, consacrer le changement de cycle et
accueillir sur terre les forces invisibles.
D’après le même auteur, les berbères avaient leur propre calendrier : «
il rythme la vie de la terre par les variations de la végétation. Le
temps entre deux saisons est compté en révolutions de la lune, un cycle
complet ou une grande saison est la période qui va d’un solstice à
l’autre ». En Kabylie, ces périodes sont appelées « Tibburin ussegwass »
: les portes de l’année [1].
Ce calendrier primitif, rythmait la vie agraire chez les berbères et
débutait avec les labours. Dans le pays chaoui, l’automne est appelée «
Tamanzuth » : la Première [saison].
Ce calendrier sera abandonné peu à peu au profit du calendrier julien,
qui offrait un cadre plus commode dans lequel s’inscrivaient les grandes
étapes du cycle annuel de la végétation. Ce calendrier a conservé,
déformé par les parlers locaux, les noms latins des mois, Yennayer (ou
Yennar , ennaïr etc.) correspond au mois d’Ianiarius (janvier), Yebrir à
Aprilis (avril), ctember à september (septembre) ou Jamber à December
(décembre) [2].
D’où vient la fête de Yennayer ?
Yannayer et le «Ianiarius» romain, mois dédié au dieu Janus, divinité
des seuils, il symbolise le renouveau. Cette fête du Nouvel An romain
est également appelée “calendes de Janvier“.
Calendrier de Thysdrus , mois de janvier .
Calendrier de Thysdrus , mois de janvier .
Il existe plusieurs sources anciennes qui attestent que les “calendes de
Janvier” étaient célébrées jadis en Afrique du nord. Le premier qui
évoque le sujet fut Tertullien (env. 150 – env. 230). Ce rigoureux Père
de l’Église, de souche berbère, s’indigna contre les réjouissances qui
eurent lieu chaque année à Carthage pour célébrer les calendes de
Janvier, la plupart des Chrétiens écrit-il, “se sont persuadé qu’il
était pardonnable d’agir comme les païens (…) Était-ce en célébrant les
saturnales et les kalendes de janvier qu’il [l’Apôtre] plaisait aux
hommes? (…) [Il] est interdit de suivre les superstitions païennes…“. Un
siècle et demi plus tard c’est Saint Augustin d’Hippone (354-430) qui
fustigera le Ianiarius dans son célèbre “De Civitate Dei contra paganos”
(La Cité de Dieu contre les païens).
Enfin, une fresque murale retrouvée sur le site de l’antique Thysdrus
(El Jem, Tunisie) et datée entre 222 et 235, représente, dans la salle
6, les quatre saisons et les mois. La figure symbolisant Ianiarius
représente deux hommes se donnant l’accolade, embrassades pratiquées à
l’occasion du Nouvel An .A l’arrière-plan on distingue « des branches,
une galette, le reste étant des fruits, peut-être une figue, une poire,
une pomme » [2]. La consommation de fruits, frais si possible, constitue
une marque des repas du Nouvel An latin. Ce qui prouve, que les
calendes de Janvier étaient pratiquées en Afrique du nord à cette
époque, comme dans tout le pourtour méditerranéen.
L’adoption des paysans berbères du calendrier julien
La première trace formelle de la transmission du calendrier julien latin
chez les lettrés arabophones musulmans se rencontre dans le célèbre
Calendrier de Cordoue [3]. Cet ouvrage est composé en 961 par Recemundo,
évêque chrétien d’Elvira également connu sous le nom arabe de Rabî ibn
Zayd, conseiller et diplomate à la cour des califes de Cordoue. Ce
calendrier composé en arabe (traduit en latin au XIIème siècle) reprend
la division romaine du temps (calendrier julien), à laquelle vient
s’ajouter un traité arabe de météorologie populaire. Le Calendrier de
Cordoue indique pour chaque mois les différentes fêtes chrétiennes, les
grands aspects météorologiques du mois, les principaux événements
agricoles qui le rythment ainsi que l’alignement des constellations
astrales.
Cet ouvrage va avoir une grande influence sur les savants musulmans
d’Andalousie. En effet, ces derniers reconnaissent que le calendrier
solaire julien permet de suivre les saisons (déterminées par le
mouvement de la Terre autour du soleil) contrairement au calendrier
lunaire musulman. Abû Zakariyâ ibn al-Awwâm avec son célèbre traité
d’agriculture “Kitâb al Filaha” rédigé en 1175, va reprendre la plupart
des descriptions du calendrier de Cordoue. Le traité se base sur le
calendrier julien pour décrire le déroulé de l’ensemble des activités
agricoles de l’année, le faisant correspondre en permanence avec les
calendriers syrien, persan et hébreu. C’est de cet ouvrage
encyclopédique andalou que sont entrés dans le vocabulaire nord-africain
des termes tels que lyali ou smayem (mots syriaques qu’on aurait tort
de considérer comme arabe) [4].
A partir du XIIIème siècle des lettrés berbères a travers des traités
d’astronomie vont introduire le calendrier julien en Afrique du nord.
Abu Miqra al Battawi, originaire du Rif (Maroc actuel), est l’auteur
d’un ouvrage sur l’astronomie contenant notamment un poème didactique
sur le calendrier. Al Akhdari (1512-1585), un chaoui natif de Biskra,
rédige un traité entièrement consacré aux calendriers, là encore sous
forme de poème didactique. Cet ouvrage servira de référence à tous les
savants nord-africains. [5]
Au XVII siècle, un autre scientifique berbère, en la personne d’Assusi(
mort en 1679) compose un traité Nazm al Mumti fi Sharh al-Muqni qui
permet notamment de “déterminer quel jour tombe le 1er janvier d’une
année quelconque” [6].
Le calendrier julien (comme la fête de Yennayer qui l’accompagne) a été
largement diffusé en Afrique du nord grâce à ses ouvrages d’astronomie
populaire et d’astrologie, puis par les Tolba au sein des masses
rurales. Ces traditions astronomiques savantes vont être simplifiées et
conservées par la mémoire populaire , sous forme de dictons et
d’aphorismes. [7]
D’où vient le chiffre 2966 ?
Si le calendrier amazigh paraît plus ancien que le calendrier grégorien,
sa création n’en est pas moins récente. Elle remonte à l’année 1980 et
on la doit au grand militant chaoui Ammar Negadi.
La création d’une « ère berbère » était un désire qui a toujours caressé
l’esprit des premiers militants berbéristes nord africains. Une telle
innovation constituerait un acte d’affirmation d’une Nation amazighe,
dont l’Histoire est niée par les gouvernements postcoloniaux nord
africains.
À l’image de l’ère chrétienne qui commence à partir de la naissance du
Christ, et le calendrier musulman (de l’hégire) qui a pour point de
départ l’exil du prophète de la Mecque vers l’oasis de Médine, il
fallait au concepteur du calendrier amazigh trouver un évènement
marquant dans l’histoire du peuple amazigh, un fait historique
incontestable pour en faire le point zéro du calendrier. Le choix de
Ammar Negadi s’est porté tout naturellement sur l’an 950 avant
Jésus-Christ.
Le premier calendrier berbère crée par Ammar Negadi
Le premier calendrier berbère crée par Ammar Negadi
Cette date correspond à la l’installation du roi berbère Chachnaq 1er
(orthographié également Chichnaq, Chichneq, Sheshonq …) sur le trône de
l’Egypte et la fondation de la XXIIème dynastie qui régna sur l’Égypte
jusqu’à l’an 715 av. J-C.
Ce roi berbère avait réussit à unifier l’Egypte pour ensuite envahir la
Palestine. On dit de lui qu’il s’empara des trésors du temple de Salomon
à Jérusalem. Cette date est mentionnée dans la Bible et constitue
par-là-même, la première date de l’histoire berbère sur un support
écrit.
Après avoir trouvé la date/repère de l’ère berbère, Ammar Negadi
s’attaqua à la conception du calendrier qu’il publiera en 1980 par son
association Tediut n Aghrif Amazigh (Union du Peuple Amazigh –UPA-). Il
dira à ce propos : « Le calendrier, très simple et très modeste, à la
mesure de nos moyens à ce moment-là, se présentait de la façon suivante :
il était à la fois manuscrit et dactylographié, au format 30 x 42 cm,
en son centre, sur les ¾ du haut il représentait un Tergui prêt à
dégainer son glaive, l’écriture et le dessin étaient en bleu indigo»
[8].
Jugurtha Hanachi
Note :
[1] Jugurtha Hanachi , Aux origine de la célébration de Yennayer , Le
matin Dz .
[2] FOUCHER Louis. “Le calendrier de Thysdrus”, Antiquités africaines,
p. 72 .
[3] Annotations PELLAT Charles, Le Calendrier de Cordoue, Leiden, Brill,
1961.
[4] Yidir Plantade , « Yennayer en Afrique du nord : histoire d’un mot
», Tamazgha.fr.
[5] Ibid.
[6] “Rapport du commandant Ganen”, Paris, Revue du monde musulman, 1909,
p. 516.
[7] « Les Portes de l’année : Rites et symboles, l’Algérie dans la
tradition méditerranéenne », Jean Servier (1962).
[8] “S H E S H N A Q et le calendrier Amazigh” Ammar Negadi,
aureschaouia.free.fr
Copyright (C) www.facebook.com/Inumiden . Read more at : http://www.inumiden.com/origines-du-calendrier-amazigh/ .
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Comment est né le
calendrier amazigh ?
9 janvier 2016 Histoire
Dans quelques jours, nous allons fêter le jour de l’an amazigh : Yennar
(Yennayer) 2966. Une fête commune à toute l’Afrique du nord, célébrée
chaque année avec la même ferveur, aussi bien dans les régions
berbérophones qu’arabophones.
Les rites qui accompagnent le nouvel an berbère, peuvent être ramenés,
d’après Jean Servier , à quatre idées principales : écarter la famine,
présager de l’année à venir, consacrer le changement de cycle et
accueillir sur terre les forces invisibles.
D’après le même auteur, les berbères avaient leur propre calendrier : «
il rythme la vie de la terre par les variations de la végétation. Le
temps entre deux saisons est compté en révolutions de la lune, un cycle
complet ou une grande saison est la période qui va d’un solstice à
l’autre ». En Kabylie, ces périodes sont appelées « Tibburin ussegwass »
: les portes de l’année [1].
Ce calendrier primitif, rythmait la vie agraire chez les berbères et
débutait avec les labours. Dans le pays chaoui, l’automne est appelée «
Tamanzuth » : la Première [saison].
Ce calendrier sera abandonné peu à peu au profit du calendrier julien,
qui offrait un cadre plus commode dans lequel s’inscrivaient les grandes
étapes du cycle annuel de la végétation. Ce calendrier a conservé,
déformé par les parlers locaux, les noms latins des mois, Yennayer (ou
Yennar , ennaïr etc.) correspond au mois d’Ianiarius (janvier), Yebrir à
Aprilis (avril), ctember à september (septembre) ou Jamber à December
(décembre) [2].
D’où vient la fête de Yennayer ?
Yannayer et le «Ianiarius» romain, mois dédié au dieu Janus, divinité
des seuils, il symbolise le renouveau. Cette fête du Nouvel An romain
est également appelée “calendes de Janvier“.
Calendrier de Thysdrus , mois de janvier .
Calendrier de Thysdrus , mois de janvier .
Il existe plusieurs sources anciennes qui attestent que les “calendes de
Janvier” étaient célébrées jadis en Afrique du nord. Le premier qui
évoque le sujet fut Tertullien (env. 150 – env. 230). Ce rigoureux Père
de l’Église, de souche berbère, s’indigna contre les réjouissances qui
eurent lieu chaque année à Carthage pour célébrer les calendes de
Janvier, la plupart des Chrétiens écrit-il, “se sont persuadé qu’il
était pardonnable d’agir comme les païens (…) Était-ce en célébrant les
saturnales et les kalendes de janvier qu’il [l’Apôtre] plaisait aux
hommes? (…) [Il] est interdit de suivre les superstitions païennes…“. Un
siècle et demi plus tard c’est Saint Augustin d’Hippone (354-430) qui
fustigera le Ianiarius dans son célèbre “De Civitate Dei contra paganos”
(La Cité de Dieu contre les païens).
Enfin, une fresque murale retrouvée sur le site de l’antique Thysdrus
(El Jem, Tunisie) et datée entre 222 et 235, représente, dans la salle
6, les quatre saisons et les mois. La figure symbolisant Ianiarius
représente deux hommes se donnant l’accolade, embrassades pratiquées à
l’occasion du Nouvel An .A l’arrière-plan on distingue « des branches,
une galette, le reste étant des fruits, peut-être une figue, une poire,
une pomme » [2]. La consommation de fruits, frais si possible, constitue
une marque des repas du Nouvel An latin. Ce qui prouve, que les
calendes de Janvier étaient pratiquées en Afrique du nord à cette
époque, comme dans tout le pourtour méditerranéen.
L’adoption des paysans berbères du calendrier julien
La première trace formelle de la transmission du calendrier julien latin
chez les lettrés arabophones musulmans se rencontre dans le célèbre
Calendrier de Cordoue [3]. Cet ouvrage est composé en 961 par Recemundo,
évêque chrétien d’Elvira également connu sous le nom arabe de Rabî ibn
Zayd, conseiller et diplomate à la cour des califes de Cordoue. Ce
calendrier composé en arabe (traduit en latin au XIIème siècle) reprend
la division romaine du temps (calendrier julien), à laquelle vient
s’ajouter un traité arabe de météorologie populaire. Le Calendrier de
Cordoue indique pour chaque mois les différentes fêtes chrétiennes, les
grands aspects météorologiques du mois, les principaux événements
agricoles qui le rythment ainsi que l’alignement des constellations
astrales.
Cet ouvrage va avoir une grande influence sur les savants musulmans
d’Andalousie. En effet, ces derniers reconnaissent que le calendrier
solaire julien permet de suivre les saisons (déterminées par le
mouvement de la Terre autour du soleil) contrairement au calendrier
lunaire musulman. Abû Zakariyâ ibn al-Awwâm avec son célèbre traité
d’agriculture “Kitâb al Filaha” rédigé en 1175, va reprendre la plupart
des descriptions du calendrier de Cordoue. Le traité se base sur le
calendrier julien pour décrire le déroulé de l’ensemble des activités
agricoles de l’année, le faisant correspondre en permanence avec les
calendriers syrien, persan et hébreu. C’est de cet ouvrage
encyclopédique andalou que sont entrés dans le vocabulaire nord-africain
des termes tels que lyali ou smayem (mots syriaques qu’on aurait tort
de considérer comme arabe) [4].
A partir du XIIIème siècle des lettrés berbères a travers des traités
d’astronomie vont introduire le calendrier julien en Afrique du nord.
Abu Miqra al Battawi, originaire du Rif (Maroc actuel), est l’auteur
d’un ouvrage sur l’astronomie contenant notamment un poème didactique
sur le calendrier. Al Akhdari (1512-1585), un chaoui natif de Biskra,
rédige un traité entièrement consacré aux calendriers, là encore sous
forme de poème didactique. Cet ouvrage servira de référence à tous les
savants nord-africains. [5]
Au XVII siècle, un autre scientifique berbère, en la personne d’Assusi(
mort en 1679) compose un traité Nazm al Mumti fi Sharh al-Muqni qui
permet notamment de “déterminer quel jour tombe le 1er janvier d’une
année quelconque” [6].
Le calendrier julien (comme la fête de Yennayer qui l’accompagne) a été
largement diffusé en Afrique du nord grâce à ses ouvrages d’astronomie
populaire et d’astrologie, puis par les Tolba au sein des masses
rurales. Ces traditions astronomiques savantes vont être simplifiées et
conservées par la mémoire populaire , sous forme de dictons et
d’aphorismes. [7]
D’où vient le chiffre 2966 ?
Si le calendrier amazigh paraît plus ancien que le calendrier grégorien,
sa création n’en est pas moins récente. Elle remonte à l’année 1980 et
on la doit au grand militant chaoui Ammar Negadi.
La création d’une « ère berbère » était un désire qui a toujours caressé
l’esprit des premiers militants berbéristes nord africains. Une telle
innovation constituerait un acte d’affirmation d’une Nation amazighe,
dont l’Histoire est niée par les gouvernements postcoloniaux nord
africains.
À l’image de l’ère chrétienne qui commence à partir de la naissance du
Christ, et le calendrier musulman (de l’hégire) qui a pour point de
départ l’exil du prophète de la Mecque vers l’oasis de Médine, il
fallait au concepteur du calendrier amazigh trouver un évènement
marquant dans l’histoire du peuple amazigh, un fait historique
incontestable pour en faire le point zéro du calendrier. Le choix de
Ammar Negadi s’est porté tout naturellement sur l’an 950 avant
Jésus-Christ.
Le premier calendrier berbère crée par Ammar Negadi
Le premier calendrier berbère crée par Ammar Negadi
Cette date correspond à la l’installation du roi berbère Chachnaq 1er
(orthographié également Chichnaq, Chichneq, Sheshonq …) sur le trône de
l’Egypte et la fondation de la XXIIème dynastie qui régna sur l’Égypte
jusqu’à l’an 715 av. J-C.
Ce roi berbère avait réussit à unifier l’Egypte pour ensuite envahir la
Palestine. On dit de lui qu’il s’empara des trésors du temple de Salomon
à Jérusalem. Cette date est mentionnée dans la Bible et constitue
par-là-même, la première date de l’histoire berbère sur un support
écrit.
Après avoir trouvé la date/repère de l’ère berbère, Ammar Negadi
s’attaqua à la conception du calendrier qu’il publiera en 1980 par son
association Tediut n Aghrif Amazigh (Union du Peuple Amazigh –UPA-). Il
dira à ce propos : « Le calendrier, très simple et très modeste, à la
mesure de nos moyens à ce moment-là, se présentait de la façon suivante :
il était à la fois manuscrit et dactylographié, au format 30 x 42 cm,
en son centre, sur les ¾ du haut il représentait un Tergui prêt à
dégainer son glaive, l’écriture et le dessin étaient en bleu indigo»
[8].
Jugurtha Hanachi
Note :
[1] Jugurtha Hanachi , Aux origine de la célébration de Yennayer , Le
matin Dz .
[2] FOUCHER Louis. “Le calendrier de Thysdrus”, Antiquités africaines,
p. 72 .
[3] Annotations PELLAT Charles, Le Calendrier de Cordoue, Leiden, Brill,
1961.
[4] Yidir Plantade , « Yennayer en Afrique du nord : histoire d’un mot
», Tamazgha.fr.
[5] Ibid.
[6] “Rapport du commandant Ganen”, Paris, Revue du monde musulman, 1909,
p. 516.
[7] « Les Portes de l’année : Rites et symboles, l’Algérie dans la
tradition méditerranéenne », Jean Servier (1962).
[8] “S H E S H N A Q et le calendrier Amazigh” Ammar Negadi,
aureschaouia.free.fr.
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هناك تعليقان (2):
نـــَـاس بَكــــري قــَـــــــــالُـــــــوا :🤔
كايـــن النيــــة و كايـــن الذيــــب .
كايـــن الخايـــن و كايـــن لحبيــب .
كايــن الساهــل و كايــن الصعيــب .
و كيــف ماكــان الحـــال ، ربـــي هـو اللـــي قريـــب 😌
لمحبــة عنـــدهآ نآســـهآ 🤔
ونـــآس لمحبــة كبــــآر
وكـل حآجـة عندهـــآ سـآســـهآ
لـي تبــنـي بيــهـــآ الـــــدآر
النــيـــة تــشرب كآســـهآ
وكـــآس لغــدرة نـــآر ~
~ ~ ~
ديــــر لخيـــــر ولوحـــــو
في بحـــر جـآري ...
إذآ ضـآع عنـد العبــد ... مآيضيـعـــش عنـــــد البــــــآري ~😌
#صورة_و_تاريخ :
هذه الصورة ملتقطة سنة 1969 من ساحة " لابـــراش " . و نلاحظ في الصورة ثانوية الحرية في الكدية ، و من تحتها مبنى " الكازينو " الذي تم تهديمه سنة 1980. كما نلاحظ في يسار الصورة الساحة لمقابلة للمسرح الجهوي و قد زينت بالأزهار و النباتات في شكل جميل و جذاب
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